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Communiqué
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Edouard Levé

Sous forme d’hommage au photographe disparu en octobre dernier, la galerie Loevenbruck propose de revenir sur plus de 10 ans de carrière. Les œuvres de l’artiste nous transportent dans un monde en noir et blanc, miroir d’un inconscient collectif enfoui. Entre rêve et réalité, le créateur s’interroge : quelle est la place de l’art ?
Artiste marqué par la souffrance du double et du dédoublement, il place ce trouble au cœur de son travail. D’abord très conceptuel, il met volontairement fin à une carrière de peintre abstrait (« j’ai brûlé quasiment toutes mes toiles »), et se lance dans la photographie en couleur, composée en intérieur, avec des modèles en vêtements de ville, posant sur un fond uni, souvent dans des postures en lien avec un sport ou une activité.
Ecrivain, Edouard Levé travaille une écriture sobre, dégagée du pathos, dans des livres livrés sans "mode d’emploi", où le lecteur doit reconstituer une continuité. Son dernier manuscrit, Suicide, est déposé chez son éditeur trois jours avant qu’il ne se donne la mort à 42 ans.
Le noir et blanc persiste dans la photographie contemporaine, mais généralement sous l’espèce d’un expressionnisme du reportage d’auteur. En célébrant dans son œuvre la noirceur loin de tout « geste » photographique, l’artiste nous propose des sortes de reportages en direct de l’inconscient. Un inconscient collectif que la photographie racle jusqu’à l’os, comme le théâtre antique jetait à la société un miroir noir.
Le rêve et la théâtralité : en associant les deux notions les plus disqualifiées par le prosaïsme moderne, Édouard Levé participe aux questions essentielles de l’art aujourd’hui. Fictions, par sa sévérité même contredit le courant dominant de la distraction. Ce refus de toute horizon divertissant s’appuie non sans paradoxe sur le jeu. En établissant une relation entre le langage abstrait des signes et le langage concret d’une geste social, Edouard Levé tente d’établir un passage entre rêve et réalité en produisant le théâtre de leur relation manquante : le rêve a une tout autre fonction que de faire rêver. N’était-ce pas à l’art, aujourd’hui, de nous le rappeler ?
La galerie Loevenbruck reviens sur sa dernière œuvre, Fiction. Un accrochage sobre et une lumière crue renforce l’aspect déconcertant mais profondément actuel des œuvres d’Edouard Levé.
Informations pratiques :
Edouard LevéDu 14 mars au 10 mai 2008
Galerie Loevenbruck, Paris 6ème
Entrée libre
En savoir plus sur :
- Edouard levé Photographe
- Galerie Loevenbruck Lieu d’expo
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