Gérez votre site photo :
Photo : G. Gautier
S'abonner à ce flux (Prochains vernissages)
You need to upgrade your Flash Player


You need to upgrade your Flash Player




Votre publicité ici

Statistiques du site



Trouver un photographe professionnel :
You need to upgrade your Flash Player

A propos de cet espace

You need to upgrade your Flash Player

Acheter cet ouvrage :

Voir aussi : notre boutique

25/09/07 - Communiqué  - 1326 visites  -  Impression (PDF) 

Yann-Arthus-Bertrand

Yann-Arthus-Bertrand - 100 nouvelles photos pour la liberté de la presse

100 nouvelles photos pour la liberté de la presse

Reporters sans frontières se bat depuis plus de vingt ans pour que la liberté de la presse et le droit d’informer soient respectés à travers le monde. 127 journalistes sont actuellement emprisonnés pour avoir voulu faire leur métier et 83 professionnels des médias ont été tués depuis le début de l’année 2007. Des chiffres alarmants. Pour soutenir les journalistes et les familles et dénoncer sans relâche ceux qui censurent la presse, Reporters sans frontières a besoin d’argent. L’association publie 3 fois par an des albums de photographies qui constituent aujourd’hui sa principale source de financement et garantissent son indépendance. Yann Arthus-Bertrand montre une nouvelle fois son attachement au combat de Reporters sans frontières en offrant à l’association 100 nouvelles photos de la Terre vue du ciel. L’occasion de redire l’urgence d’une prise de conscience partagée face aux êtres et aux choses.

Y a-t-il une ligne de démarcation entre votre travail photographique et votre engagement personnel ? J’ai une vie globale, pour reprendre un terme à la mode. Tout mon travail s’appuie sur mon désir de rassembler les individus. Je fais le constat, somme toute très simple, du poids de l’homme sur la terre et de ses responsabilités. On ne peut pas parler de développement durable et de sauvegarde de l’espèce si l’on n’est pas fichu de vivre ensemble. Vivre ensemble, harmonieusement, fait partie du système de développement durable, parce qu’on ne peut pas trouver des solutions aux problèmes environnementaux si l’on ne tente pas de résoudre, en parallèle, les problèmes sociaux. Alors, la photo là-dedans ? C’est un vecteur, parmi d’autres. J’ai, par exemple, choisi le support vidéo pour « 6 Milliards d’Autres » un projet qui me tient particulièrement à cœur et dont tous les détails sont sur notre site : http://www.6milliardsdautres.org.

 

Oiseaux survolant la lagune près de San Blas, Etat de Nayarit, Mexique (21°60' N – 105°30'0).
Oiseaux survolant la lagune près de San Blas, Etat de Nayarit, Mexique (21°60’ N – 105°30’0).
© Yann Arthus-Bertrand

Ce dont vous témoignez, est-ce de la beauté de la nature et de ceux qui l’habitent, ou des beautés de la Terre destinées, à plus ou moins long terme, à disparaître ? Je ne pense jamais comme ça. D’abord et avant tout, je prends plaisir à photographier ce qui est beau. Beauté… Aujourd’hui c’est un mot peu employé, sans doute considéré comme un peu trop « simple » par certains milieux artistiques. Soit ! Mais ce n’est pas du tout un mot dont j’ai honte. Je pense même qu’il n’y a pas d’autre mot pour dire mon émerveillement devant quelque chose qui me touche. Réaliser la beauté d’un instant et le vivre en le ressentant comme un privilège de la vie, c’est ça qui est beau ! Face à un glacier, au cœur d’un orage… que voulez-vous dire ? C’est beau ! Et c’est beau que je sois là, pour vivre cet instant et pouvoir le faire partager. C’est une alchimie inexplicable entre moi et le lieu. Tout se mélange, bien évidemment, mais je fais ce métier d’abord pour le plaisir de cadrer et de faire des images intéressantes. Des images belles. On ne le dit jamais, mais c’est jouissif de faire une photo !

 

Ne craignez-vous pas que cette beauté brouille un peu le message ? Ça, c’est un reproche que l’on m’a souvent fait. « Regardez, vous voyez bien qu’il ne parle pas des problèmes de la terre, il esthétise tout, il embellit tout… » Bref, des photos réduites à de très belles cartes postales. J’ai deux réponses… entre autres. D’abord, comme tout le monde, je suis très heureux d’envoyer de jolies cartes postales aux gens que j’aime. J’ai cette démarche avec mes livres et mes expositions. Ensuite, les gens oublient mes images de catastrophes et de pollution, pourtant elles sont nombreuses. Tchernobyl, le tremblement de terre en Turquie, Katrina à La Nouvelle-Orléans, les criquets à Madagascar, les chars irakiens rouillés au Koweït, les dépôts d’ordures et j’en passe.

...Il y a sur la planète six milliards d’hommes, donc six milliards d’intelligences susceptibles de comprendre que le plus petit effort personnel conjugué par six milliards peut logiquement aider à arranger bien des choses. Encore une utopie ? Savez-vous, par exemple, ce que vous provoquez comme émission de gaz à effet de serre avec un simple vol Paris-New York ? Le fameux C02, le dioxyde de carbone… 2 569 kilos ! Le chiffre ne vous dit rien ? C’est une fois et demie ce que la Terre peut supporter, de votre seule part, dans une année, sans risque d’aggraver encore l’accroissement des gaz à effet de serre ! Ajoutez à cela votre consommation d’essence, le chauffage de votre maison, l’énergie dépensée par d’autres dans la fabrication de vos vêtements et de votre nourriture…et vous voyez quelle est votre responsabilité personnelle dans le problème des émissions de gaz à effet de serre qui influent directement sur les variations climatiques. Ça donne le tournis, non ? Si vous voulez d’autres chiffres, passez sur notre site « Action Carbone » : http://www.actioncarbone.org

 

Avec Action Carbone, que faites-vous ? Je compense les émissions de gaz à effet de serre qu’engendrent mes activités personnelles et photographiques en finançant, au travers des programmes de notre association GoodPlanet.org, des projets d’énergies renouvelables. Ce sont des réalisations concrètes, soutenues par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Ainsi au Cambodge, nous avons travaillé avec une ONG pour mettre en place des dizaines de milliers de fours en terre cuite qui permettent d’économiser 25 % du bois destiné à la cuisson des aliments. On évite l’émission de quelque 120 000 tonnes de CO2 par an. Des projets éducatifs sont également en place, soutenus financièrement par quelques grands groupes industriels qui ont compris qu’ils pouvaient aussi être initiateurs de solutions. Mais, avant de compenser, il faut d’abord réduire, donc changer nos comportements.

 

Marché près du quartier de Xochimilco, Mexico, Mexique (19°20' N – 99°05' 0).
Marché près du quartier de Xochimilco, Mexico, Mexique (19°20’ N – 99°05’ 0).
© Yann Arthus-Bertrand

Quel constat faites-vous sur l’état de notre planète ? Je suis un d’optimiste de nature, mais pessimiste de raison, parce que nous sommes dans une spirale descendante qui va de plus en plus vite. Mais si je suis militant écologique, je ne suis pas terroriste. Quand je photographie la déforestation de la jungle amazonienne, je suis bien sûr révolté, mais force est de constater que cet espace pris sur la jungle sert à cultiver le soja dont l’élevage français est complètement dépendant et donc responsable. Le paradoxe, c’est qu’à l’exception de catastrophes spectaculaires, qu’elles soient naturelles ou provoquées par l’homme, les dégâts ne se voient pas à l’œil nu ! L’air est pollué, mais on continue à respirer. La mer est polluée, on la vide de ses poissons, mais on continue à se baigner. Les rivières sont polluées, l’eau douce se raréfie, mais on la remplace par des bouteilles d’eau minérale. On est devant quelque chose d’annoncé, mais dont on ne constate pas de façon concrète les effets sur nos vies quotidiennes. Alors on avance. Les yeux fermés quelquefois, mais on avance. Cela devient décourageant, quand il n’y a pas de véritable prise de position politique. Sans doute parce que les enjeux financiers et économiques sont plus forts que les enjeux vitaux de la planète.

 

Extraits de l’interview de Yann-Arthus-Bertrand par Guy-Pierre Bennet


Informations pratiques, notation et achat :

100 nouvelles photos de Yann Arthus-Bertrand pour la liberté de la presse
Photographies de Yann-Arthus-Bertrand
Prix : 9,90 euros
Nombre de pages : 144
Dimensions (en cm) : 21x29,7
Format : broché
Note intérêt du sujet : 5/5
Note photos : 5/5
Note textes : 5/5
 


En savoir plus sur :



Participer :


  Donnez votre avis sur cet ouvrage (forum)
  Devenez chroniqueur (rub. livres)
Enregistrer au format PDF  Enregistrez / imprimez cet article (PDF)

      Choisir un photographeRetour en haut ^   
 
You need to upgrade your Flash Player


Chercher un photographe professionnel :
You need to upgrade your Flash Player

A propos de cet espace