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22/06/08 -
Communiqué
Par Manon Ott & Grégory Cohen
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Birmanie, rêves sous surveillance

Le projet « Birmanie, rêves sous surveillance » est né en 2003 au sein de l’association Les yeux dans le monde avec ce désir de mieux comprendre et faire connaître la situation politique et sociale en Birmanie par le biais d’évènements culturels et d’un travail photographique. Deux des membres de l’association, Manon Ott & Grégory Cohen, se sont rendus en Birmanie à de nombreuses reprises entre 2003 et 2007 et ont travaillé sur la frontière birmano-thaïlandaise où se situent les camps de réfugiés birmans. Sur place, ils ont rencontré intellectuels, commerçants, moines, ou travailleurs migrants qui leur ont livré leur histoire. Des histoires ordinaires, des histoires de résistance. Plus tard, ils ont été rejoints par le dessinateur Mathieu Flammarion, venu prolonger le travail photographique au travers de collages et d’illustrations. Ce travail est aujourd’hui publié dans un livre aux éditions Autrement. Les photographies et témoignages recueillis sont également présentés lors de divers évènements (expos, conférences, festivals…). Forts d’un regroupement d’ONG partenaires autour de ce projet, nous espérons ainsi mieux faire entendre les voix de ceux qui résistent, celles des intellectuels – artistes, écrivains ou journalistes de Rangoon qui font face à la censure -, celles de gens ordinaires, celles de ceux qui ont dû s’exiler ou rejoindre les camps de réfugiés en Thaïlande.
People’s desire
De grands panneaux se fondent dans les décors urbains. L’armée y a fait inscrire la volonté du peuple birman. Ces phrases surprenantes réapparaissent en première page de chaque publication, avant la projection d’un film et dans les journaux. Aucune parution n’échappe à l’obligation de les mentionner. Derrière le décor féerique du « pays aux milles pagodes » se cache une réalité plus sinistre, une atmosphère pesante comme celle des nuits qui s’emparent de la ville.
Dans la rue, les positions des corps au travail, celles de corps assoupis, en errance, expriment autre chose. Peut-être racontent-ils en silence ce que d’autres osent murmurer à l’oreille d’un étranger qui s’attarde un peu. La situation économique s’empire d’année en année. L’écart se fait de plus en plus grand entre le niveau de vie de la majorité de la population et celui des membres de l’armée et de leurs proches.
















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