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Bhopal 20 ans après, la lutte pour la vie
La galerie Fait & Cause présente l’exposition de deux photographes sur ce qui reste comme une des plus âpres batailles de Greenpeace, un dossier jugé par le groupe d’action écologique comme le pire désastre industriel jamais conuu : Bhopal. Le 3 décembre 1984, à Bhopal, en Inde, une fuite de gaz de l’usine Union Carbide tua au moins 8000 travailleurs et résident dans les trois jours qui suivirent la catastrophe, et infligea des blessure permanentes et invalidantes à plus de 150 000 personnes à ce jour. Depuis 18 ans, Greenpeace milite activement pour que les que le site soit nettoyé et réhabilité, puisque, comme le prouvent les images de la photographe Viola Berlanda presque 20 ans après, les débris de l’usine sont encore tels quels, preuve que la contamination des sols se poursuit, ce qui a été confirmé par le rapport d’enquête alarmant sur une étude scientifique effectuée en 2002. L’héritage toxique de Bhopal, c’est entre autres la contamination par pas moins de douze produits organiques volatiles dangereux de la nappe phréatique qui fournit l’eau à près de 20 000 personnes.
Greenpeace accuse Dow Chemical (le groupe industriels qui a fusionné avec Union Carbide pour former le plus grand groupe chimique mondial) de refuser d’endosser la responsabilité du drâme. Dow témoigne manifestement depuis toutes ces années de sa "faillite éthique et morale" comme le répète inlassablement Greenpeace. Il faut dire que les faits, minutieusement répertoriés par Greenpeace dans une littérature abondante sur le sujet (dossier de presse remis aux visiteurs sur le lieu de l’expo), sont éloquents et particulièrement accusateurs à l’encontre de Dow Chemical :
Fuite de Warren Anderson, l’ex-PDG d’Union Carbide vers les Etats-Unis. Recherché par Interpol, celui-ci fait l’objet d’une procédure d’extradition par le gouvernement Indien pour homicide volontaire (mandat d’arrêt internationnal), pourtant il n’est pas inquiété par les autorités américaines qui déclarent ne pas savoir où il se trouve.
Traitement infiniment plus favorable des indemnisations suite à des accidents survenus sur le territoire américain, comparativement à Bhopal.
Fausses déclarations destinées à rassurer l’opinion publique, et avançant que la contamination n’existe pas, magré des documents confidentiels scientifiques internes retrouvés et témoignant du contraire.
Limogeage de Mark Parker, PDG de Dow Chemical après une déclaration dans laquelle il penche vers une acceptation de la responsabilité de l’accident de Bhopal
Etc.
Un feuilleton judiciaire hallucinant, ponctué de manifestations, pétitions, grêves de la faim, opérations de soutien internationnales, et le plus écoeurant de tout, répercussions systématiques et évolution du cours de bourse du groupe chimique en fonction des frasques de ce scandale. Même certains membres du congrès américains et autres fonds d’investissements se sont résolus à faire pression sur Dow pour que l’industriel assume enfin la responsabilité qui lui incombe et mette un terme à la dégradation de son image aux yeux de l’opinion publique.
Le seul nettoyage du site, qui consisterait à enlever les déchets sans traiter la contamination des sols, a été évalué à 500 millions de dollar US.
L’exposition mêle deux visions photographiques : celle de Raghu Rai, photographe indien qui a dévoilé la catastrophe à un monde médusé en se rendant sur le site immédiatement après l’explosion (photos noir&blanc), et celle de Viola Berlanda, photographe italienne, qui témoigne de ce drame en se fondant dans le quotidien de la population de Bhopal (photos couleur).
Greenpeace cite également dans son dossier deux autres accidents, mettant en cause la négligeance des industriels, et leur non respect des normes de sécurité, dont un beaucoup plus proche de nous, il s’agit bien sûr de l’explosion de l’usine AZF - Autofina le 21 septembre 2001 à Toulouse. Egalement le site chimique tchèque Spolana Neratovice. Greenpeace a rédigé un document appelé les Principes de Bhopal, pour sensibiliser les grosses structures industrielles à ce type de catastrophe, et les inciter à mettre en oeuvre notamment le principe 13 de la convention de Rio (en 1992, la déclaration de Rio, conclusion du Sommet de la Terre, appelait dans son principe 13, les gouvernements mondiaux à instaurer un régime international de responsabilité des entreprises).











Informations pratiques :
Galerie Fait & Cause
58 rue Quincampoix
75004 Paris
Grenpeace France
22 rue des Rasselins
75020 Paris
Tél : 01 44 64 02 02
En savoir plus sur :
- Galerie Fait et Cause Lieu d’expo
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