Exposition photo Paris (75)
Par Centre Iris - 1567 visites - Impression (PDF) 
Glass Memories

Technique ancienne du collodion humide sur plaques par Quinn Jacobson
En s’emparant du procédé au collodion humide sur plaques, le photographe américain Quinn Jacobson explore le temps et la mémoire. Sur la forme, cette technique photographique, primitive mais complexe, nous ramène au cœur de l’histoire de ce médium. Sur le fond, Quinn Jacobson utilise cette mati ère mémorielle pour questionner la condition humaine, ballotée entre grands et petits événements, ceux qui ont marqué sa vie et celles des personnes croisées sur sa route. Fragiles et soumises aux aléas de la chimie, les images sur verre ou sur métal de Quinn Jacobson sont le reflet de vies chaotiques et vulnérables, et en révèlent une certaine intériorité. « Glass Memories » présente deux séries. Une première série en rapport avec ses souvenirs d’enfance américaine, la seconde réalisée durant son séjour en Allemagne, à la fois sur les traces contemporaines de la Shoah dans la mémoire collective, mais également sur ses propres origines juives européennes.
Portraits from Madison Avenue
De ses jeunes années dans l’Utah, à Odgen, au cours des années 1970, Quinn Jacobson a gardé le souvenir des marginaux rencontrés dans sa rue, dans un quartier modeste de la ville. Ces personnes vivant à la lisière de la société l’ont particulièrement impressionné. Des années plus tard, la photographie a permis à Quinn Jacobson d’interroger ses souvenirs et les émotions suscités par ces rencontres. Il est donc retourné à Odgen, sur Madison Avenue et a réalisé les portraits des marginaux d’aujourd’hui, constatant la même pauvreté, le même désarroi, la même solitude. Quinn Jacobson nous montre des visages abîmés, des « tronches » burinées par les accidents de la vie, par les épreuves à répétées. Pour lui, les incidents aléatoires du procédé au collodion, les altérations, les tâches, traduisent de la dureté des ces existences.
La complexité de la manipulation du collodion, le long temps de pause, obligent les sujets à prendre part à leur propre mise en scène, en conscience de l’acte photographique. Cette interaction est essentielle pour le photographe et il l’envisage comme une création commune. Quinn Jacobson est très attaché à ce procédé et l’emploie comme métaphore de l’abandon : cette technique a été progressivement oubliée en photographie, comme sont aujourd’hui délaissés par notre société ces marginaux et laissés pour compte.
Les images de Quinn Jacobson sont d’une envoutante beauté et révèlent de profondes et poignantes qualités humaines.
« Lutter pour vivre avec son passé » / « Struggling to Come to Terms with the Past »
Dans cette deuxième série, réalisée en Allemagne depuis 2005, Quinn Jacobson revient sur son héritage ashkénaze européen. Originaire du vieux continent, sa famille a émigré vers les Etats-Unis 30 ans avant la Shoah, en même temps que de nombreux juifs des Balkans, d’Italie, d’Espagne, de Turquie ou de Grèce.
A la recherche de ses racines, mais également des traces de la Shoah dans la mémoire collective allemande, ce projet a vocation intime et universelle. Sa dimension personnelle se double d’une viscérale réflexion sur la notion d’altérité, de nos jours, en Allemagne. Comment, plus de 60 ans après cette tragédie, l’« Autre » est intégré dans la société allemande. C’est la question que Quinn Jacobson pose à cette dernière, mais aussi à l’ensemble de nos sociétés comme à lui-même, en réalisant des portraits de citoyens allemands, d’immigrés ou d’étrangers vivant en Allemagne. Cette série n’est pas un documentaire photographique et n’a pas de prétention historique. C’est la vision personnelle de Quinn Jacobson, basée sur sa propre expérience et sa propre émotion. C’est aussi son désir de confronter la société allemande contemporaine à cet épisode tragique de l’Histoire. Un besoin impérieux de retourner sur ce passé et de comprendre ce que pensent les citoyens allemands d’aujourd’hui et comment ils l’expriment.
Quinn Jacobson a, là aussi, choisi le collodion humide sur verre pour cette série en raison de la mati ère même du support. Elle fait directement écho à la « Nuit de Crystal » (ou « Nuit du verre brisé »), préambule de la Shoah, durant lequel de nombreuses synagogues ont été pillées et détruites. La disparition du collodion dans la photographie fait référence à l’effacement du souvenir de ces synagogues dans la mémoire collective. Pour ce faire, il est retourné sur les lieux et a réalisé une série d’images sur ces vestiges ou sur leur absence.
Portraits ou lieux, ce que Quinn Jacoboson éprouve dans ce projet, c’est une lutte inti me pour trouver une manière de vivre en paix et en harmonie avec ce passé. C’est aussi ce qu’il tente de susciter chez ceux qui posent pour lui et qui regardent ses images.
En faisant rejaillir un procédé oublié, Quinn Jacobson réinvente une forme de photographie, nécessitant engagement et dextérité, à l’heure de l’immédiateté du numérique, qui semble tout balayer sur son passage. Entre introspection inti me et travail de mémoire, il démontre la richesse du collodion, sa profondeur et sa force dans l’art du portrait en même temps que sa puissance à exhumer souvenirs et questionnements.
Le collodion humide
Le collodion est un nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’alcool et d’éther que l’on étend sur une plaque de verre ou de métal. Quand ce mélange sirupeux commence à se figer, on plonge la plaque dans un bain de nitrate d’argent pour la sensibiliser. Les sels contenus sont ainsi transformés en halogénure d’argent sensible à la lumière. On égoutte alors la plaque, la transfère dans un châssis étanche à la lumière. Ces opérations se font évidemment en chambre noire. On peut alors faire une prise de vue avec la chambre photographique sur cette plaque humide. Celle-ci doit ensuite être immédiatement développée avec de l’acide gallique ou du sulfate de fer II puis fixée au thiosulfate de sodium ou au cyanure de potassium.
Sur plaque de verre, le procédé abouti t à un Ambrotype, sur plaque de métal à un Ferrotype.
Quinn Jacobson
Quinn Jacobson est né à Odgen, Utah, États-Unis, il est titulaire d’un Bachelor of Integrated Studies, Weber State University, Ogden, Utah, États-Unis, obtenu en 1993 (photographie, communication et art visuel) et d’un Master of Fine Arts, Goddard College, Plainfield, Vermont, États-Unis obtenu en 2007 (photographie du 19ème siècle, photographie numérique, vidéo numérique). Il séjourne actuellement en Allemagne, à Viernheim, dans la région de la Hesse depuis 2005 et y poursuivra son projet jusqu’en 2011, avant de retourner au États-Unis.
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Ateliers d’initiation au collodion humide (2 jours)
les 11 & 12 mars, 13 & 14 mars et 23 et 24 avril 2010
Nombre de places limitées - 450 € les deux jours
Inscription au Centre Iris : + 33 (0)1 48 87 06 09
Cliquez ici
Atelier « Portrait »
le 10 mars 2010
Venez faire réaliser votre portrait sur plaque (pièce unique) par Quinn Jacobson
de 80 € à 180 € (selon formats)
Inscription au Centre Iris : + 33 (0)1 48 87 06 09
Cliquez ici




Informations pratiques :
Glass MemoriesPhotographies de Quinn Jacobson
Du 10 mars au 24 avril 2010
Centre Iris ... pour la photographie (Paris 3ème)
Du mardi au samedi de 14h à 19h
Atelier démonstration le 9 mars 2010 à partir de 15h et vernissage de 18h30 à 21h
Atelier « Portrait » le 10 mars 2010
238, rue Saint-Martin
75003 Paris
Tél : 01 48 87 06 09
http://www.centre-iris.fr
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 19h
En savoir plus sur :
- Quinn jacobson Photographe
- Centre Iris Lieu d’expo (abonné annuaire)
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