Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Agenda Expositions :
(actuellement 45)
Prochains vernissages >>
Autres événements >>
Stages - Formations >>
Communiqué
- 563 visites
- Impression (PDF)
D’un regard à l’autre

Une histoire des regards européens sur l’Afrique, l’Amérique
Le musée du quai Branly présente, du 19 septembre 2006 au 21 janvier 2007, sa première grande exposition temporaire d’envergure internationale dans la Galerie jardin (2000 m2), D’un regard l’Autre. Conçue par Yves Le Fur, commissaire de l’exposition et directeur adjoint du département Patrimoine et Collections, l’exposition est consacrée aux visions et aux sensibilités successives portées par les Européens sur les cultures découvertes par voie de mer en Afrique et Amérique d’abord (depuis le XV e siècle) puis en Océanie (à partir du XVIII e siècle). Plutôt qu’un retour vers le passé, l’exposition marque un point de départ. Ainsi, depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui, les « Idoles des Sauvages », « instruments des naturels », « fétiches primitifs », « sculptures nègres » ou « arts premiers » furent les témoins des goûts, révélateurs des réflexions sur l’altérité.
Une problématique fondatrice
Le musée du quai Branly présente non seulement des oeuvres d’autres cultures témoignant des premiers contacts avec l’Europe, mais aussi des oeuvres européennes au milieu desquelles ces « autres » oeuvres furent exposées. L’exposition montre ainsi, en une suite de contextes singuliers, comment les regards européens ont progressivement admis d’autres créations, passant, par exemple, de la curiosité émerveillée aux classements systématiques, des errances évolutionnistes aux images de l’Universel.
D’une époque à l’autre, « d’un regard l’Autre », certains thèmes perdurent, d’autres se perdent, esquissent des permanences, instaurent des modes. Dans les institutions, de grandes ambitions théoriques s’affirment alors que de discrètes résonances se transmettent dans l’intimité des collections particulières. Articulée en 5 grandes séquences, l’exposition souligne donc les changements de lieux sociaux, de publics, de discours, de voisinage, de manières de montrer : « Théâtre du monde » (1450 - 1700), « Histoires naturelles du monde » (1760 - 1800), « Spécimens ou le grand herbier du monde » (1800 - 1850), « Sciences des peuples, invention de l’humanité » (1850 - 1920), « Mutations esthétiques » (1900 - 2006).
Des pièces exceptionnelles témoignant de la richesse des échanges
Soit près de 1400 oeuvres et objets, curiosités et merveilles, sculptures et objets rituels, gravures, dessins et peintures, photographies et documents, pour une grande partie prêtés par de grands musées européens, afin d’instaurer un dialogue inédit entre le visiteur et cette réflexion sur les nouveaux regards successifs portés, à travers le temps, par les occidentaux sur l’Autre. Au fil du parcours, le visiteur va ainsi rencontrer la Nef de Charles-Quint, trésor du musée d’Ecouen, les portraits d’indiens du Brésil peints en 1637 pour le palais du prince de Nassau, un masque précolombien en turquoise monté par les Médicis, des ivoires afro portugais du XVIe siècle, un costume de deuilleur de Tahiti rapporté par le capitaine Cook, un trophée d’armes de près de 600 pièces, un remarquable ensemble d’une centaine de photographies dites « ethnographiques » du XIXe siècle, La charmeuse de serpent du Douanier Rousseau, des objets africains et océaniens acquis par Picasso et ses amis vers 1906 et les pièces de grands marchands comme Paul Guillaume dans les années 30, Noire et Blanche de Man Ray, des exemples d’art colonial jusqu’à la question du chefd’oeuvre universel.
La pertinence de l’exposition tient à cette profondeur historique permettant d’inscrire ces objets dans une histoire de l’art élargie. « D’un regard l’Autre » restitue ainsi la volonté de mettre en perspective une réflexion originale sur l’altérité, problématique située au coeur des fondamentaux du musée du quai Branly.
L’exposition D’un regard l’Autre évoque les différentes approches des mondes non occidentaux par les Européens depuis la Renaissance jusqu’à aujourd’hui. L’ampleur de la période ne permet évidemment pas d’être exhaustif. L’exposition concerne donc les cultures découvertes par voie de mer principalement : l’Afrique et l’Amérique, d’abord (depuis le XVe siècle), puis l’Océanie au XVIIIe siècle. Ce parti pris ne traite donc pas l’immense domaine de l’Orient et de l’Asie, ni de la Méditerranée, cultures avec lesquelles le point de contact avec l’Occident avait été réalisé depuis fort longtemps déjà au moment où les premières grandes campagnes d’explorations maritimes furent lancées. L’exposition met aussi l’accent sur la question de la distance et du rapprochement, éloignement et franchissement tant physique que conceptuel dont les variations forment sa « respiration », son rythme profond.
La prise en compte de ce temps long a conduit à distinguer un certain nombre de thématiques autour de grands repères chronologiques. Ces thématiques évoquent les différents contextes dans lesquels les objets exotiques ont été disposés. Il ne s’agit donc pas de parler de différentes cultures en soi mais d’évoquer les diverses manières de les voir au sein d’une succession de configurations culturelles occidentales.
Ces dispositifs ont pour but de faire apparaître pour le public des invariants propres à notre culture dans sa manière d’aborder les autres. Mais au lieu de les annoncer d’emblée (de manière autoritaire et sans doute arbitraire) la conduite de l’exposition vise à les faire naître dans l’esprit de chacun et selon chacun. Différents moyens sont mis en oeuvre comme :
la réitération dans les collections du choix de certains types d’objets (les armes, les statuettes),
le retour périodique de certains thèmes (le Sauvage, l’Eden),
les permanences (images de l’Autre)
L’originalité de l’exposition tiendra à cet entrelacement de vues qui, faisant appel à la mémoire et à l’expérience visuelle de chacun, mettra en oeuvre un processus de remémoration et d’intime participation. Le choix scénographique est en ce sens primordial.
Cette expérience devrait avoir pour conséquence de susciter une réflexivité, de mettre en oeuvre une relativité du regard occidental sur les autres.
Ce n’est pas cependant l’occasion de jugements sur l’Histoire imposés par des présupposés idéologiques. Aucun moment n’est moqué si ce n’est constaté comme la lutte contre l’esclavage par exemple ou les théories anthropologiques racistes. En s’appuyant principalement sur la richesse des collections du musée du quai Branly et de nombreux prêts prestigieux de musées européens, l’exposition considère la spécificité de la formation de ces collections au cours de trois siècles. Le défi du nombre important d’objets laisse apercevoir une multiplicité de vues possibles et nouvelles sur ces oeuvres au-delà des approches ethnographiques et esthétiques. En complément, l’intervention de programmes multimédias participe de cette mise en abyme d’une fécondité de regards à inventer.
Yves Le Fur
Commissaire de l’exposition
Directeur adjoint du département Patrimoine et Collections du musée du quai Branly
L’album photographique D’un regard l’Autre Photographies XIXe siècle
L’un des points forts de l’exposition D’un regard l’Autre, est un ensemble de 120 photographies, pour la plupart inédites, issues des principales collections ethnographiques françaises, et notamment du fonds photographique du musée du quai Branly.
À travers portraits et paysages datant principalement du XIXe siècle, cet album montre comment le regard porté par l’homme occidental sur l’« Autre », qu’il vienne d’Afrique, d’Amérique ou d’Océanie, s’est modifié à travers la photographie ethnographique ; ces documents ont désormais acquis le statut d’oeuvres d’art. Ils apportent un éclairage précieux sur les représentations de l’Autre et l’approche des mondes non occidentaux par les Européens.
L’album est structuré de telle façon qu’il laisse d’abord le champ libre aux images, organisées selon les grandes parties de l’exposition (portraits, fabrication du réel, capture de l’espace...). Dans la seconde partie du livre viennent leurs « commentaires », à travers les articles de trois spécialistes, Yves Le Fur, directeur adjoint du département du patrimoine et des collections, responsable des collections permanentes au musée du quai Branly, Quentin Bajac, conservateur au musée national d’art moderne Centre Georges Pompidou, et Christine Barthe, responsable de l’unité patrimoniale des collections photographiques du musée du quai Branly ; ils y abordent tour à tour le statut de ces photographies et l’histoire dans laquelle elles s’insèrent.
Cet album inaugure une série d’ouvrages consacrés aux collections photographiques du musée du quai Branly, et il est l’occasion de la publication de photographies inédites de ce nouveau fonds.
D’un regard l’Autre : Photographies XIXe siècle
Ouvrage collectif, sous la direction d’Yves Le Fur. Textes d’Yves Le Fur, Quentin Bajac et Christine Barthe.
120 photographies pour la plupart inédites issues des principales collections ethnographiques françaises.
Coédition musée du quai Branly - Actes Sud
Format : 22 x 28 cm
Façonnage : Relié
Nombre de pages : 192
ISBN : 2 742763-90-2
Nombre d’illustration : 150
Prix : 39 euros
Parution le 1er septembre 2006
Informations pratiques :
D’un regard l’AutreUne histoire des regards européens sur l’Afrique, l’Amérique
et l’Océanie
du 19 septembre 2006 au 21 janvier 2007
Du mardi au dimanche de 10h à 18h30
Entrée réservée, dès 9h, pour les groupes
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30
Tarif plein : 8,50 euros
Tarif réduit : 6 euros (moins de 25 ans, étudiants, chercheurs du musée du quai Branly)
Gratuité : Moins de 18 ans, chômeurs, RMIstes, grands mutilés de guerre et grands handicapés civils, personnes handicapées et un accompagnateur (sur présentation d’un justificatif d’invalidité), journalistes, titulaires de la carte « culture », amis du musée, détenteurs du « Pass musée du quai Branly », membres de l’ICOM et de l’ICOMOS.
En savoir plus sur :
- Musée du Quai Branly Lieu d’expo
Participer :
Donnez votre avis sur cet événement (forum)
Devenez chroniqueur (rub. livres)


