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Photographe Aérien
Communiqué
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Salon - festival photo Paris (75)

Art Paris 2009

Art Paris 2009

Cette année, artparis met la photographie à l’honneur avec quinze galeries invitées dans le parcours « artparis photography », qui se déroulera, telle une bobine, tout au long des coursives du Grand Palais : Acte 2, Camera Obscura, Philippe Chaume, Emotion, In Camera, la Galerie de L’Instant, CM Art, Nessim Galeria, Obsis, Paris Globe, Paris-Beijing Photo Gallery, Françoise Paviot, Olivier Waltman, Wanted Paris et Esther Woerdehoff.

Portraits de villes

Essence même du travail photographique, la ville inspire toujours autant les artistes, qui témoignent de son évolution, de sa fascination ou l’emploient comme réceptacle à tous les rêves.

Floriane de Lassée, Inside Views Courtesy Galerie Philippe Chaume
Floriane de Lassée, Inside Views
Courtesy Galerie Philippe Chaume

Chez Philippe Chaume, Floriane de Lassée parcourt depuis 2005 les mégalopoles de Paris, New York, Tokyo et Shanghai. Cette jeune photographe, née en 1972, met en exergue ces architectures hyper modernes, tout en leur apportant une étrangeté surréaliste ou hopperienne. Fascinée par leur lumière, elle dote les cités d’auréoles quasi religieuses. Cette lumière sursaturée transfigure alors les villes que l’on reconnaît à peine. L’artiste Frédéric Delangle propose pour la première fois sa série Ahmedabad, de nom de la ville indienne éponyme. La France a décidé depuis quelques années de sauver ce patrimoine immense en pleine décrépitude, abandonné aux mains de brocanteurs peu scrupuleux qui s’attaquent aux façades des maisons en bois de teck. Frédéric Delangle y apporte sa contribution par ses clichés pris uniquement de nuit, à cause de la surpopulation et de la pollution ambiante, témoignant de ce qui fut selon lui « la plus belle et la plus riche ville au monde ». Ambroise Tézenas enregistre pour sa part avant leur disparition les dernières habitations populaires de Pékin, les « hutongs ». Quant à Jean-Claude Gautrand, il pourrait être qualifié de photographe constructiviste des architectures. Fasciné par les états de construction et de déconstruction, il traque les structures de métal, les rails, les poutrelles ou les échafaudages porteurs des villes futures. Il a le goût de l’aigu, de l’objectif, du construit. Il développe l’esprit de géométrie appliqué aux villes.

Patrick Tourneboeuf, mis en avant par la galerie Emotion, s’intéresse aux espaces sans représentation humaine, aux lieux en travaux, en jachère. Ses sujets sont les coulisses, les chantiers, les réserves ou les lieux peu visités par le grand public. Après avoir longtemps travaillé sur le Grand Palais en reconstruction, le Château de Versailles ou les Archives Nationales, il s’est focalisé sur l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris Val-de- Seine. Ces sites vides et dépeuplés jouent, dans ses images, des rôles de décor. Mais pour quel jeu ou quelle mise en scène ? Patrick Tourneboeuf se fait photographe d’un temps suspendu, entre une histoire passée et celle en devenir.

Mark Ruwedel, Slab City Courtesy Galerie Françoise Paviot
Mark Ruwedel, Slab City
Courtesy Galerie Françoise Paviot

Pour Françoise Paviot, qui expose aussi ses classiques en la qualité de Cartier-Bresson ou de Brassaï, la mise au point a été faite sur la photographe canadienne Barbara Steinman. Cette dernière dit s’intéresser à la sociologie de l’espace, c’est-à-dire à la façon dont un lieu, un musée, une usine abandonnée, une galerie d’art ou un théâtre en plein air sont utilisés et perçus. Quelles sont les histoires de ces lieux, de quoi sont-ils entourés ? « L’oeuvre évoque un sentiment ou un savoir que le spectateur se remémore, reconnaît ou partage. » Ses natures mortes, telle des vanités contemporaines, ont aussi pour but de montrer, de façon très épurée et raffinée, le temps qui passe, abîme, flétrit. L’oeuvre est elliptique et conceptuelle, mettant en avant les vicissitudes de l’histoire et les hasards de l’existence. Ce programme est complété par les clichés de Dieter Appelt, issus de sa série « Trace de la mémoire », davantage centrée sur les différentes strates du corps, ou ceux de Mark Ruwedel. Depuis les années 1990, ce dernier parcourt l’Amérique du Nord à la recherche de sites qui révèlent les traces de l’activité humaine, de la préhistoire à aujourd’hui. Il consacre plusieurs mois de l’année à l’exploration de déserts, de plateaux, de collines et de berges et interroge la place de l’homme dans le paysage.

(c) David Fenton : Elbert "Big Man" Howard, un des membres fondateurs du Black Panther Party. SHOTS, 1967-1972
© David Fenton : Elbert "Big Man" Howard, un des membres fondateurs du Black Panther Party. SHOTS, 1967-1972

À la galerie In Camera, les clichés sont aussi prétextes à tous les voyages, particulièrement ceux qui familiarisent avec la culture anglo-saxonne. David Fenton a ainsi immortalisé, à la fin des années 1960, l’Amérique à travers des portraits de sa contre-culture. Pour le Français Stéphane Duroy, les photographies issues de sa série Unknown donnent, avec émotion, une image de l’Amérique perçue comme terre d’accueil et réceptacle des drames de la vieille Europe. S’intéressant de façon plus générale à l’exil, Stéphane Duroy est parti de New York, ville qui symbolise l’arrivée de tous les immigrants, pour se déplacer progressivement vers la côte Ouest. Il suit ainsi l’évolution naturelle des générations qui, tout en effectuant ce déplacement géographique, en oublient leurs propres racines. Nombres d’entre-elles étant européennes, c’est au final une expatriation commune que nous vivons tous, nous dit-il, avec regret.

Aleix Plademunt, Espectadores Courtesy Galerie Olivier Waltman
Aleix Plademunt, Espectadores
Courtesy Galerie Olivier Waltman

Tout autour du monde s’est élancé le photographe Aleix Plademunt, représenté par la galerie Olivier Waltman. Son dernier projet le mena de la Chine au Japon, des Etats-Unis à la Turquie et de la Grèce au Mexique. Critiquant la société consumériste qui a même commercialisé l’environnement, l’artiste s’est amusé à intervenir dans une trentaine de lieux, en disposant sur des panneaux publicitaires des toiles blanches où le mot NADA (rien) est traduit dans la langue du pays. Une autre série de clichés, Espectadores montre un ensemble de chaises disposées comme dans une salle de spectacle, devant divers paysages. Le hic, à bien y regarder, est que ces paysages ne sont plus du tout indemnes de la présence des hommes, mais souvent ornés de divers immeubles, câbles, fils, routes, avions, panneaux publicitaires ou déchets nucléaires… La nature sert alors de décor à toutes les mises en scène, évoquant malheureusement le plus souvent la tragédie…

Ladislav Postupa, Vanity, 1969 Courtesy Nessim Galeria
Ladislav Postupa, Vanity, 1969
Courtesy Nessim Galeria

La galerie Nessim, installée à Budapest depuis 2005, fera un focus sur la photographie hongroise et celle de l’Europe Centrale. Des noms comme Moholy-Nagy et Kertész font partie de la programmation. Ils sont accompagnés de la génération suivante, qui est encore peu connue du grand public. Il faut donc retenir ces noms : Gbor Kerekes, Zsolt Péter Barta ou Ladislav Postupa. Leurs photographies en noir et blanc partent le plus souvent de la réalité et se révèlent très structurées.

Bernard Dudoignon, de la galerie Paris Globe, nouvelle venue à artparis, a porté son attention sur le photographe Erdös Gbor, artiste hongrois né en 1973, qui exploite le rapport entre l’individu et le monde. Il présente également des clichés de la série « For the woman who wants to change her looks », réalisée par Erwin Blumenfeld pour Vogue USA en 1952. Sous son objectif, Victoria Van Hagen est tour à tour vamp, ménagère, madone.

Chen Jiagang, The Great Third Front-15 Courtesy Paris-Beijing Photo Gallery
Chen Jiagang, The Great Third Front-15
Courtesy Paris-Beijing Photo Gallery

Quant à la galerie Paris-Beijing Photo Gallery, elle se propose d’apporter à la foire un vent d’artistes chinois. Ils seront six à être parmi les plus représentatifs des différents courants photographiques contemporains de Chine. Parmi eux, Chen Jiagang réalise de grands formats aux tons ocrés ayant pour cadre des paysages industriels monumentaux, qu’il immortalise grâce à des chambres photographiques. Yang Yi s’inspire aussi de paysages urbains, le plus souvent en pleine déliquescence, qu’il imagine plongés sous la mer. Quand Wen Fang est fascinée par la brique. À l’époque impériale, les Briques d’Or étaient conçues méticuleusement et signées. Aujourd’hui, les briques sont en ciment, reproductibles, éphémères et témoignent de l’évolution du pays. L’artiste interroge par ce biais l’identité actuelle de la Chine, tout en honorant sa culture millénaire.

Avec CM Art, Constance de Malleray travaille pour sa part entre Paris et Moscou. Parmi ceux qu’elle représente, Nikolay Polissky est certainement l’un des seuls artistes russes à avoir choisi la campagne pour installer son atelier, plutôt que les mégalopoles où se développe la vie culturelle. Il intervient dans le paysage avec des reconstructions de formes architecturales classiques et en retient le souvenir par ses photographies. Il écrivit aussi « La place la plus sûre de mes oeuvres est dans la mémoire. ». Estimant que l’art contemporain s’est trop éloigné du spectacle de la nature, il souhaite réhabiliter ce monde rural. Mona Breede, plasticienne également née en Russie, choisit, elle, des architectures rectilignes et imposantes, qu’elle trouve aux Etats-Unis, en Chine ou en Russie, servant de décors à la comédie humaine qui s’y ballade inlassablement…

Portraits de vies

Il est justement aussi question de la comédie humaine sur les cimaises d’artparis, aux travers des photos de mode, des portraits ou des corps, symboliques d’existences heureuses ou difficiles.

La galerie Acte 2 s’est fait une spécialité de l’image de mode. Deux photographes seront particulièrement mis en avant sur son stand. Steven Klein a débuté pour les magazines Vogue, Vanity Fair et The Face, se faisant remarquer par des couleurs fortes et des mises en scène très particulières. Stars ou mannequins se plient avec délice aux caprices de son univers trash baroque. Ses photos ne sont pas de simples clichés de mode ou d’insipides campagnes de publicité, mais une plongée dans une véritable histoire où se mêlent violence, soumission et ambiguïté sexuelle. Pour autant, Steven Klein magnifie ses modèles, en leur conférant à chaque fois une forte personnalité qui crève l’image. Très inspiré par l’univers équestre, il a consacré une série à son animal fétiche, alliant élégance, caractère, force et délicatesse, des qualités qu’il adoube. Ce travail sera exposé durant la foire et accompagné des clichés de Michel Comte. Ce dernier fut d’abord restaurateur de tableau avant de devenir, de manière autodidacte, photographe. Ce qui explique aussi pourquoi le nu est l’un de ses sujets de prédilection. Collaborateur pour Vanity Fair, Vogue et auteur de quantités de campagnes publicitaires depuis 1979, il a aussi shooté de nombreuses personnalités du monde de l’art et du cinéma. Sa touche personnelle demeure un intérêt profond et une quête toujours renouvelée de l’humain, reflétés par ses portraits qu’il transforme en autant d’icônes.

Paolo Roversi, Natalia Courtesy Galerie Camera Obscura
Paolo Roversi, Natalia
Courtesy Galerie Camera Obscura

Camera Obscura met en lumière des artistes que l’on ne présente plus. À l’exemple de Paolo Roversi, qui est devenu l’un des photographes de mode les plus demandés de la planète ses dernières décennies. Cultivant les noirs et blancs, dans une mise en scène sobre et sans décor, il est le photographe de la beauté brute, presque brutale. Les nus se donnent à voir en toute franchise, les intenses regards captivent. Les clichés semblent atemporels et se gravent dans la mémoire du spectateur, malgré une grande économie de moyen. Sarah Moon, au style immédiatement identifiable, est aussi exposée sur le stand. Ses flous légendaires, ses mises en scène raffinées évoquent aussi une certaine nostalgie de l’enfance. Belles et poétiques, les images n’en appellent pas moins l’idée d’un monde toujours menacé par sa perte. Sarah Moon s’est fait remarquer du grand public par ses campagnes publicitaires pour Cacharel ou plus récemment pour Comme des garçons, dont la galerie montre des exemplaires sur la foire.

Buster Keaton dans un studio MGM, 1932 Courtesy Galerie Obsis
Buster Keaton dans un studio MGM, 1932
Courtesy Galerie Obsis

De la mode au cinéma, il n’y a qu’un pas, franchi par la galerie Obsis. Cette dernière met notamment en avant la photographie de plateau, nous remémorant que dès les années 1920, les grandes majors hollywoodiennes créent leur propre département de photographie. En Europe, les moyens s’avèrent un peu moins élevés et les photographes spécialisés sont engagés au coup par coup. Mais un nouveau genre était né. La particularité et son paradoxe de la photographie de plateau étaient d’avoir l’air d’un instantané, alors que dans la majorité des cas, il s’agissait d’une pose, comme pour un tableau vivant ! À l’inverse, le genre de la photographie de travail, présenté aussi par la galerie, s’apparente à fixer la réalité du film en train de se faire. On le voit à travers les exemples de Buster Keaton, immortalisé dans son studio en 1932, Serge Eisenstein, sur le tournage de La ligne générale, ainsi qu’une image du film Mountain Justice de Michael Curtiz.

La jeune Galerie de l’Instant a porté son choix sur des photographies de star du cinéma. François Gragnan immortalisa dans les années 1960 et 1970, les belles de l’époque : Jane Birkin, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Juliette Gréco, Simone Signoret, Romy Schneider, Sophia Loren et tant d’autres… Ou même les hommes, tels Alain Delon, Johnny Hallyday et Steve McQueen. La plupart d’entre eux se retrouvèrent aussi sous les crépitements des flashs de Giancarlo Botti. De nombreuses images ont été prises à Cannes ou lors de tournages, confortant l’image la plus glorieuse que l’on peut avoir du 7ème art. Bert Stein est pour sa part mis en avant par La Dernière séance de Marilyn Monroe. Glamour, sensualité et beauté viennent à l’esprit, ne laissant en rien présager ce qu’il allait, peu après, advenir à la plus célèbre blonde du 20ème siècle.

Herlinde Koelbl, Hair Courtesy Galerie Esther Woerdehoff
Herlinde Koelbl, Hair
Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Chez Esther Woerdehoff, la photographe allemande Herlinde Koelbl s’est focalisée sur les cheveux. Après avoir étudié le dessin de mode, elle devient photographe en 1975, mêlant une curiosité toute personnelle pour les gens et un sens d’analyse critique de la société. Elle a publié de nombreux ouvrages, perçus comme un miroir de la vie en Allemagne et un commentaire mordant de l’histoire contemporaine. La foire est l’occasion de découvrir son dernier titre intitulé Hair. Pour Herlinde Koelbl, les cheveux et le contact que nous nourrissons avec eux sont une part de notre humanité, nous accompagnant de la naissance à la mort. Notre relation aux cheveux serait l’une des plus intimes et des plus sensuelles qui soit. Cet ouvrage est le fruit d’un voyage sur les cinq continents durant six ans, qui lui a permis d’identifier et de témoigner du rôle social et culturel de la chevelure.

Photographie toujours, même hors du parcours « artparis photography »

Le corps est toujours une aussi grande source de fascination chez les plasticiens contemporains.

David LaChapelle met le feu sur le stand de la galerie Maruani & Noirhomme. Selon la légende, son premier modèle aurait été sa mère posant en bikini avec un verre de Martini à la main… sa vocation était née ! Son style inimitable, aux couleurs extrêmement vives et aux mises en scènes des plus burlesques lui confèrent un succès grandissant. Il ose tout : le sexe, la drogue et l’alcool. Les stars ne lui résistent pas et acceptent les scénarios les plus coquins. Pour preuve Angelina Joli est en pleine extase, quand Pamela Anderson ou Paris Hilton, toutes deux personnifications de la poupée Barbie, sont conduites dans les situations les plus outrageantes et les plus excitantes qui soient. Les clichés présentés à artparis témoignent de l’imagination sans borne de l’artiste : des montagnes de bonbons formant une mosquée, à une version très personnalisée du Déluge (agrémentée de nombreux seins arrogants), en passant, pour le plus grand bonheur des Dames, à des poupées voilées symbolisant les 72 vierges et ayant pris en otage un mâle dont on aimerait bien être la geôlière… S’amuser tout en divulguant des messages, tel est le style David LaChapelle ! Comme il aime à le rappeler : « C’est beaucoup plus drôle, si on veut photographier une fille assise sur un champignon de fabriquer le champignon et de l’asseoir dessus, que de le faire à l’ordinateur. De même si on veut mettre une fille nue et un singe en plein Time Square... ».

David Lachapelle, Would Be Martyr and 72 Virgins, (c) studio David
David Lachapelle, Would Be Martyr and 72 Virgins, © studio David
Courtesy Maruani & Noirhomme Gallery - Knokke - Belgium

Françoise Huguier, Les trios grâces au-delà du miroir Courtesy Galerie Patrice Trigano
Françoise Huguier, Les trios grâces au-delà du miroir
Courtesy Galerie Patrice Trigano

Pour Françoise Huguier, chez Patrice Trigano, le corps s’associe, avec humour, à une cocotte. Le corps se dévoile en rouge et noir. Le corps déborde. Le corps est gros et gras et s’en réjouit. Le corps est huilé. Le corps est capté au plus près. Sylphides et tops en herbe, allez vous rhabiller, vous ne ferez jamais partie des modèles de Françoise Hugier ! Transgressive dans le choix de ses mannequins et dans ses cadrages, elle dévoile pour artparis sa vision de la maison close, où « Les trois grâce ont traversé le miroir pour se réfugier dans le salon indien d’où s’échappe une musique d’attouchements, de caresses et de baisers… » Françoise Huguier s’interroge pour savoir qui sont ces dames si majestueuses, puissantes, sensuelles et si totalement offertes ?… et se voit comme la maîtresse des lieux. David Lachapelle, Would Be Martyr and 72 Virgins, @ studio David Lachapelle, courtesy Maruani & Noirhomme Gallery - Knokke - Belgium Françoise Huguier, Les trios grâces au-delà du miroir, Courtesy Galerie Patrice Trigano

Tiphaine Popesco, Sans titre Courtesy Galerie Vidal-Saint Phalle
Tiphaine Popesco, Sans titre
Courtesy Galerie Vidal-Saint Phalle

La très jeune Thiphaine Popesco (née en 1982), chez Vidal-Saint Phalle, donne pour sa part une version bien plus distanciée du corps. Dans des bâtiments désolés, elle invite ses modèles à se fondre dans un décor. « Figures isolées, corps abandonnés, ils expriment solitude, lassitude et ennui. La nudité, parti pris esthétique, permet de redonner au corps toute sa dimension sculpturale. La mise en relief du corps est encore accentuée par le choix du noir et blanc, et par des effets de perspectives. », commente Tiphaine Popesco. « Dans mes photos, explique-t-elle encore, un autre thème apparaît : la perte de repères. Placés hors de leur « milieu naturel », dans des poses parfois compliquées et inhabituelles, les modèles sont comme des marionnettes sous le contrôle d’une force extérieure. »

Lalla Essayid, Converging territories Courtesy Galerie Protée
Lalla Essayid, Converging territories
Courtesy Galerie Protée

La galerie Protée met en exergue l’artiste marocaine Lalla Essaydi, qui pointe aussi son regard sur l’isolement et le silence des jeunes femmes ayant désobéi aux lois des hommes. Pratiquant son art selon la technique du documentaire, elle montre la vie quotidienne de femmes semblables à celles qui ont entouré son enfance. Le décor choisit est une pièce où l’on enfermait ces adolescentes bannies. Après avoir recouvert entièrement le sol, les murs et le plafond de calligraphies tracées au henné, elle demande aujourd’hui à ses modèles de reconstituer des situations qui leur sont familières. Il faut aussi savoir que traditionnellement, la calligraphie, en tant qu’écriture, est interdite aux femmes. Lalla Essaydi introduit donc, dans ce lieu qui fut carcéral, une subversion douce et élégante.

Nouvelle venue à artparis, la galerie YU est spécialisée dans les artistes chinois. Parmi eux, Li Wei met périlleusement son propre corps en scène, prenant la ville comme théâtre. Sa tête peut être encastrée dans la route, son corps reproduire la trajectoire d’un ballon de basket ou s’avérer en équilibre -et déséquilibre !- sur un échafaudage. Il peut aussi mimer le fait de tomber d’un immeuble, être balancé par une jeune femme ou atterrir la tête la première dans un pare-brise. Ce corps violenté lui sert à illustrer l’irrationalité des comportements humains. Li Wei tente de démontrer que l’homme est capable du pire comme du meilleur, mais surtout du pire… En 2006, il fut l’un de ceux à recevoir la récompense du Getty Institute pour « les meilleurs créations photographiques du monde ».


Informations pratiques :

Art Paris 2009
Nef du Grand Palais (Paris 8ème)
Après-midi professionel : Mercredi 18 mars de 14h à 17h
Vernissage : Mercredi 18 mars de 18h à 23h
Ouverture au public : du 19 au 23 mars 2009
Tous les jours de 11h à 20h30
Lundi 23 mars jusqu’à 18h
Entrée : 15 € (demi tarif : 10 € artistes et étudiants), catalogue : 20 €
 


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