| Tweet |
Par Floreal Meneto
3/06/09 660 visites Impression (PDF) |
Livre photo monographie, catalogue d’exposition
Amelia’s World

Tinyvices
Comme beaucoup de parents, Robin Schwartz a photographié sa fille, Amelia. C’est sa muse, dit-elle. Signe des temps, elle a fait de cet espace privée une œuvre publique. Photographe de la bande de Tim Barber, créateur du site TinyVices.com, elle fait partie des cinq photographes choisies par les éditions Aperture pour inaugurer la série des TinyVices.
S’il ne s’était agit de photographie, Amelia’s World aurait pu être un conte. Comme son pendant littéraire il propose une vision de l’enfance, ce moment où la magie est chose courante et l’imagination maitresse. Un moment où, comme dans la photographie elle-même bien que différemment, le réel et la fiction fusionnent. Par l’entremise du jeu se déploie métamorphoses, fantaisies, « nonsens » aurait dit Lewis Carroll. Amelia, donc, se tient debout à l’entrée d’un tunnel sur le point de la happer, un chien à ses côtés.
Dans le pays d’Amelia, comme dans le poème de Baudelaire, « Le joujou du pauvre », les jouets scintillants ne sont guère plus que des ornements supplantés par les joujoux vivants. Ça grouille d’animaux divers et variés dans ce pays là !
Eléphants charmants
Des chiens en T-Shirt, des chats sans poils, des singes familiers, des éléphants charmants, des chevaux, des moutons, des kangourous, des lapins, évidemment, bref, tout un bestiaire formant un monde insolite, bourré de vitalité à ne plus savoir qu’en faire. Cette joyeuse compagnie dont les membres s’appellent Elmo, Jacob, Abu, Oreo, Pete et autre Ricky, évolue dans un milieu souvent bucolique ou, tout du moins, aux couleurs de la forêt. Il y a quelque chose de primitif dans le monde d’Amelia. Dans l’enfance aussi, de toute évidence. Mais, chez Amelia, dans son pays, le primitif ne se confond pas avec le sauvage. Si l’urbain est toujours rejeté hors du cadre (Amelia est une fillette de New-York, haut lieu de la photogénie urbaine, et jamais nous ne voyons New-York) les traces de la vie moderne sont présentes partout. Dans les vêtements, les objets, les intérieurs et dans ce zoo où Robin Schwartz a photographié sa fille. Ce qu’il y avait de sauvage, en fait, a été domestiqué, à l’image de ces si sympathiques animaux qui l’accompagnent.
Le jeu du photographe
Amelia est tantôt espiègle, charmeuse, sérieuse , parfois rieuse, triste aussi, mais toujours elle joue le jeu du photographe et s’amuse en imitant les standards de la pose propre à l’imagerie commerciale. Dans les photographies de Robin Schwartz, il y a peu de place pour l’accident, tout y est très construit, parfois trop. Si bien qu’au delà d’un aspect artificiel finalement peu dérangeant, les photographies ont une certaine rigidité formelle, qui contraste trop fortement avec la spontanéité, le désordre, l’inconstance et en définitive une certaine sauvagerie matinée de candeur propre à l’enfance. Comme chez Julia Margaret Cameron, comme chez Lewis Carroll, Robin Schwartz, nous montre, en définitive, une enfance vue à hauteur d’adulte, frôlant parfois les poncifs sur l’innocence, bref une enfance mythifiée, bien que traversée, ici et là, par quelques belles fulgurances oniriques.
Infos pratiques, notation et achat :
| Tinyvices : Amelia’s World Photographies de Robin Schwartz, texte de Francine Prose Broché : 18 x 22.9 cm 96 pages Editeur : Aperture (16 octobre 2008) Langue : Anglais ISBN-10 : 1597110841 ISBN-13 : 978-1597110846 33 euros |
En savoir plus sur :
- Robin schwartz Photographe
- Francine prose Auteur
- Aperture Editeur
Récemment dans cette rubrique :
Acheter ce livre photo :
un photographe
pro
référencez-vous
ici
Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Trouver
un photographe
pro






