Par Didier Gualeni (usage interdit)
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Alberto Giacometti - Henri Cartier-Bresson une communauté de regards
Henri Cartier-Bresson est principalement connu comme photographe. Il a abandonné cette pratique à partir de 1975 et pendant les 30 dernières années de sa vie, il s’est consacré au dessin. Aussi il n’est pas étonnant que la fondation qui représente son oeuvre expose des dessins. A travers l’exposition « Alberto Giacometti - Henri Cartier-Bresson une communauté de regards », réalisée en collaboration avec le Kunsthaus Zürich, on découvre une petite partie de ce travail mis en parallèle avec celui du sculpteur Giacometti.
Il ne s’agit pas de comparer l’œuvre de l’un par rapport à l’autre mais de découvrir une sorte de complicité dans ce qu’ils regardent, de mieux appréhender l’amitié des deux hommes.
La précédente manifestation de la fondation Henri Cartier-Bresson avait réussi la prouesse de reconstituer une exposition qui s’était tenue à la galerie Julien Levy de New York en 1935 et qui réunissait les photos de Manuel Âlvarez Bravo, Henri Cartier-Bresson et Walker Evans. Difficile après cet exploit de surprendre le visiteur qui en demande toujours plus. L’objectif de la nouvelle exposition qui est de faire ressortir les similitudes de rythme et de forme de l’œuvre de ces deux artistes n’est pas toujours atteint et cela en grande partie à cause de la scénographie. Le visiteur qui s’attend à voir des photographies du maître sera déçu car celles-ci ne sont pas présentes en grand nombre (à peine trente), alors que l’on verra proportionnellement beaucoup de dessins. L’exposition s’articule autour de cinq thématiques où sont présentées des dessins des sculptures et des photos, alors qu’en pénétrant dans la salle du premier étage, on est surpris par l’entassement de quelques sculptures de Giacometti au fond de la salle par un éclairage blafard :
Le surréalisme (années 1930) : le lien entre les deux regards n’est pas si évident au vu de ce qui est présenté. En vitrine un album très rare est exposé : « The First Album ».
L’instant décisif : 11 grands formats noir et blanc (60 x 80) répondent aux sculptures dont un grand homme qui marche, placé en plein milieu de la salle : seule sa tête est éclairée. La relation de l’homme à l’espace est aussi sensible chez les deux artistes.
Paris : regards parallèles sur la ville, dessinée par Cartier-Bresson dans les années 1970, et par Giacometti dans « Paris Sans Fin », édité par Tériade en 1969.
Portraits autoportraits : cette partie est la plus démonstrative car on peut identifier clairement les portraits de Sartre, Genet, Stravinsky, Matisse et Diego Giacometti, soit cinq photos au format 20 x 30 qui répondent aux dessins sur le mur d’en face, pourquoi ne pas avoir installé les dessins et les photos côte à côte ?
Giacometti photographié par Cartier-Bresson : la salle du troisième étage est la seule salle d’exposition à être éclairée par la lumière du jour, l’espace est vaste, haut de plafond et agréable. Y sont présentés douze portraits de Giacometti réalisés par Henri Cartier-Bresson, cette fois ci dans un format minuscule (18 x 24).
Catalogue
Yves Bonnefoy - essayiste et poète français auteur d’un livre sur Giacometti (Giacometti, Flammarion, 1971) et grand ami d’Henri Cartier-Bresson - a accepté d’écrire un texte d’introduction au catalogue de l’exposition. Une édition française, une édition anglaise et une édition allemande du catalogue sont publiées à l’occasion de cette exposition. Editeur : Scalo Nombre de pages : 192 environ Prix : 40 euros








Informations pratiques :
Alberto Giacometti - Henri Cartier-Bresson une communauté de regardsFondation Henri Cartier-Bresson
Du 13 janvier au 26 mars
2, impasse Lebouis
75014 Paris
En savoir plus sur :
- Henri cartier-bresson Photographe
- Fondation Henri Cartier-Bresson Lieu d’expo
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