Par Didier Gualeni (usage interdit)
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Bernard Faucon

La MEP (Maison Européenne de la Photographie) organise à Paris, du 7 décembre 2005 au 7 mars 2006, une grande rétrospective Bernard Faucon, ce photographe qui a volontairement interrompu sa carrière en 1995. Depuis il a monté et animé le projet photographique « Le plus beau jour de ma jeunesse » avec des jeunes de 25 pays. En réalité, il n’a pas véritablement arrêté de photographier car il a toujours eu avec lui un appareil photo jetable ou un petit numérique lors de ses voyages. Ces nouvelles images sont actuellement en vente à la Galerie Vu.
Il faut voir cette rétrospective tant pour l’univers original que Bernard Faucon a développé, que pour la qualité des tirages Fresson qui donnent une vision totalement différente des images du livre catalogue, traitées selon un procédé habituel d’impression. L’accrochage est aéré, la scénographie est classique mais olfactivement sympatique. En effet de l’alcool de lavande a été rajoutée à la peinture des murs qui recouvrent les galeries, ce qui plonge le visiteur dans l’ambiance du Lubéron natal de Bernard Faucon. C’est là qu’il a réalisé ses premières mises en scène de mannequins à proximité et dans les champs de lavande. Enfin au sous-sol, le cabanon d’enfance du photographe a été reconstitué. C’est le lieu où il a imaginé bon nombre de ses photos. Ce bric à brac est aussi une sorte de caverne d’Ali Baba. Les 4 et 5 mars 2006, les visiteurs pourront en emporter des éléments avec eux. C’est là une façon pour Bernard Faucon de tourner une page sur un travail ancien, de partager et de disperser ses souvenirs.
Le communiqué de presse
L’oeuvre photographique de Bernard Faucon né en 1950, a été réalisée entre 1976 et 1995, c’est une des oeuvres les plus originales et les plus importantes de la fin du XXe siècle. Cette oeuvre beaucoup exposée, reproduite, louée, collectionnée... reste paradoxalement mal connue, et sa place dans la création contemporaine est encore imprécise. Ceci est dû, autant à sa singularité - oeuvre poétique, métaphysique très personnelle - qu’à la diversité des intérêts qu’elle a suscité : des milieux les plus orthodoxes de la photographie, aux avant-gardes plasticiennes, en passant par des romanciers, des metteurs en scène, des psychanalystes, des designers de mode Japonais...
En vingt-cinq ans, Bernard Faucon compte près de trois cents expositions personnelles et autant d’expositions collectives, aussi bien chez Léo Castelli à New York, Yvon Lambert à Paris, dans de grands musées, que dans des structures minuscules. Bernard Faucon dit plus volontiers « oui » que « non ».
Il nous semble important aujourd’hui, dix ans après l’interruption volontaire de cette oeuvre, de la présenter dans son ensemble, de redécouvrir sa merveilleuse fraîcheur. De montrer derrière l’étrangeté de ses métamorphoses, la rigueur et la cohérence de son évolution, son économie de moyens de plus en plus grande, jusqu’à la dernière série : « La fin de l’image », clôture décidée, affirmée, sur laquelle Bernard Faucon n’est pas revenu.
L’exposition occupe la totalité du musée, des ateliers du sous-sol aux grandes galeries des étages. La base de l’exposition est l’importante collection de La Maison Européenne. Elle est complétée par des prêts de l’artiste et de collectionneurs.
La nature de l’oeuvre impose un parcours chronologique qui fait se succéder : « Les grandes vacances » (1976-1981), « Évolution probable du temps » (1981-1984), « Les Chambres (Chambres d’amour, Chambres en hiver, Chambres d’or) » (1984-1988), « Les Idoles et les Sacrifices » (1989-1991), « Les Écritures » (1991-1993) et « La fin de l’image » (1993-1995).
Une première partie d’images anciennes, non mises en scène, « Le temps d’avant » (1966-1972), présente le terreau de cette oeuvre, les premières photographies d’un Faucon adolescent : paysages du Luberon, couchers de soleil, portraits de son frère Pierre, de Michel ou de sa grand-mère. Visions, impacts primitifs qu’on retrouve dans l’oeuvre de la maturité.
Dans les ateliers du sous-sol, Faucon évoque l’univers intime dans lequel il a réalisé son oeuvre. Il s’agit de mettre en scène la liquidation de son « Cabanon » en Provence où une bonne partie des mises en scènes ont été réalisées (les deux derniers jours de l’exposition, le public pourra repartir avec les objets de ce Cabanon). Il a déménagé pour cela tous les objets qui restent encore dans ce cabanon (qui n’ont pas été dispersés ou détruits, car l’artiste est un « liquidateur », un « consumateur » qui fabrique des instants parfaits et détruit tout aussitôt après !) : objets bizarres, éléments de décor, ustensiles, petits tableaux... Une table est dressée avec des nourritures « consommables » (rappelant que l’artiste est aussi un cuisinier qui passe plus de temps à nourrir ses amis qu’à photographier).
Enfin, fondues dans ce décor, deux projections vidéos permettront de sortir du cabanon et des mises en scène, de découvrir l’extérieur, les paysages, les visages chéris de l’artiste... ainsi que le projet « Le plus beau jour de ma jeunesse » que Faucon réalise avec des jeunes du monde entier depuis qu’il à arrêté lui même de photographier.
Source : MEP
Suite de l’exposition
La galerie Vu présente, du 2 décembre 2005 au 11 février 2006, une sélections d’images inédites et une série d’anciens et somptueux tirages Fresson conservés par l’artiste.
Le livre Catalogue
Bernard Faucon
Format : 28 x 28 cm
352 pages, 400 images quadri (portfolio, catalogue raisonné, making-of)
Prix : 69 euros
Lire notre article à propos du livre catalogue
Informations pratiques :
Bernard Faucon - Rétrospective 1976-1995Du 7 décembre 2005 au 7 mars 2006
MEP - Maison Européenne de la Photographie (Paris 4 ème)
En savoir plus sur :
- Bernard faucon Photographe
- MEP (Maison Européenne de la Photographie) Lieu d’expo
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