Ann Hamilton a obtenu une reconnaissance internationale pour ses installations in situ à grande échelle. Ces créations intègrent le son, la vidéo, la photographie et très souvent de vastes accumulations de matériaux et d’objets divers. Pour sa première exposition personnelle à Paris, Ann Hamilton crée phora*, une articulation, une expression vocale, inspirée par l’histoire et le contexte architectural de la maison [rouge], et par deux lieux symboliques : la Bastille - voix d’une manifestation publique - et l’Opéra Bastille - manifestation publique de la voix.
Dès l’entrée le visiteur se retrouve cerné par les bouches - seuils de la voix - d’une multitude de sculptures en bois du moyen-âge. Tirées d’images vidéo en gros plans, ces bouches ouvertes imprimées sur papier tapissent les murs entourant la maison rouge et son patio. Elle utilise d’autre médium que la photographie dans les autres salles. Dans une salle sombre, des haut-parleurs suspendus au plafond diffusent en tournoyant le son d’une voix. Dans une autre salle, baignée de lumière, une tente de réfugiés, imposante, doublée de satin par Ann Hamilton, est suspendue au plafond, sommairement tendue aux murs environnants. Son tracé au sol reproduit celui de la maison rouge. Plus loin, Ann Hamilton a peuplé une salle de tenues vestimentaires qu’elle a suspendues au plafond et mêlées à des mégaphones dédoublés dispersant les voix d’un discours articulé. Arrivé à la cave, le visiteur atteint une plateforme en bois dont les dimensions correspondent à celles de la maison rouge et de la tente. Cette structure rappelle une scène de théâtre mais elle s’avère trop haute pour permettre à un orateur de se tenir debout.
*phora : du grec pherein, "porter" métaphore et du latin fora, forum.
(d’après le communiqué de presse)