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Par Villa Noailles
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Festival international de mode et de photographie à Hyères, 2007
22ème édition
Exposition : Marc Turlan : Manque
Pour sa première exposition, Marc Turlan présentera à Hyères une série d’installations en résine : chaînes, livres et magazines. Absence ou insuffisance de ce qui serait nécessaire... N’est-ce pas ce dont veulent convaincre avec insistance les magazines, que ça nous manque, que tout cela nous manque, que cela pourrait ne plus nous manquer, et la beauté, et la jeunesse, et la richesse et l’élégance et l’amour...
Ce qui est exposé dans les magazines c’est la substitution du manque par les images. Le livre, c’est autre chose, c’est ailleurs, c’est une autre définition du manque, et c’est parfois celle qui explore notre état de manque, état d’angoisse et de souffrance. Il n’y a pas de substitution dans le livre. Il n’y a que le manque et l’écriture qui est un autre manque.
Le travail de Marc Turlan est une mise en tension, la mise en évidence de la mise en tension de ce manque-ci avec ce manque-là, de ce qui manque à ce qui manque. Et cette tension, c’est par l’oxymore, cette alliance des contraires, qu’il va l’exprimer... La force, la brutalité même, jusqu’à la tortureet aussi la douceur, et la tendresse et la fragilité et la plus grande fragilité. Manque. Il n’y a pas de dénonciation dans ce travail mais ce travail revendique la tension. En cela, c’est bien une revendication. Les personnages parés, décorés, qui sont sur les magazines portent des masques de résine blanche en coulure sur leur visage. Mais ce ne sont pas des masques. Les personnages portent des appareils, des appareillages qui les rendent anonymes, qui les rendent à l’anonymat. Et cet appareillage renvoie les personnages à leur manque et nous convoque à l’étrangeté de la représentation.
Leur manque. Notre manque. Et ce sont des appareillages du même type qui couvrent les livres, qui les enserrent, qui les fixent et qui les posent. Les mots des livres sont cachés, masqués ou bien alors tenus en respect et proposés. Si bien que l’on ne sait plus s’il s’agit d’un cache ou d’une liseuse fabriquée de résine et particulièrement agencée pour ne laisser lire que le mot qui manque, les mots que l’on pourrait manquer. La clarté la plus forte de l’oxymore se trouvera dans les chaînes. Ce sont de vraies chaînes. Mais ce sont aussi des colliers. Ce sont des chaînes... L’oeil hésite. Ce sont des colliers... On s’approche... Ni chaînes, ni colliers, ce sont des appareils, des appareils distants, fragiles, ténus... Les chaînes sont sans mots et sans images. Manque.
Dans le travail de Marc Turlan, il y a des mots, mais il n’y a pas de jeux de mots. Il y a des images mais il n’y a pas de représentation. Il n’y a aucune didactique. Il s’agit en revanche de politique,de la politique de la vie,de la politique de la perception, d’une politique artistique de la perception. Le manque. Pierre Oudart
Lieu d’exposition : Chambres de Monsieur et Madame, villa Noailles Exposition réalisée en co-production avec les Galeries Lafayette présentée au festival de Hyères puis à la Galerie des Galeries Lafayette Haussmann (novembre 2007). Avec le soutien de la manufacture nationale de Sèvres.
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