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Exposition photo

Cinquante ans de poésie photographique

Cinquante ans de poésie photographique

Lucien Clergue est le premier photographe à avoir été élu à l’Académie des Beaux-Arts. Les Editions de la Martinière publient une monographie consacrée aux photos de Lucien Clergue sous le titre Lucien Clergue, texte de Gabriel Bauret.

Né en 1934 à Arles Lucien Clergue a marqué l’histoire de la photographie du XXe siècle. En 1961 une exposition au Museum of Modern Art de New York consacre son talent. Depuis des centaines d’expositions à travers le monde ont révélé ses photographies. Ses œuvres figurent dans les plus grands musées. En 1969, il fonde à Arles avec ses amis, l’écrivain Michel Tournier et le conservateur du Musée Réattu, Jean-Maurice Rouquette, les "Rencontres Internationales de la Photographie".

Le regard de Lucien Clergue est dès son adolescence aiguisé par les épreuves de la vie. Tel Orphée remontant des enfers, Lucien Clergue a d’abord apprivoisé la mort avant de célébrer la vie. Dès les années 50 il enregistre les stigmates de la guerre présentes dans sa ville natale à travers des clichés de ruines. Les gitans qu’il côtoie et avec lesquels il partage son amour de la musique et les scènes de tauromachie auxquelles il assiste régulièrement nourrissent les mythes issus de son regard poétique et tragique.

Jean Cocteau et le Sphinx dansLe Testament d'Orphée, les Baux de Provence
Jean Cocteau et le Sphinx dansLe Testament d’Orphée, les Baux de Provence
© Lucien Clergue

Il cherche à travers la photo des correspondances avec l’univers des peintres et des poètes qu’il aime et avec qui il se lie d’amitié. Max Ernst fut le premier acheteur de ses photos de Charognes. En 1955, il crée sa première grande œuvre, Les Saltimbanques inspirée par le roman d’Alain Fournier Le Grand-Meaulnes, par la période rose de Picasso et par la Grande Parade de Fernand Léger, dans laquelle des enfants sont mis en scène habillés en arlequins. Les clichés d’Arlequin ont conduit à la notion de poésie photographique par opposition à la photographie documentaire. C’est dans ce contexte qu’il se lie d’amitié avec Picasso, qui enthousiasmé par son travail, l’encourage fortement et devient le modèle d’une série de portraits qui deviendront célèbres à travers le monde.

Poussé par la passion, par les mots de Picasso… je suis devenu photographe. Lucien Clergue

 

Picasso introduit Clergue auprès de Jean Cocteau avec lequel il noue une relation d’amitié jusqu’à la mort de ce dernier en 1963. Il participe au film de Cocteau Le Testament d’Orphée et illustre de ses photos Corps mémorable un recueil de poèmes de Paul Eluard, dont Cocteau écrit la préface et Picasso dessine la couverture.

À partir de 1956 Clergue passe des ténèbres à la lumière, et commence sa série de nus féminins, symboles d’amour et de vie. Après la Naissance de Vénus (1965) viennent les Nus dans la forêt (1970) et les Nus dans la ville (Paris, New York 1975) qu’il envisage comme une trilogie mythologique. Le corps se confond avec le paysage pour devenir partie intégrante d’un même ensemble où les éléments naturels se mêlent à la chair.

Le paysage en tant que berceau du vivant s’exprime aussi à travers ses séries sur les sables et leurs empreintes qui sont pour Clergue les traces d’un langage vivant comparable à l’écriture. En 1980 ses photos de sable sont publiées dans un ouvrage intitulé Langage des sables avec une préface de Roland Barthes. À travers les sables et les paysages de Camargue, Clergue rend visible l’invisible et développe son langage plastique aux frontières de l’abstraction.

Nu zébré, New York
Nu zébré, New York
© Lucien Clergue

En 1990 Clergue commence les Surimpressions, une série de photos qui superposent sur la même pellicule des prises de vues de nus avec des prises de vues de tableaux classiques qu’il photographie sur les cimaises des musées. Cette série célébrée par l’écrivain Arrabal élève le profane au rang de sacré et fait correspondre ses sujets aux grands mythes de l’humanité. La frontière entre peinture et photographie s’abolit en rendant un ultime hommage à l’Art.

<b>Les montreurs de singes, rue Genive, Arles</b><br />(c) Lucien Clergue
Les montreurs de singes, rue Genive, Arles
© Lucien Clergue
<b>Nu ornithologiaque, Arles - Louvre</b><br />(c) Lucien Clergue
Nu ornithologiaque, Arles - Louvre
© Lucien Clergue

Informations pratiques :

Cinquante ans de poésie photographique
Photographies de Lucien Clergue
Du 10 octobre au 1er décembre 2007
Galerie Patrice Trigano (Paris 6ème)
Entrée libre
 


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