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Communiqué  - 678 visites  -  Impression (PDF) 

Baudoin Lebon donne carte blanche à Silk Road Gallery

Baudoin Lebon donne carte blanche à Silk Road Gallery

Silk Road Gallery a été créé en décembre 2001 à Téhéran. Son ambition est de devenir un centre d’exposition et de promotion de la photographie iranienne dont les premières œuvres artistiques remontent au début du siècle dernier. Après une longue période de silence, la photographie est en effet réapparue comme un art à part entière quelques années après la Révolution islamique. On assiste depuis quelques années à une effervescence artistique aussi dynamique que créative et originale. En ces temps dramatiques et extraordinaires que traverse leur pays, de jeunes photographes talentueux ont crée un véritable mouvement artistique original, riche et surprenant, en explorant les facettes paradoxales et complexes de la vie sociale des Iraniens. Silk Road Gallery parraine ce mouvement qui dépasse les frontières de l’Iran et suscite un grand intérêt international.

Cette exposition réunit les œuvres de sept photographes iraniens, parmi les plus célèbres. Chacun à sa manière, avec son regard, traduit en photo une histoire inédite et sensible de son pays.

Mehraneh Atashi

Elle a photographié les zourkhaneh, ces lieux de gymnastique antique et traditionnelle de l’Iran, ou se mélangent tradition, légende, mysticisme, coutumes, religion et force virile. Aucune femme n’avait le droit d’assister à ces séances, mais Mehraneh Atashi a obtenu l’autorisation de prendre des photos. Ainsi peut-on voir sur le miroir derrière les corps masculins, l’image de la jeune photographe en action.

 (c) Mehraneh Atashi
© Mehraneh Atashi

Shadi Ghadirian

Son oeuvre a toujours suscité de vives réactions : en Iran certains l’accusent de tourner en dérision l’image de la femme iranienne, tandis que d’autres l’imaginent féministe militante ou la soupçonnent de ne pas pouvoir aller au-delà de ses deux premières oeuvres. En Europe Comme d’habitude est considéré comme une caricature insolente et un message incisif de protestation. Sa nouvelle série de portraits met en scène la sensualité inhibée de femmes couvertes de voiles et qui chercheraient à sortir de leur tour d’ivoire pour rejoindre le commun des mortels.

 (c) Shadi Ghadirian
© Shadi Ghadirian

Mehran Mohajer

est un artiste en recherche perpétuelle. Se méfiant des clichés qui, paradoxalement, fonctionnent souvent bien, il expérimente constamment de nouvelles idées et des visions différentes. Simples et dépouillées, les images de Mohajer suggèrent une atmosphère, présentent une situation nuancée sans chercher à frapper, ni à provoquer. La force de son œuvre est caractérisée par une douceur omniprésente et subtile. Les images de la série Les paquets non déballés nous intriguent par leur mystère. Des emballages mi-opaques, mi-transparents cachent des objets. D’autres, traversés par des bandes rouges et vertes évoquent sans certitude le drapeau iranien. Sur certaines photos on croit discerner l’image de l’un des anciens dirigeants iraniens, de simples fils rouges dépassent des paquets et leur donnent un aspect zen. Le papier journal déchiré d’autres emballages laisse entrevoir des livres dont on ne connaît ni les titres, ni les contenus. Est-ce un reportage sur un étrange lieu visité ou imaginaire ? Les photos de Mohajer parlent mais ne nous apportent jamais de réponse.

Bahman Jalali

Il parle ainsi de sa série Image de l’imagination :

Durant mes années d’enseignement à l’université et au cours de mes nombreux voyages en Iran j’ai vu beaucoup de photos prises par des photographes peu connus. Certaines sont restées dans ma mémoire, d’autres ont seulement laissé leur empreinte dans mon imagination. Pour retrouver ces images j’ai d’abord essayé les nouvelles technologies en utilisant mon imagination comme un filtre. Mais les ordinateurs ne pouvaient pas leur rendre justice, j’avais besoin de leur véritable présence. J’ai donc essayé la technique d’offset. Avec de grosses machines j’ai mélangé différentes images : des rois, des eunuques, des femmes, des hommes, des lieux, des maisons et des choses étranges. Puis je suis allé dans la chambre noire. Sur la surface sensible du papier photo ordinaire ces images ont créé un monde nouveau, un monde que l’on ne trouve que dans l’imagination. Dans un espace entre le tangible et le virtuel, avec le temps apparaissant en lambeaux, s’est créé un univers rapprochant encore plus ces deux réalités.

 

Bahman Jalali

 (c) Bahman Jalali
© Bahman Jalali

Peyman Houshmandzadeh

Il est traditionnel en Iran d’orner sa maison d’images populaires représentant des scènes des débuts de l’islam, le martyre des imams, le pèlerinage à La Mecque ou des versets du Coran. Bien plus qu’une simple décoration, ces images sont des talismans pour préserver la famille et la maison du malheur, lui apporter prospérité et longue vie. Houshmandzadeh a photographié ces décorations-talismans où se côtoient icônes populaires, horloges, paysages et versets du Coran calligraphiés sur des horloges. Contrastes et paradoxes étonnants de couleurs criardes et gaies pour représenter des thèmes d’une rare la gravité.

 (c) Peyman Houshmandzadeh
© Peyman Houshmandzadeh

Rana Javadi

Ses Mariages sont des collages de négatifs de mariages des années 50 et 60 en Iran où les mariés sont habillés à l’Occidentale dans le décor improbable d’une pièce vide et dans des postures figées. Regard nostalgique vers un passé irréel et fastueux où l’iranien musulman ordinaire n’était pas fiché comme terroriste aux yeux du monde entier.

Ghazaleh Hedayat

Ses judas sont autant de fenêtres vers le monde extérieur. Ces photos en deux dimensions permettent un échange constant entre le monde intérieur et extérieur, mais aussi entre le passé et le présent. Les judas de Ghazaleh Hedayat sont de nouveaux yeux pour regarder, une excuse pour cligner des yeux un peu plus longtemps.

Source : Galerie Baudoin Lebon


Informations pratiques :

Baudoin Lebon donne carte blanche à Silk Road Gallery
Du 19 octobre au 3 décembre 2005
Galerie Baudoin Lebon (Paris 4 ème)
 


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