Gérez votre site photo :
Photo : G. Gautier

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur



Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur





Votre publicité ici


Statistiques



Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur


Acheter cet ouvrage :

Voir aussi : notre boutique

1/11/06 - Par Philippe Jalabert  - 458 visites  -  Impression (PDF) 

C’était ailleurs

C'était ailleurs

Qu’il nous conduise dans la torpeur de l’Orient ou parmi les enfants des rues d’Amérique du Sud, chez les Gitans ou parmi les pêcheurs de Sicile, on devine chaque fois la présence bienveillante et vigilante d’Hans Silvester. Hans avait de la lumière à revendre, et chacune de ses photos semble baignée dans ce halo tendre et généreux. Ici, là-bas, il n’a rien volé. Jeunes et vieux, hommes et femmes, bêtes et paysages lui ont donné ce qu’il attendait avec patience : des morceaux de vie arrachés au néant, l’art de cueillir et d’accueillir. Quelque chose comme un chant mélodieux du monde.

Nous avons en main un très beau volume comme savent en produire les éditions de La Martinière. Il s’agit d’une monographie du photographe-voyageur Hans Silvester qui est né en Allemagne en 1938. Ce photographe de l’agence Rapho appartient à la même agence et à la même famille humaniste que Robert Doisneau.

Le livre, divisé en chapitres portant des noms de lieux, va décliner les voyages du photographe d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre. Sous le titre de chaque chapitre, nous lisons une courte introduction au voyage, rédigée par l’écrivain Eric Fottorino, qui a su se montrer à la fois discret, modeste et efficace en donnant quelques pistes qui présentent les conditions de voyage et de prise de vue du photographe, et ceci de sa plume souple, agréable, légère et souvent imagée. Eric Fottorino a sans doute beaucoup écouté Hans Silvester lui raconter ses périples et en profite pour égrainer quelques anecdotes au fil de l’ouvrage. A la lecture, on a réellement la sensation qu’il s’est imprégné des paroles de Silvester avant d’écrire son texte. Au terme de chaque introduction écrite, une série de photographies en noir et blanc somptueuses, la majorité du temps, pleine page, est présentée et l’impression de ces images est d’une grande qualité. Aucune photographie n’est immédiatement légendée : tous les textes, dates et localisations sont renvoyés à la fin de l’ouvrage, ce qui donne un statut certain à tous ces documents d’auteur reproduits dans le livre : nous sommes bien dans la photographie d’art et non dans le reportage.


Le livre s’ouvre sur un voyage à Jérusalem que le photographe a entrepris en 1957 et va se clore sur un périple à travers l’Europe entière. Entre temps, Hans Silvester nous aura montré de très belles images du Japon, d’Amérique du Sud, des Balkans, d’Egypte, de Tunisie, des Etats-Unis, de Hong-Kong mais également de certaines villes de France traversées par les Tsiganes comme Lunéville ou les Saintes-Marie-de-la-Mer. Une sorte de fil rouge traverse ces voyages, c’est l’itinéraire des Gitans qui seront souvent représentés dans ce livre.
Le regard que porte le photographe sur ces populations déshéritées qu’il a su approcher sûrement très progressivement et qu’il a suivies à travers le monde est chargé d’humanisme, de chaleur et parfois de compassion. Les images sont généreuses et la vie déborde de tous les côtés. Silvester éprouve une empathie pour ses sujets et sait faire preuve d’un grand respect de l’Autre.
Cette recherche du monde des Tsiganes va le mener un peu partout et lui faire rencontrer des groupes humains dont il va témoigner de l’existence et, de ce point de vue, l’épisode de son voyage en Grande-Bretagne est exemplaire : partant à la recherche des "Gitans blonds" qui ont accosté là-bas vers 1430 (et qui se sont si bien acclimatés qu’ils se sont fondus dans la population), Silvester va rencontrer d’autres déshérités, mais contemporains cette fois, vivant dans la misère et la désolation des villes comme Glasgow, touchée par la fermeture massive des usines textiles. Les photographies sont saisissantes et l’on sent le photographe surpris par une misère qu’il n’attendait pas.


La manière de témoigner ou d’exposer cette misère est en revanche parfois discutable. L’oeil du photographe est souvent esthétisant. On est le plus souvent dans le sentiment. La pauvreté est là, mais les individus photographiés sont souriants. Les enfants en guenilles, livrés à eux-mêmes dans les centres urbains d’Amérique du Sud sont traités comme des compositions, et la description des petits riens, de la vie quotidienne de ces gens simples ou pauvres nous ramène à cette conception du monde mise en scène en 1955, à l’époque de la grande exposition de photographies historiquement importante qui était intitulée "The Family of Man" et qui laissait penser que tous les Hommes faisaient partie d’une même et grande famille. Des thèmes vont en effet réapparaître d’un continent à l’autre : les enfants (le rire des enfants, leur "candeur"...), la famille, la misère (immense, intolérable comme en Inde ou au Pérou), le travail (la peine, le labeur, les petits métiers), la Terre (les paysans), les croyances, le folklore, les saisons, les animaux, le passé, les racines, les mélanges humains (melting-pot des Etats-Unis ou du Brésil), les valeurs, la nostalgie, etc.


Hans Silvester est un grand photographe. Son oeil et sa relation au monde sont généreux et sa photographie, dont l’esthétique est à mettre en relation avec une certaine époque, est très classique. La reproduction des tirages en noir et blanc est d’une grande qualité, la mise en page est soignée et ce livre est donc trés agréable à feuilleter.


Informations pratiques, notation et achat :

Parution : oct 2006
ISBN : 2-7324-3336-5
Format : 30 x 4 x 29cm, relié
Nombre de pages : 299 pages
Prix : 44 euros
Nos appréciations :
Sujet : 4/5
Photos, impression : 5/5
Textes : 4/5
Esthétisme : 4/5
 


En savoir plus sur :



Participer :


  Donnez votre avis sur cet ouvrage (forum)
  Devenez chroniqueur (rub. livres)
Enregistrer au format PDF  Enregistrez / imprimez cet article (PDF)
A la une :

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur



Chercher un photographe professionnel :

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur


Photographes :
inscrivez-vous ici
(service payant)


      Choisir un photographeRetour en haut ^