| Tweet |
Par Loïc Fel
18/09/07 1514 visites Impression (PDF) |
Livre photo art, photographie contemporaine
Amazonia

La source retrouvée
« Amazonia », aux éditions Vilo, présente les écosystèmes des sources de l’Amazone. Sur la base du récit des 7 mois d’immersion de Jorge Camillo Valenzua dans cet espace fabuleux, Valérie Le Du raconte l’expédition du photographe. Accompagné d’un CD des sonorités de cette région sauvage du Pérou, l’ensemble du livre rappelle les ambiances des récits d’aventure et de découverte, sur fond de conscience écologiste. Une exploration de l’Amérique latine sauvage éclairée d’un regard d’esthète respectueux de l’immensité de la nature. Pour un peu et la fraîcheur humide des sous-bois profonds accompagnerait la lecture…
L’inconnu existe encore. C’est probablement le message le plus important de ce livre. C’est un message d’espoir autant qu’une invitation à la responsabilité environnementale. Ce reportage explore une région peu connue, un méandre inextricable de bras d’eau et de fleuves, de forêts profondes et d’un foisonnement de vie unique au monde. Le réseau hydrographique qui fonde cet univers, cet enfer vert, est si complexe que son organisation a longtemps été inconnue. Ce n’est qu’en 2001 qu’on a pu déterminer qu’il s’agit là des sources du fleuve Amazone, dont le seul nom évoque un sanctuaire essentiel à la vie terrestre, un enjeu écologique majeur. Cette région est aussi un des ultimes bastions de l’inconnu, un espace quasi vierge susceptible d’être le théâtre des plus folles épopées pour l’âme d’explorateur qui anime le photographe. C’est aussi un chant d’espoir que ce témoin privilégié nous transmet dans le sens où il est bon d’apprendre que le monde n’est pas totalement sous contrôle, totalement connu, exploré et balisé… Ce n’est pas le doute qui rend fou pensait Nietzsche, mais la certitude. Dans la même logique, garantir la survie d’espaces aussi mystérieux, hors de contrôle, admet l’inconnu dans le monde, le possible, la découverte, l’imaginaire, et donc la création et l’artiste.
Le photographe ne choisit pas une telle exploration par hasard. Ce lieu peut même devenir le garant de la création artistique et la justification du rôle du photographe : aller à la découverte des espaces visuels peu connus et en diffuser les clichés, sans qu’il ne soit nécessaire à une cohorte de touristes d’aller détruire ces espaces de leur piétinement. Bien sûr le privilège de l’explorateur est discutable mais la sensibilisation à l’environnement et à ces lieux a besoin d’être défendue par quelques grands témoins, capables de défendre les valeurs de ces espaces auprès du grand public. Jorge Camillo Valenzua a du déployer tout son savoir-faire pour illustrer la richesse des sources de l’Amazone. La forêt équatoriale offre un spectacle incessant à tous les regards, à tous les focus, du microscope au macroscope, du sol au sommet de la canopée, dans l’obscurité inquiétante des sous-bois au soleil éclatant des latitudes tropicales. Ainsi de la macrophotographie, au portrait en passant par les paysages, les vues du ciel et toutes les expositions lumineuses, le photographe déploie toute la batterie des possibilités techniques de la photographie pour à chaque fois adapter le choix de la réalisation du cliché à son sujet, qu’il s’agissent d’un insecte, d’un paysage, d’un mammifère ou du soleil couchant.
Le récit rédigé par Valérie Le Du nous introduit dans l’esprit d’aventure qui a présidé à l’expédition du photographe, mais il ne s’y limite pas. Ce texte permet également de nous apprendre pédagogiquement les caractéristiques qui font toute l’originalité de cet écosystème. Ces descriptions ont pour finalité de faire émerger une conscience écologique chez le lecteur, qui, s’il n’était pas déjà convaincu, le sera assurément.
Enfin, l’ajout d’un CD en fin de volume n’est pas qu’un caprice technologique ou un coup de marketing. Accompagnant la lecture, les sons de l’Amazonie, et la bonne taille des photographies reproduites dans le volume, permettent une immersion complète dans ces espaces aussi sauvages qu’inaccessibles de la forêt péruvienne. Ce n’est pas qu’un livre, c’est une expérience esthétique globale de la nature à laquelle nous invitent les éditions Vilo.
Un livre à part dans une étagère. L’ouvrir introduit le foisonnement brut du vivant dans nos environnements artificiels, et le contraste renforce encore la valeur de ces terres originelles.
Présentation de l’éditeur :
Aussi incroyable que cela puisse paraître, la source du fleuve Amazone n’a été précisément localisée qu’en 2001 ! C’est là, dans cette partie du Pérou, au cœur de cette forêt amazonienne, que l’auteur, remontant le fleuve et ses affluents en peque peque ou perché à la cime des arbres qui les bordent, nous fait découvrir la faune et la flore des rives et de la canopée : celles des cochas (lagunes) et des colpas, à l’écosystème unique, celles des vastes marécages créés par les modifications incessantes du lit du fleuve, celles des lacs magnifiques, comme le Sandoval... Un sanctuaire qui abrite des millions d’espèces d’insectes, des dizaines de milliers de races de plantes, de reptiles, d’oiseaux, de mammifères, telles les loutres géantes comme on peut le voir en couverture. Avec lui qui l’a parcouru durant sept mois, nous pénétrons dans un paradis aujourd’hui menacé par une exploitation violente et abusive des ressources naturelles, la pollution des eaux, le trafic d’animaux sauvages... Un document fabuleux sur une nature exceptionnelle.
Infos pratiques, notation et achat :
| ISBN : 978-2719106891 191 pages, relié Date parution : octobre 2006 Nombre de photos : 180, couleurs Format : 28/32 cm Prix : 45 euros Photos : 4/5 Texte : 4/5 Intérêt du sujet : 5/5 Présentation, mise en page : 4/5 |
En savoir plus sur :
- Jorge Camilo valenzuela Photographe
- Valérie le du Auteur
- Vilo Editeur
Récemment dans cette rubrique :
Acheter ce livre photo :
un photographe
pro
référencez-vous
ici
Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Trouver
un photographe
pro






