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15/12/06 - Par JP. Houdry  - 2245 visites  -  Impression (PDF) 

Henri Huet

Henri Huet - J'étais photographe de guerre au Viêtnam

J’étais photographe de guerre au Viêtnam

Henri HUET, belle gueule, inconnu du grand public, photographe de presse, né au Vietnam, plongé dans la sale guerre. Disparu dans un accident d’hélicoptère sur le terrain. Casse-cou, animé par une passion farouche d’être au coeur de l’action, Henri HUET a été correspondant de guerre pour Associated Press. Si le nom n’est pas connu, les photos, elles, sont une référence pour les photographes d’aujourd’hui. Le Noir et Blanc de l’époque apparaissant comme le langage universel de la photographie évènementielle.

Portrait de baroudeur, en chemise ou en traillis, ses boitiers 24*36 pendus à son cou, Henri HUET est au coeur de la bataille. Toujours prêt à couvrir l’évènement, ses photos ont marqué l’histoire de l’Amérique : la guerre du Viêtnam nous a tous laissé des images indélébiles. On peut se demander d’ailleurs comment on peut être aussi fou ou courageux pour prendre de tels risques ? Le photographe-soldat écrit dans une lettre en 1968 : « parfois je me pose la question de ce qui m’attire. Sans doute est-ce parce que j’ai suivi cette misérable guerre depuis longtemps. Elle est devenue comme une partie de ma vie. »

C’est vrai que les photos d’Henri HUET sont fortes, elles collent au terrain. Le regard du photographe n’est pas de loin, dehors, mais dedans à quelques centimètres de la mort. C’est le regard du combattant, l’appareil photo dynamisé par le souffle des soldats. HUET dira : on ne peut pas photographier la guerre au téléobjectif. « Il faut être tout près. » C’est cela qui est impressionnant, les déclenchements du photographe comme les salves du soldat. Quelle horreur cette tuerie, quelle barbarie ! Et HUET court, fonce, déclenche dans le tas. Tout est vécu, donc vrai, on sent le danger, l’attente, la violence, la peur, la chaleur, l’humidité, la sueur, la mort, la souffrance. Les visages sont puissants, cueillis sans fioritures, emblèmes de la folie meurtrière des humains. Les scènes plus larges sont construites, HUET est un professionnel, il transcende la réalité. Ses images sont informatives, lisibles, synthétiques, esthétiques j’allais dire...Le document devient icône. Les regards apeurés, la trouille, les blessures, l’abandon, l’amitié, la solidarité, tout se lit dans les images d’Henri.

Avant de mourir dans cet accident, HUET sera blessé. Il se relèvera et repartira animé de cette même volonté aveugle. Ce livre qui lui est consacré est terrible, on a envie de dire le choc des images qui fait peut-être réfléchir ? C’est sans doute l’authenticité de son témoignage, qui a pour mission de montrer l’inacceptable, que nous recevons en pleine face.

On tournera donc les pages doucement, on lira les textes et les documents des deux auteurs très étoffés, on réapprendra cetta page de l’histoire avec intérêt et grande émotion.


Informations pratiques, notation et achat :

Relié sous jaquette : 191 pages
Date de sortie : 30 aout 2006
ISBN : 2842776542
Dimensions (en cm) : 24 x 3 x 30
Prix : 45,50 euros
Nos appréciations :
Sujet : 4,5/5
Photos, impression : 5/5
Textes : 5/5
Esthétisme : 4,5/5
 


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