Communiqué
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Danakil / Stephane Sednaoui

En choisissant de réunir pour une présentation à la Galerie 208 les travaux de photographie et de vidéo de Cyrille Danakil et Stéphane Sednaoui, Patricia Chicheportiche offre peut-être à son public l’occasion d’une rencontre exemplaire. Si rien ne rassemble à priori leurs démarches, il y a cependant ceci de frappant au vu de leurs travaux, qu’ils proposent tous deux un regard expérimental, non sur la femme, mais sur une ou des femmes, ou pour mieux dire : sur des corps de femmes. Avec pour tous deux une même interrogation : que peuvent ces corps ? De quoi sont-ils capables qui étonne et captive ?
On se souviendra à cette occasion, que de la question : que peut un corps ? Spinoza avait fait la question éthique par excellence. Et qu’il appartient au philosophe contemporain Gilles Deleuze d’en avoir repris la flèche et de l’avoir portée plus avant. Apportant une précision extraordinaire d’évidence à sa formulation en avançant qu’au niveau des êtres humains, la question ne saurait être posée que sous la forme complétée : que peut un corps de femme ? C’est, on l’aura compris, que la question est celle des devenirs. Ce que peut un corps, ce sont en effet les devenirs dont il est capable. Et, dès lors, ce en quoi il est fécond. Etant entendu que la fécondité est la qualité féminine par excellence, et qu’il y a deux grandes manières pour un corps d’être fécond. Enfanter, c’est à dire (se) reproduire, et faire revenir la forme du même. Mais aussi, muter, devenir. C’est-à-dire faire advenir l’autre, la différence.
Sednaoui autant que Danakil se rangent parmi ceux dont le regard est d’abord attentif à cette dernière forme de la fécondité. Regardant une femme, la question qui leur vient n’est pas de savoir si elle ferait un bon objet apte à la reproduction sexuelle ou, aussi bien, sociale. Mais, plutôt, interrogeant son corps, d’en ausculter les puissances et de s’engager en sa compagnie sur les chemins qu’il ouvre à des intensités et des désirs inouïs.
Danakil et Stéphane Sednaoui scrutent les plus belles chairs comme autant de motifs d’angoisse et de rêve. Leurs rencontres avec l’être géométrique mystérieux que révèle leurs courbes et saillants portent une puissance d’envoûtement. Le désespoir de ceux qui ont tout, Nous serons les derniers, Acqua Natasa, Anthroposexomorphic : à partir d’approches formelles tranchées, les deux artistes expriment la part maudite du désir dans des oeuvres qui laissent sourdre une animalité plastique. Robert Albouker



Informations pratiques :
Photographies de Cyrille Danakil et Stéphane SednaouiGalerie 208 Chicheportiche (Paris, 7ème)
Du 24 Janvier au 17 Mars 2008
Entrée libre
Vernissage le 24 janvier 2008
En savoir plus sur :
- Cyrille danakil Photographe
- Stéphane sednaoui Photographe
- Galerie 208 Chicheportiche Lieu d’expo
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