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Collections années 50

Collections années 50

Emblématiques de la photographie de mode de l’après seconde guerre mondiale, témoins privilégiés de l’effervescence retrouvée dans les années 50, Georges Dambier et les frères Séeberger ont formidablement enrichi et renouvelé ce genre photographique. Jean et Albert Séeberger sont les héritiers d’une grande dynastie de photographes, déjà spécialisés dans la mode après la première guerre mondiale. Georges Dambier traduira tout au long de sa carrière, son goût de la vie parisienne et de ses facéties à travers ses clichés. Personnalités des arts et du spectacle, mannequins fétiches des grands couturiers furent leurs principaux modèles. On retrouve Cocteau et Colette au même titre que Fernandel et les égéries de la haute couture sous le regard stylé des trois photographes. Les poses sont distinguées mais naturelles, parfois drôles et surtout on invente des saynètes, on joue une histoire, bien loin du style figé et guindé des grands studios de l’avant-guerre. D’une rare élégance et d’une grande modernité, cette soixantaine de clichés dresse le portrait d’une époque décidée à oublier les horreurs de la guerre et irrémédiablement réconciliée avec le glamour et le rêve. Cette décennie optimiste, à l’égal des années 20, fut une source formidable d’inspiration pour ces grands photographes qui ont su en restituer tout le charme. Les photographies de Georges Dambier et des frères Séeberger nous convient donc cet été à un voyage dans le temps et l’histoire de la mode, tout autant qu’à une rencontre avec l’histoire de la photographie.

Georges Dambier

Né à Paris en 1925, Georges Dambier est pendant la Guerre, l’élève du célèbre peintre et affichiste Paul Colin qui lui enseigne le graphisme et lui donne le goût de la décoration, de la mode, des jolies femmes et de la vie parisienne. Après la Libération, il devient l’assistant de Willy Rizzo, photographe de talent auprès duquel il découvre un nouvel art, dont il apprend bientôt à maîtriser les subtilités et plus particulièrement l’utilisation de la lumière.

Dans le Paris de l’après-guerre, âgé de 20 ans, Georges Dambier photographie la vie nocturne et les réjouissances mondaines désormais en pleine explosion et se fait le témoin de la vie du « Tout-Paris », ses célébrités, ses lieux à la mode, ses fêtes brillantes.

Des clichés de Rita Hayworth négociés contre une place permanente de reporterphotographe à France Dimanche vont lancer sa carrière professionnelle. Bien que passionné par l’actualité, le jeune photographe préfère néanmoins capter le glamour, et saisir la vie dans tout son éclat, son raffinement. Son goût du graphisme et sa capacité à restituer la réalité avec une rare élégance le mènent à la photo de mode. En 1952, il est remarqué par Hélène Lazareff, fondatrice de Elle, qui lui donne sa chance et publie son premier reportage de mode. C’est avec son accord et son soutien qu’il lance le concept avant-gardiste de « touriste-photographe ». Il s’agit de partir avec une équipe complète (mannequins, rédactrice de mode, coiffeur, styliste…) pour photographier des modèles de Haute Couture dans des lieux de villégiature tels que l’Italie, le Maroc, la Corse, la Yougoslavie, le Brésil. Georges Dambier saisit des femmes vêtues de robes magnifiques dans un cadre original : au milieu du désert, dans un marché de village, sur un bateau et surtout dans l’agitation de ce Paris qu’il adore. Il est l’un des premiers en France à faire sortir les modèles des studios et il n’hésite pas à libérer les mannequins des poses figées et des attitudes stéréotypées, en défendant néanmoins une exécution exigeante.

(c) Georges Dambier
© Georges Dambier

Au début des années 50, Georges Dambier ouvre son propre studio. Indépendant, il travaille toujours pour Elle mais aussi pour les principaux magazines de mode ( Vogue, Marie France…). Il collabore avec Françoise Giroud et Christiane Collange aux pages féminines de l’Express et enchaîne les grandes campagnes de publicité pour Havas ou Publicis et les contrats avec de grandes marques telles que l’Oréal, ou Carita. Il réalise également des affiches de spectacles et des pochettes de disques et tout le show-business des années 60 passe ainsi devant son objectif, de Charles Aznavour à Sacha Distel, mais aussi Catherine Deneuve et Françoise Dorléac et beaucoup d’autres encore.

En 1964, Georges Dambier se lance dans un projet très personnel et crée TWENTY, mensuel destiné aux jeunes et dédié à la mode et à la culture mais cette aventure ambitieuse ne durera que deux ans. Son ami Maurice Siegel fait appel à lui en 1976 et ils créent ensemble VSD pour lequel Georges Dambier se voit confier la direction artistique et réalise le fameux logo.

A la fin des années 80, Georges Dambier abandonne la presse et rejoint sa maison de famille dans la Périgord pour en faire un hôtel de charme et donner libre court à sa passion de la décoration.

Les frères Seeberger

La première génération des frères Séeberger photographie au début du siècle. Ils sont trois fils d’un père d’origine bavaroise et d’une mère française, installés à Lyon puis à Paris : Jules, Louis et Henri. A la différence d’autres photographes du XIXème siècle qui opéraient essentiellement en studio, les Séeberger ont pris le parti de travailler en extérieur et de se consacrer à la société de leur époque, fournissant notamment aux éditeurs de cartes postales une importante documentation composée de ce que l’on pourrait appeler des scènes de genre. L’entente étroite entre les trois frères restera sans faille tout au long de leur carrière et se répercutera sur leurs descendants, Jean et Albert.

En 1940, Jean (1910-1979) et Albert (1914-1999), fils de Louis entrent donc à leur tour dans le métier et reprennent le studio familial, perpétuant ainsi une dynastie de photographes qui aura quasiment couvert le siècle. Ils relancent un nouveau Séeberger Fréres, rue de Chabrol à Paris. Les débuts sont difficiles. C’est en photographiant l’organiste Maurice Duruflé aux claviers de l’orgue de Chaillot, qu’une chance leur est donnée avec la première parution de l’une de leurs photographies dans « l’ Illustration ». Elle marquera le début d’une longue série. L’activité se développe et leur permet de s’installer dans des studios plus vastes, boulevard Malesherbes.

Dans la tradition de leurs aînés, Paris reste le sujet de prédilection des deux frères qui photographient le Paris occupé puis celui de la Libération, celui de la mode et des personnalités. Pour la presse, ils saisissent dans leurs intérieurs des peintres, des sculpteurs, des écrivains, des décorateurs : Utrillo, Van Dongen, Cocteau, Colette…De 1942 à 1950, ils reçoivent du Théâtre National de Paris, puis de l’Opéra, des commandes de reportages sur toutes les créations et reprises de spectacles.

Marie Hélène et le poisson rouge (c) Georges Dambier
Marie Hélène et le poisson rouge
© Georges Dambier

Mais avant tout, ils participent à l’évolution de la photo de mode, qui avant 1945 consistait plutôt en des reportages sur le vif autour d’évènements mondains où se mêlaient indifféremment élégantes de la haute société et mannequins des grands couturiers et prend une autre forme après la guerre, avec des séances de prises de vue en studio ou en extérieur, avec des mannequins choisis et des vêtements prêtés en fonction des commandes. Dans les années 1950, ces photographes de l’élégance que sont Jean et Albert Séeberger comptent parmi les virtuoses de l’instant de mode.

En 1975, la Bibliothèque Nationale entra en contact avec Jean et Albert Séeberger. Les deux frères étaient alors en train de mettre fin à une entreprise qui avait débuté en 1909. De cette spécialité familiale, la photographie de mode, subsistaient alors 60 000 négatifs et leurs tirages. Soucieux que cet ensemble ne soit ni perdu, ni dispersé, ils s’entendirent avec l’institution qui fit ainsi l’acquisition d’un ensemble considérable et en tous points précieux. La Bibliothèque acquit les 35 000 négatifs et tirages de la période 1909-1939 en 1975 et reçut en don, en 1977, les 25 000 négatifs et contacts de la période 1941-1975.


Informations pratiques :

Collections années 50
Photographies de Georges Dambier et des frères Séeberger
Du 5 juillet au 2 septembre 2007
Collégiale Notre Dame et Centre Culturel Riberac
 


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