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Boutographies

Boutographies - Rencontres photographiques de Boutonnet - Montpellier

Rencontres photographiques de Boutonnet - Montpellier

Fondé en 2001 dans la quartier Boutonnet de Montpellier, réputé pour le charme de son paysage urbain, les Boutographies – Rencontres Photographiques de Montpellier sont aujourd’hui une manifestation engagée dans une démarche d’exposition de la photographie de création européenne. Ouvertes à toutes les thématiques et à toutes les approches, les Boutographies se veulent un espace de rencontre entre les expressions photographiques contemporaines et un large public.

Dix photographes ont été retenus. Leurs travaux témoignent de démarches à la fois personnelles et impliquées dans les débats esthétiques qui nourrissent la photographie d’expression d’aujourd’hui : rapport au document, au réel et à l’oeuvre, fonction dans la construction des identités individuelles et sociales, interrogation de nos rapports à l’autre et à l’image de l’autre.

Stéphane Bonnaric

Ceci est mon corps (Institut Marie Caizergues)

(c) Stéphane Bonnaric
© Stéphane Bonnaric

Passé la trentaine, on n’est plus jeune et pas encore vieux. Le moment de se pencher sur ce corps qui ne change pas tellement, qui semble juste se mûrir, une fois les bouleversements de l’adolescence oubliés. Il porte les marques de ce premier tiers de vie, les inquiétudes installées. Le travail de Stéphane Bonnaric se décline en plusieurs séries sur le corps. La première, Venons-en aux extrémités, est une série quasiscientifique et tout-à-fait étrange, qui montre des ongles rongés... Elle ne renie ni l’absurde ni le tragique de la situation.

Diane Ducruet

Les passagers (Maison de la Géographie)

(c) Diane Ducruet
© Diane Ducruet

Les objets n’ont ni cœur ni âme, c’est ce qu’on raconte. Pourtant dès qu’on les touche ils se transforment et racontent des histoires comme s’ils étaient chargés d’une mission spéciale. Ils fixent notre regard, se couvrent de nos bonnes intentions, deviennent des marchandises. On les voit prendre ou perdre de la valeur, allumer ou éteindre les convoitises… Un artiste de génie serait peut-être un Pygmalion à l’envers : il transformerait une personne ou une bête en objets si parfaits qu’on ne saurait plus jamais s’ils sont des êtres ou des choses…

Amira Fritz

Passé à la tondeuse (Maison de la Géographie) Les dyptiques d’Amira Fritz offrent une réflexion singulière sur la masculinité moderne. Ils font cohabiter des portraits de trentenaires solitaires, marqués par les excès d’une vie citadine où les solitudes se noient souvent dans l’illusion des mondanités quotidiennes, et les images d’une nature qui n’est littéralement plus que le souvenir d’elle-même.

Raffaella Gentile

Together (CEMEA)

(c) Raffaella Gentile
© Raffaella Gentile

Raffaella Gentile s’est approchée délicatement d’une personne de ses proches, dont les difficultés psychologiques ont justifié plusieurs hospitalisations. Ses images racontent la lutte quotidienne pour la reconnaissance de soi et pour une vie digne. Ni descriptives ni pathétiques, ces photographies instaurent la présence forte d’un personnage en quête d’identité.

Caroline Juillard

Troubles + Couples (CDDP)

(c) Caroline Juillard
© Caroline Juillard

Caroline Juillard confronte des lieux et des portraits. Lieux en attente d’une présence, corps en absence. Personnages étrangers au lieu. Histoires de rendez-vous manqués. La rencontre entre l’endroit et l’être semble impossible, condamnée à manquer de l’un ou de l’autre. Et puis des couples dont la présence de chair remplit le cadre, mais comme en une tentative désespérée de remplir l’abîme. Retournement de la fonction photographique, habituellement convoquée dans le champ de l’intime pour témoigner de la présence des êtres, et qui témoigne ici du risque imminent de leur disparition.

François Laboureix

Invasions plastiques (Théâtre du Hangar) Le plastique obstrue le paysage, dit-on. 750 années pour qu’une molécule de plastique perde définitivement son arrogance. François Laboureix installe le plastique dans le paysage et se saisit de ses possibilités de transparences, d’étirements. Le film de plastique joue avec la lumière et les textures, installe un espace étrange et beau, trouble notre perception des lieux avec des gradations de noirsblancs- gris très subtiles.

Andreas Meichsner

Arkadia (Théâtre du Hangar)


L’Arcadie grecque est le pays mythique auquel Andreas Meichsner se réfère pour interroger les conditions du bonheur telles qu’elles sont réunies dans les villages de vacance standardisés de l’Europe du Nord. Dans ces images lisses et paisibles viennent se contredire l’aspiration proclamée à un destin individuel et l’uniformité du quotidien proposé par ces lieux, pourtant consacrés à la part la plus libre de nos emplois du temps : la part des vacances.

Flora Merillon

La première note (CDDP) Les autoportraits Polaroïd de Flora Merillon montrent l’ineffable de la relation mère-enfant avant la naissance et pendant les mois qui la suivent. La transformation et la fusion des corps dans un temps suspendu et furtif.

Celsor Herrera Nunez

Transpositions (Maison de la Géographie) Les gestes que photographie Celsor Herrera Nunez se situent dans ce pli où demeure « l’inachèvement », dans cet endroit qui n’est ni début ni fin. Ses photos mettent en doute la crédulité du spectateur. Les gestes saisis dans la répétition qui les inscrit dans la réalité sont, une fois figés par la photographie, l’objet d’un glissement de sens. S’agit-il d’une mise en scène ou d’une photographie prise sur le vif ? Le geste tel qu’il apparaît désormais a-t-il réellement existé ou bien est-il d’un autre monde que le nôtre ?

Richard Petit

Cheap Land (Atelier A)

(c) Richard Petit
© Richard Petit

Les images de Richard Petit s’inscrivent dans le sillage des Becher et de l’école de Düsseldorf : frontalité, lisibilité. Simplement se placer face au monde, à la bonne distance. Distance physique, mais aussi distance par rapport à l’émotion. Tentative de trouver le juste lieu, qui fait d’un regard sur le réel un regard de sujet, non-documentaire. Les images réalisées par Richard Petit dans des lieux de sports d’hiver ne sont ni pamphlet écologiste ni glorification du règne des machines. Icônes profanes, entre sublime et dérisoire, le sacré brille par son absence. Se placer en face du monde est-il déjà une expérience mystique ?

Les partenaires


(c) Fotoleggendo
© Fotoleggendo

Informations pratiques :

Les Boutographies, 7ème édition
Photographies de Stéphane Bonnaric, Diane Ducruet, Amira Fritz, Raffaella Gentille, Caroline Juillard, François Laboureix, Andreas Meichsner, Flora Merillon, Celsor Herrera Nunez et Richard Petit
Du 2 au 10 juin 2007
Montpellier
 


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