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Communiqué
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Bestiaire fantastique

Il est rare de découvrir un artiste qui ait la force et la lucidité nécessaires pour transformer ainsi son style et la direction de sa recherche. C’est devant un nouveau Vasco Ascolini que nous nous trouvons ici.
Son monde était celui des lignes claires et coupantes, des grands plans d’ombre ou de lumière contrastés. Blocs de marbre blanc sous le soleil. La netteté même devenait poésie. Blancs et noirs se faisaient vibrer mutuellement. Selon une évidence décisive, hautaine, solennelle et chantante.
Et nous voici maintenant errant dedans des rêves gris, hantés d’êtres énigmatiques. La force créatrice ne tombe plus du ciel éclatant, qui découpe les formes et les serre sur leur dur volume. Elle vient des profondeurs glauques, monte d’un liquide mêlé de limon, des remous agités par les générations spontanées d’un bestiaire à demi dissous, ou surgi soudain, menaçant.
Nous plongeons dans les matières du gris photographiques, devenu tel le fond des eaux où s’agitent des êtres alanguis ou hérissés. Etonnant retournement de la vision d’un artiste qui était allé jusqu’au bout de cette vérité photographique : que là les ombres noires ont autant de vérité matérielle qu’une pierre, que la lumière est un scalpel qui donne vérité aux choses en les sculptant plan par plan. D’un esthétique de la lumière éclatante venue du fond du ciel, Ascolini est passé de l’autre coté des choses, comme s’il traversait un miroir, pour s’enfoncer dans un monde incertain et peuplé de chimères ; celui, intérieur, de l’âme.
La poussée de l’imaginaire fut telle qu’elle subvertit toutes les données stables de la technique. Le négatif fut transpercé, sa surface fut griffée, comme la plaque du graveur. La séparation entre les arts fut outrepassée. La convention première de la photographie - celle d’un plan infranchissable qui recueille passivement les effets de la lumière - fit naufrage dans des vagues profondes.
© Vasco Ascolini
Vasco Ascolini avait déjà exploré une réalité lumineuse où la rencontre entre les plages noires de l’ombre et la présence des volumes réels atteignaient une telle intensité qu’elle ne pouvait que basculer en un autre univers, à l’envers, où le réel est celui de la texture grise constituant le corps de l’ombre elle-même. Là s’engendrent les rêves vagues ou les cauchemars menaçants. Voyage dans l’épaisseur de l’inconnu, au sein secret de la matière, là où rôde l’infini des formes. Jean-Claude Lemagny, novembre 2006
Informations pratiques :
Bestiaire fantastiquePhotographies de Vasco Ascolini
Du 18 janvier au 24 mars 2007
Galerie Vrais Rêves (69004, Lyon)
Vernissage le 18 janvier à 18h30 en présence de l’artiste
Rencontre avec les trois auteurs (également Cesare di Liborio et Luca Gilli) le 17 janvier à 19h à ldans les locaux de l’Institut Culturel Italien de Lyon (45 rue de la Bourse dans le 2ème arrondissement).
En savoir plus sur :
- Vasco ascolini Photographe
- Galerie Vrais Rêves Lieu d’expo
Participer :
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