Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Agenda Expositions :
(actuellement 45)
Prochains vernissages >>
Autres événements >>
Stages - Formations >>
Par JP. Houdry
- 1334 visites
- Impression (PDF)
Foto povera 3 : du sténopé au téléphone portable

Du 4 janvier au 26 février le CPIF invite Yannick Vigouroux et Rémi Guerrin à présenter l’exposition Foto Povera 3. En s’appuyant sur l’utilisation de matériaux rudimentaires et recyclés ou en détournant le caractère prêt à consommer d’appareils photos gadget, la « Foto Povera » refuse la sophistication technologique. Parallèlement, Yannick Vigouroux co-signe avec Jean-Marie Baldner un ouvrage intitulé Les Pratiques Pauvres.
Au-delà du phénomène de mode qui a accompagné l’apparition des appareils Lomo et Holga, une nébuleuse de pratiques attestent depuis le début des années soixante-dix de la vitalité d’une photographie qui va à rebours de la perfection technologique. Appareils jetables ou en plastique, sténopé, vieilles boîtes kodak, et appareils à soufflet sont les instruments de ces pratiques pauvres. Les photographes qui les utilisent croient avant tout en la nécessité de l’incertitude, du doute comme méthode, de l’erreur comme expérience fondamentale, en la beauté d’une rencontre - volontaire ou non - avec le hasard. Ils déclenchent parfois sans viser, en prise directe avec une réalité envisagée le plus souvent comme subjective.
L’enjeu de ces pratiques est artistique autant que politique. Au Mexique, des photographes tels que Carlos Jurado ou Patricia Martin utilisent actuellement le sténopé parce que, comparé au matériel photographique traditionnel, son coût est dérisoire. De nombreux ateliers sont aussi animés dans les banlieues françaises et les pays en voie de développement, comme au Mali par l’association Camera Oscura. Apprendre aux enfants et aux adultes à photographier avec une simple boîte de conserve percée d’un trou, c’est parier qu’en s’appropriant le processus photographique, de la fabrication à la prise de vue, ils portent sur leur vie quotidienne un autre regard et trouvent leur propre distance au monde.
A la fois acteur, en tant que photographe, et historien de ce courant, j’ai souhaité, avec Remi Guerrin, montrer la vivacité actuelle et la diversité de ces pratiques relancées aujourd’hui par l’usage de la web cam et des téléphones portables ; cela en privilégiant à côté d’auteurs aussi reconnus que Bernard Plossu, Felten-Massinger, ou Corinne Mercadier, des travaux de jeunes photographes parfois inconnus dont certains ne revendiquent même pas le titre d’artiste...
Yannick Vigouroux, novembre 2005
Les photos exposées sont de : Stéphane Brochier, Sandrine Calvet, Daniel Challe, Didier Cholodnicki, Bruno Debon, Marc Donnadieu, Patrick Galais, Emma Géraud, Remi Guerrin, Carlos Jurado, Claire Lesteven, Constance Lewis, Patricia Martin, Felten-Massinger, Christophe Mauberret, Juliette Méliah, Corinne Mercadier, Catherine Merdy, Oscar Molina, Io Paschou, Olivier Péridy, Caroll’Planque, Bernard Plossu, Nancy Rexroth, Valérie Sarrouy, Marc Trivier, Yannick Vigouroux, Nancy Wilson-Pajic.
Source : CPIF
Le livre
Jean-Marie Baldner
Les pratiques pauvres : du sténopé au téléphone mobile
Éditeur : Michel Baverey (1 janvier 2005)
ISBN : 2912688477
48 photographies couleur
88 pages, broché
Format 16,5 x 22 cm
Prix : 12 euros
L’avis de Photosapiens
Foto Povera est synonyme de "photographie pauvre", c’est-à-dire faite avec des appareils photo amateurs, jetables, vieilles boîtes Kodak ou autres appareils de l’Europe de l’Est : Lomo, Holga, etc. d’une technologie rudimentaire (lentilles de médiocre qualité, mécanique rustre).
Ceci étant - et à travers le panorama des photographies présentées de photographes connus et pas connus au Centre photographique de l’Ile de France - les auteurs sont tournés vers une création plus sensorielle, plus instinctive, une création basée sur le doute, l’incertitude du résultat, la subjectivité même d’un acte photographique refusant les critères habituels de la technique photographique professionnelle. Ce qui semble intéressant avec ces pratiques pauvres relève de la poésie, du flou, du tremblé, de la pixellisation forcée, etc. Et il s’agit de traduire des impressions sans s’appesantir sur les formes habituellement reconnues que sont le cadrage, la belle lumière, le rendu optimum des nuances, la qualité des tirages et autres exigences éclairées.
A contrario d’une photographie "propre", la photographie "sale" (Foto Povera) va prendre une dimension artistique et intemporelle que ne saurait s’approprier une prise de vue plus réaliste. Ce n’est pas le n’importe quoi qui l’emporte, car là aussi les ratées (souvenez-vous : cette photo est ratée !?) ont droit elles aussi à une sélection de la part des auteurs. On pourra donc apprécier - ou ne pas apprécier - certaines des approches pauvres, mais souvent riches d’une esthétique à part entière qui s’appuie sur les pulsions de notre inconscient.
Allez donc faire un tour en Seine et Marne pour y respirer un air plus pur et une photo moins propre !
Informations pratiques :
Foto povera 3 : du sténopé au téléphone portableDu 4 janvier au 26 février 2006
Centre Photographique d’Ile-de-France - CPIF (Pontault-Combault 77)
Vernissage le 11 janvier 2006 à partir de 19h30
En savoir plus sur :
- Daniel challe Photographe
- Olivier péridy Photographe
- Centre Photographique d’Ile-de-France - CPIF Lieu d’expo
Participer :
Donnez votre avis sur cet événement (forum)
Devenez chroniqueur (rub. livres)




