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Par Didier Gualeni
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En cheminant avec Gianni Berengo Gardin

Ces derniers temps, Paris met à l’honneur la photographie italienne si peu connue des français. L’exposition du Pavillon des Arts présentait, il y a encore quelques jours une très belle sélection de photos anciennes du fond Alinari sous le titre « Vu d’Italie, 1841-1941 ». Jusqu’au 30 avril 2005, à travers cent soixante cinq photos, le département des estampes de la BNF (site Richelieu) expose une partie du travail du grand photographe Italien Mario Giacomelli. La Maison Européenne de la Photographie (MEP) quand à elle rend hommage aux 50 ans de photographie de Gianni Berengo Gardin en réunissant plus de deux cent photos du maître. En 1987 le festival d’Arles organisait une rétrospective de son œuvre, en 1990 il était l’invité d’honneur du mois de la photo de Paris et pourtant son nom est inconnu du grand public.
Gianni Berengo Gardin est le Cartier-Bresson italien, comme lui il a toujours son Leïca à portée de main, il considère son appareil comme le prolongement de son œil. Sa fille s’occupe de gérer plus d’un million cent mille négatifs qui constituent son œuvre. Il a travaillé pour Olivetti, le Touring Club Italien, IBM, Fiat, Alfa Roméo et a été publié dans la presse. La photographie de Berengo Gardin est empreinte d’humanisme, d’ironie et de poésie. Admirateur de Gandhi, il met l’homme au coeur de ses photos et pose aussi un regard critique sur la société italienne.
Alessandra Mauro, la commissaire de l’exposition, a sélectionné les images les plus représentatives du travail de Berengo Gardin : Venise la ville de sa famille issue de la bourgeoisie, Milan la ville où il vit actuellement, le Paris des années cinquante, où il a appris la photographie, l’Angleterre, ses reportages sur le travail, la vie quotidienne, les femmes, la province italienne et les "subtilités". Berengo Gardin est aussi un photographe qui dénonce les hôpitaux psychiatriques, les conditions de vie des tziganes et qui a soutenu le mouvement de 1968. Il a publié deux cent livres (rééditions comprises) et a fait l’objet de plus de deux cent expositions personnelles. Ce monument de la photographie déclare sérieusement "Un photographe fait une bonne photographie par an". Un étage entier de la Mep en présente plus de deux cent et c’est un régal que de voir des images qui rayonnent d’humanité.
Deux livres à découvrir aux éditions La Martinière et Acte Sud Photopoche







Informations pratiques :
Gianni Berengo GardinDu 23 février au 4 mai
Maison européenne de la photographie
En savoir plus sur :
- Gianni berengo gardin Photographe
- MEP (Maison Européenne de la Photographie) Lieu d’expo
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