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Par JP. Houdry
1/07/05 1462 visites Impression (PDF) |
Livre photo beau livre, pratique, art de vivre
Photographies

Comment tirer partie en photographie de son goût pour le paysage ? C’est la question - la grande question, la nôtre aussi à tous - que se pose le cinéaste iranien bien connu Abbas Kiarostami ("Où est la maison de mon ami ?", "Au travers des oliviers", "Le goût de la cerise" Palme d’Or au festival de Cannes 1997).
Ce cinéaste des plans lents et des plans séquence est amoureux des paysages de son pays et il note les points communs entre peinture, photographie et cinéma dans son interview avec Michel Ciment de Positif. C’est en cherchant ses décors de films qu’il photographie les paysages rencontrés. Son amour pour la nature le pousse à enregistrer à travers le viseur les éléments constitutifs de la nature et qui font la composition d’un paysage. Le graphisme de Kiarostami fait que ses cadrages ont un côté minimaliste. La photo servant d’affiche pour le film "Le goût de la cerise" - un arbre solitaire - reste dans les mémoires en tant qu’élément imprimé une fois pour toutes dans l’éternité. L’émotion venant de la contemplation pousse l’auteur à choisir une image où la couleur, la lumière deviennent déterminantes pour sa beauté intrinsèque. La photographie - une image finalisée - a ce caractère unique, pulsionnel, esthétique et universel. Avant de devenir cinéaste et photographe, Kiarostami a fait de la peinture et du graphisme, et c’est pourquoi la géométrie et l’art de la proportion sont évidents dans ses prises de vues. Il distribue en "grand ordinateur" la proportion entre le ciel et la terre, faisant varier la domination du ciel sur la terre, ou l’inverse. Ses photographies sont en général plus un travail sur l’espace que sur des points précis du paysage, travail où la lumière prend un pouvoir immense.
Sachant que Kiarostami évite les couleurs crues du printemps - jugées trop faciles à son goût - les teintes automnales et hivernales apporteront leur part de mystère. Le ciel souvent chargé des nuages lourds accentuant la force et la magie du lieu.
Si quelques photographies peuvent apparaître comme un peu trop réalistes, les autres images - toujours allongées - offrent déjà en soi une vision "panoramique", prélude ou sacralisation du regard horizontal du cinéma. Les couleurs ocres, grises, vert un peu éteint mêlées parfois à une sorte de granulation sont comme une ode à une certaine forme de pictorialisme que revendique Kiarostami dans son amour contemplatif de la nature.
Ce livre pas très volumineux d’une centaine de pages - dont vingt de textes d’interview - est une invitation à connaître et à aimer les paysages montagneux de l’Iran. Aucune trace d’être humain, le vide presque total, quelques arbres esseulés, le mouvement du vent et ce goût d’infini. Le goût de la cerise.
Infos pratiques, notation et achat :
| Photographies Abbas Kiarostami Editions Hazan Parution : 01/05/2005 20 euros 1 x 23 x 15 cm broché 111 pages ISBN : 2850256730 Note sujet : 4/5 Note photos : 5/5 Note textes : 4/5 Note esthétique : 5/5 |
En savoir plus sur :
- Abbas kiarostami Photographe
- Michel ciment Auteur
- Hazan Editeur
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