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Blanche et Noire est la rue

Blanche et Noire est la rue

Scènes de la vie ordinaire, rencontres improbables, miracles d’un instant ... quelle que soit l’époque et la géographie du lieu, ces photographes de nationalités et de générations différentes font de notre univers des agencements singuliers.

La rue ... cet endroit qui partout, pour chacun de nous, est d’une banalité écrasante quand chaque jour elle est arpentée ... jusqu’à l’instant ou le cillement du photographe fait d’elle, connue croiton, un endroit neuf car ce jour-là le regard est pur, pur de mémoire, pur de préjugés et accepte l’émerveillement de l’inconnu.

Philippe Bonan

Philippe Bonan a très tôt rencontré et fait le portrait des grands créateurs de son temps. Après sa rencontre avec André Villers en 1986, il apprend la photographie et réalise son premier portrait de l’artiste Jean Messagier. S’ensuivra une longue série de collaborations avec Keith Haring, Zao Wou Ki, Ben, César, Arman, Robert Doisneau, Édouard Boubat, Richard Texier, la sculpteur française Louise Bourgeois...

Renato d’Agostin

Renato D’Agostin a commencé par photographier sa ville, Venise. L’atmosphère magique de la ville a cultivé sa vision de la photographie et développé sa curiosité pour capturer des instants de vie avec son Leica. Afin d’explorer au mieux cette passion, il part en 2002 à la découverte des capitales de l’Europe de l’ouest et reste fasciné par la ville de Paris. Revenu en Italie, il se rend à Milan et suit des cours à l’Istituto Italiano di Fotografia ; commence alors sa collaboration avec le studio Sabbatini. En 2005 il suit les cours de tirage au centre international de la photographie à New York où il rencontre Ralph Gibson dont il devient l’assistant un an plus tard.

John Craven

Il s’achète à 14 ans son premier appareil photographique avec le profit de la vente de sa récolte de lavande. La photographie est une passion familiale ; il rejoint en 1930 à New York son frère qui travaille dans les studios cinématographiques. Un job de balayeur lui permet de circuler librement dans les studios. Puis par hasard il est témoin d’un incendie qu’il filme. Ces images spectaculaires le font connaître dans le milieu des reporters et on lui offre la place de cameraman aux actualités cinématographiques. Craven débute ainsi sa carrière par un scoop, révélateur de son tempérament vif, curieux et passionné, à l’image de sa vie professionnelle qu’il engage dans la voie de la multiplicité, l’éclectisme, l’anticonformisme et la liberté d’expression.

Robert Doisneau

Robert Doisneau se définissait lui-même davantage comme « pêcheur d’images » que « chasseur d’images ». Doisneau est un passant patient qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Il guette l’anecdote, la petite histoire. Ses photos sont souvent empreintes d’humour mais également de nostalgie, d’ironie et de tendresse. Il travaillait sur Paris, ses faubourgs et ses habitants : artisans, bistrots, clochards, gamins des rues, amoureux, bateleurs, etc. ; il enregistra pendant près d’un demisiècle des milliers de portraits du petit peuple de Paris.

Daniel Frasnay

Après avoir été élevé par sa grand-mère maternelle d’origine tzigane roumaine, Frasnay fait son apprentissage chez le photographe portraitiste des stars de l’époque, Roger Carlet, avant de rentrer en 1945 chez Harcourt où il apprendra les subtilités du tirage argentique. C’est lors d’un séjour en sanatorium qu’il découvrira les grands écrivains : Aragon, Michaux, Artaud, Lautréamont, Eluard.... Les trois années passées à son retour comme assistant des Frères Lipnitzky lui apprennent un métier qu’il pratique bientôt en indépendant. A parti de 1952 il devient photographe des Folies Bergères, du Casino de Paris et autres grands lieux de nuit. Frasnay se situe entre deux mondes : celui des spectacles de la nuit et celui des artistes et des mystères de la création.

Gisèle Freund

Lorsque Gisèle Freund passe son baccalauréat, elle reçoit à cette occasion son premier appareil photo. Elle étudie ensuite la sociologie à l’université de Francfortsur- le-Main, adhère aux Jeunesses socialistes et manifeste contre la montée du nazisme. En 1933, avertie d’une prochaine arrestation d’étudiants, Gisèle part précipitamment pour Paris. Elle s’inscrit à la Sorbonne pour une thèse de sociologie sur la photographie en France au XIXe siècle, un sujet totalement nouveau à l’époque. Pour gagner sa vie, elle commence à photographier des écrivains qui deviendront célèbres et la rendront célèbre en retour. S’en suivront des rencontres qui marqueront à jamais sa carrière, des photographies devenues icônes, des collaborations avec les plus grands magazines (Life, Paris Match...) et agences de photographies (Magnum). En 1980, Gisèle Freund reçoit le grand prix national des Lettres pour la photographie..

Ralph Gibson

Il étudie la photographie à l’U.S. Navy avant d’ intègrer le San Francisco Art Institute en 1962 ; par la suite il devient assistant de Dorothea Lange et de Robert Franck. En 1970 est publié l’ ouvrage deveny mythique, « The Somnambulist », qui sera le premier d’une longue série. Entre réalisme et abstraction, Ralph Gibson n’a jamais cessé de penser la photographie. Il aime se dire, en français dans le texte, en formation permanente ...Présent mondialement dans plus de 150 collections publiques, il est nommé en 2002 Commandeur de L’Ordre des Arts et des Lettres de France.

Chaïm Kanner

Au début des années 80, sur le trottoir, sur les marches d’un immeuble contigu au MOMA, à New York, la chance, le hasard - ce fut bien une chance - me fit m’arrêter devant des photographies d’une qualité extrême. Vendues pour quelques dizaines de dollars, j’en achetai au photographe qui était là : grand, mince, suprêmement élégant. Nous engageâmes la conversation et Chaïm Kanner me proposa de me montrer d’autres oeuvres...(Charles Zalber). Photographe de rue par excellence, Chaïm Kanner a parcouru le monde, son appareil en poche, et saisi des instantanés. Des photos de Paris dans les années 60 au Japon des années 90, son regard aiguisé et pertinent nous renvoie vers notre propre solitude au milieu de la ville et de sa foule.

Willy Ronis

Peu intéressé par la photographie conventionnelle, Willy Ronis se passionne très tôt pour les expositions de photographies. Ses opinions politiques penchant à gauche, il photographie les manifestations ouvrières de 1934. À partir de 1936, date du décès de son père, il se consacre au reportage. Avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David « Chim » Seymour, photographes déjà célèbres. Il échangera avec les plus grands : Kertesz, Brassaï et Cartier-Bresson, mais face à la vision de ses pairs il développera une véritable originalité, marquée par l’attention portée à « l’harmonie chorale des mouvements de foule et à la joie des fêtes populaires ».

Jean Manuel Simoes

Franco-portugais, Jean Manuel Simoes a commencé sa carrière de photographe en 1988. Photographe reporter, il collabore aujourd’hui avec un grand nombre de journaux (Le Monde, Le Figaro, L’Express, Telerama, O Expresso...). En 2005, son reportage sur le périphérique parisien (36,4) est primé à Angers, en 2006, son travail sur Nicolas Sarkozy est nommé pour le prix AFP-Bendrihem.

Christer Stromholm

En 1947, tout en continuant ses études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Paris, il découvre la photographie comme moyen d’expression visuelle. En 1950, il intègre le groupe allemand Fotoform pour « la photographie subjective », dirigé par Otto Steinert et devient, en 1956, directeur artistique à l’université de Stockholm avant d’ y être nommé président de l’Ecole de Photographie en 1962. Effectuant de nombreux voyages à travers le monde, il traite au cours de sa carrière de divers sujets, qui vont des transsexuels parisiens aux personnages bibliques. En 1993, le titre de professeur lui est accordé par le département de la Culture suédois. Il achève son livre intitulé « 101 Sages paroles » en 1996 et enchaîne avec la suite, « 102 Sages paroles ». Christer Strömholm reçoit en 1997 le Prix International de Photographie de la Fondation Hasselblad.

Marseille, 1976
Marseille, 1976
© Chaim Kanner.


Informations pratiques :

Blanche et Noire est la rue
Photographies de Philippe Bonan, Renato d’Agostin, John Craven, Robert Doisneau, Daniel Frasnay, Gisèle Freund, Ralph Gibson, Chaïm Kanner, Willy Ronis, Jean Manuel Simoes et Christer Stromholm
Du 15 février 2007 au 30 mars 2007
Photo 4 (Paris, 6ème)
 


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