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Capa, connu et inconnu
Pour le 50ème anniversaire de sa mort et dans le cadre du mois de la photo, débute aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale de France une grande exposition à la mémoire de Robert Capa. Né à Budapest le 22 ocobre 1913 sous le nom d’Endre Friedmann, Capa fut l’un des pères du photojournalisme, reconnu comme un des plus grands photographes de guerre, il fut une véritable légende de son vivant. L’expo est baptisée Capa, connu et inconnu, car elle propose à la fois les images qui ont fait le tour du monde lorsque Robert Capa a couvert pas moins de 5 guerres, quelques travaux plus intimes et des documents biographiques (portraits, témoignages et objets personnels). Surtout, elle offre un panorama qui, bien que ne se voulant pas exhaustif, apparait pourtant comme un panorama extrêmement large, au travers de photographies issues de collections privées (Roger Thérond, Bertrand Matussière, le musée Picasso), de fonds de la BnF et de la bibliothèque de la ville de Paris. Egalement des "vintage" : une cinquantaine d’ouvrages, albums photos, fascicules et publications de presse d’époque viennent compléter les quelques 300 photographies exposées. Une petite salle est également consacrée à sa biographie avec portraits et témoignages audio/vidéo.
Comme le veut la profession du photojournaliste, la carrière de Capa est intimement liée à l’actualité et plus précisément aux conflits que celui-ci fut amené à couvrir. Plusieurs fois en exil, car triplement suspect comme juif, immigré, et connu pour ses activités de gauche, son parcours passera par la France, un pays qu’il affectionne particulièrement, mais qu’il quittera pour rejoindre sa famille aux Etats-Unis où il acquiert la nationnalité américaine. Avant de revenir débarquer sur les côtes normandes avec la première vague du 116ème à Omaha Beach en 44. Il fait à cette occasion partie des 6 photographes envoyés par Life, et à cause d’une malheureuse erreur de manipulation au laboratoire, sur ses 4 films, seules 11 images pourront être sauvées (photo ci-dessous), lesquelles resteront dans l’histoire comme les photos de guerre les plus boulversantes jamais prises.
Avant cela, Capa couvrira l’avant guerre, de 1932 à 1939, à l’époque où il est l’assistant de Simon Guttmann, et qu’il est envoyé à Copenhague pour photographier Trotsky. C’est à cette époque, en 1933, qu’il se rend à Paris, dans le quartier Montparnasse, où il deviendra vite l’ami de David Szymin (Seymour) dit "Chim", réfugié juif polonais, qui travaillait pour l’hebdomadaire communiste Regards, et de Cartier Bresson. Ces trois là formaient un trio qui répondait au nom des "Trois mousquetaires" et leur complicité donnera naissance à la célèbre agence Magnum. C’est à ce moment (en 1934) que Robert Capa rencontre Gerda Pohorylle, une réfuigiée juive allemande d’origine polonaise, aux opinions très marquées à gauche comme lui. Robert Capa restera profondément affecté par la mort de celle qui était sa compagne mais aussi son agent, et qu’il avait initiée à la prise de vue. Cette dernière tombe le 25 juin 1937 pendant qu’elle suivait les violents combats de Brunete, à l’ouest de Madrid, pour le journal Ce soir, et restera comme la première femme photographe morte au combat.
Capa est envoyé en Espagne quelques jours seulement après que la guerre éclata le 17 juillet 1936, avec Taro, et signe la célèbre photographie du milicien espagnaol frappé par une balle qui, bien qu’elle soit hautement controversée, est à l’origine du mythe Capa (image ci-dessous). En espagne, le parcours de Capa croise celui d’Hemingway, lorsque celui-ci écrit Pour qui sonne le glas. La couverture de la guerre civile espagnole par Capa se fit en deux temps, avant et après la mort de Gerda, avec au milieu un détour par la Chine, où il immortalise l’invasion japonaise. Une fois encore, ses images émeuvent l’opinion. A cette époque, le Japon étant l’allié de l’Allemagne, la guerre en Chine est considérée par beaucoup comme le front oriental d’une lutte internationale contre le fascisme, dont l’Espagne constituait le front occidental.
La période d’après-guerre couverte par Capa se situe en Russie et en Israël et sa carrière s’arrête en Indochine, où il saute sur une mine le 25 Mais 54 à 40 ans seulement après la capitulation de Diên Biên Phû. Capa restera dans les coeurs pour sa fougue et sa témérité, un engouement qui se manifeste aussi bien lorsqu’il effectue ses reportages sur les conflits armés que lorsqu’il suit le Tour de France en 1939 à l’arrière d’une moto pour le compte de Match et de Paris Soir. Mais il s’intéresse aussi à ce qui se passe en marge de l’action. On retiendra la compassion dont il a fera preuve à l’égard des combattants et des populations civiles.
L’exposition est installée jusqu’au 31 décembre 2004 dans la galerie de photographie de la BnF, site Richelieu. Une très belle salle toute en longueur, dotée d’un éclairage tamisé, et dont on regrettera simplement que les inscriptions murales (légendes des images) soient placées si bas (sans doute en prévision des groupes scolaires), mais surtout soient si peu lisibles. L’exposition est placée sous la direction de Laure Beaumont-Maillet, directeur du département des Estampes et de la photographie de la BnF, et Françoise Denoyelle, professeure des Universités à l’Ecole normale supérieure Louis-Lumière. La scénographie est signée Véronique Dolfus. Partenaire : le mécénat Louis Roeder.
Autour de l’exposition, se dérouleront des colloques, Capa, l’homme et l’oeuvre, le mardi 16 novembre 2004 de 14h30 à 18h et Le Photojournalisme, mercredi 17 novembre 2004 de 9h30 à 18h site François Mitterand, quai François Mauriac, Paris XIIIéme (petit auditorium, hall Est, entrée libre). Intervenants : les commissaires de l’exposition, ainsi que Bertrand Eveno, (AFP), Alain Genestar (Paris-Match), Jean-François Leroy (Visa pour l’Image), Alain Mingam (consultant média), Herbert Molderings (historien d’art), Richard Whelan (biographe de Capa) et John G. Morris (ancien directeur de la photo de Life magazine).
Egalement un ouvrage de 250 pages aux Editions de la Bibliothèque Nationale de France, sous la direction de Laure Beaumont-Maillet, par les auteurs suivants : Sandrine Bula, Françoise Denoyelle, Thierry Grillet et Michel Lefebvre. Il sera présenté sur notre site par Didier Gualeni. De nombreux autres livres sont consacrés à l’oeuvre de Capa, dont le récent D-Day aux Editions Point de vues.





BnF, département des Estampes et de la photographie




BnF, département des Estampes et de la photographie

Informations pratiques :
Capa, connu et inconnuBibliothèque National de France
Site Richelieu
58 rue de rue Richelieu
75002 Paris
du 6 octobre au 31 décembre 2004
En savoir plus sur :
- Robert capa Photographe
- Bibliothèque Nationale de France - Site Richelieu - Bnf Lieu d’expo
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