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Par Didier Gualeni
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Bertrand Desprez, Homanimus
Entre chiens et loups, la lumière s’équilibre d’une teinte bleutée. Le jour s’éteint et la nuit efface les ombres pour laisser la place aux contes, aux rêves ou aux cauchemars. Déjà sur les murs humides des cavernes, nos ancêtres racontaient l’ « Autre », l’animal, source de danger, de crainte, un étrange voisin. Fresques gravées dans la pierre, éternelles. Puis tour à tour déifiés au temps des pharaons (Horus le faucon, Bastet le chat, Sobek le crocodile, Thot le babouin) stigmatisé, comme le loup, au moyen âge lorsqu’il croque quelques bergères, asservies comme machine pendant des siècles (chevaux de trait, éléphants cornaqués, boeufs) ,ils s’endorment maintenant au salon, sur le canapé avec couffins et croquettes. Comme on peut s’en douter les rapports entre l’homme et l’animal ne sont pas neutres. Si loin, si proche, l’animal devient source de projection et de réflexion. D’un côté un bavard dont le penchant à l’imaginaire est intarissable, de l’autre un silencieux énigmatique malgré le décryptage du langage des dauphins, du chant des baleines ou du miaulement des chats. Attirance, répulsion, les ailes d’un papillon ou les vibrations irisées d’une libellule éveillent en nous des sentiments de beauté, de fragilité quand un pou observé au microscope ou une colonie de fourmis rouges nous effraient. Dès l’enfance, les peluches puis les animaux de compagnie construisent l’identité de l’individu, de l’objet inanimé jusqu’aux êtres humains en passant par l’objet transitionnel (avec déjà des préférences plutôt un lapin, un ours ou un koala qu’un crocodile ou un serpent). Quand plus tard ils deviennent compagnons de jeux ou simple confident muet. Devenu adulte, l’homme utilise un vocabulaire imagé qui renvoie au monde animal, à certaines caractéristiques fantasmées (une poule mouillée, une faim de loup, une mémoire d’éléphant, faire le coq ou rusé comme un renard). L’utilisation de costumes, tatouages renforce ce besoin de rapprochement de l’ « Autre » cet inconnu qui sommeille en nous. Au moment où l’existence de certains zoos est remise en cause (conception très dix-neuvième siècle ou chaque ville se devait d’avoir son zoo), l’homme reste un redoutable prédateur.Et son besoin d’identification ou de représentation est toujours plus présent. La biogénétique, notamment par les essais de clonage nous projette de plus en plus loin dans notre propre évolution. Les images d’ « Homanimus » sont un prétexte au jeu, à l’humour ou l’ironie et nous rappellent à notre simple condition d’être humain. Histoire d’exorciser nos peurs.
Bertrand Desprez, Paris, janvier 2005.
Informations pratiques :
Librairie ancienne Dominique Laucournet - ParisDu 14 janvier au 18 février 2005
Ouverture : du lundi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h
En savoir plus sur :
- Bertrand desprez Photographe
- Librairie ancienne Dominique Laucournet Librairie
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