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Communiqué
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Gabriele Basilico - Milano ritratti di fabbriche

Après une brève expérience de la photographie sociale, de 1978 à 1980, Basilico photographie Milan “sans mouvement quotidien, sans voitures, sans personne, sans bruits” ; il voit “les images naître de l’abstraction, de l’isolement, de l’absence”. Dés lors, la présence humaine disparaît de ses photographies. Avec cette recherche sur l’identité de Milan symbole même du travail, de l’usine, Basilico dit adieu au reportage (...) Avec ses noirs et blancs, ses ombres, ses petits formats, jusque dans le choix des optiques, “Milan portraits d’usines” est un travail profondement social : dans ses premières photos de lieux isolés et pleins de lumière, il y a encore la trace des hommes qui ont vécu dans ces usines. En même temps, ses photographies sont un présage : le signe de l’effondrement de la grande industrie, de la sortie de scène de la classe ouvrière. Ces usines sont, en fait, des monuments dans le sens plus classique du terme : quand l’âme des lieux se substitue aux hommes, comme un devoir de mémoire. (extrait du catalogue de l’exposition “L’esperienza dei luoghi”, Fondazione/Galleria Gottardo, Lugano 1994) par Roberta Valtorta
C’est une collection de portraits. Des portraits comme on les rangeait jadis dans des albums de famille et qui composent effectivement une famille. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une famille d’individus mais d’usines. Des usines des zones industrielles de Milan, la ville de Gabriele Basilico. Un ensemble de portraits frontaux, réalisés entre 1978 et 1980 et qui sont la première série sans personnages d’un des plus importants artistes européens qui se sont attachés à explorer la ville et le paysage. Sa formation d’architecte, naturellement, explique le choix de celui qui, quelques années auparavant s’était essayé au reportage social. Ici, plus d’ouvriers, pas de voitures, d’agitation, simplement, parfois, au sol, des signes du passage de l’homme. L’ensemble est silencieux, sans effet, attentif à une grande unité de lumière qui souligne et révèle les détails Dans sa rigueur plastique qui se souvient de certaines séries de Walker Evans, qui oblige à penser aux Becher ou à Lewis Baltz, Gabriele Basilico sait insuffler de l’émotion, voire un certain romantisme. Comme s’il sentait que ces bâtiments, qui font partie depuis toujours de son paysage personnel étaient voués au passé et que la classe ouvrière allait disparaître. De fait, et même s’il s’attache à une forme de perfection formelle, jusque dans la splendeur des tirages - présentés ici en grand pour la première fois - il ne photographie pas ces usines comme des sculptures (les Becher) mais comme des créations de l’homme qui abritent d’autres hommes et leur labeur. Et c’est bien pour cela que l’on peut parler de portraits. Et même de portraits sociaux et engagés.
Christian Caujolle
A voir également l’exposition Un été italien à la MEP où sont exposées des photos de Gabriele Basilco
Le livre :
Scattered City
Le Point du Jour Éditeur
Conversation avec Yona Friedman, Hans Ulrich Obrist et Stefano Boeri
Français/anglais
29 x 20 cm
162 photos en bichromie
39 euros
Au cours des cinquante dernières années, l’espace urbain a connu des transformations sans précédent, et notamment le développement de zones périphériques dans lesquelles la ville traditionnelle se défait. Cette série inédite de Basilico, réalisée entre 2001 et 2004 à travers le monde, s’attache à rendre visible, dans un environnement apparemment informe, des ruptures et des perspectives. Les photographies sont de larges panoramas, parfois d’un point de vue très élevé, centrés sur le bâti. Même lorsqu’il s’agit d’édifices isolés, des éléments hétérogènes panneaux publicitaires, parkings sauvages, signalétiques sont présents. Dans les vues plus vastes, des buildings modernes, parfois remarquables, voisinent avec des constructions anciennes ou provisoires, et l’architecture devient partie d’un ensemble formé de routes, de rails, de bouts de nature, d’espaces en attente. Du fait de la précision attentive du regard, c’est finalement moins le chaos que la dignité d’une réalité complexe, voire sa beauté inattendue, qu’on éprouve. Comme si la ville contemporaine était un labyrinthe que nous devions chercher à pénétrer pour être vraiment présents au monde.
Source : Galerie VU
Informations pratiques :
Gabriele Basilico - Milano ritratti di fabbricheDu 28 juin au 9 septembre 2006
Galerie Vu (Paris 4ème)
En savoir plus sur :
- Gabrielle basilico Photographe
- Galerie VU’ Lieu d’expo
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