Le guépard et le jeune gnou © Marie-Claude OROSQUETTE Réalité de Dame Nature que cette scène de prédation dans les plaines du Serengeti en Tanzanie entre un guépard et un jeune gnouLa quête de la hyène © Marie-Claude OROSQUETTE La hyène tacheté est souvent mal comprise, pourtant cet animal est fascinant, prise ici au Kénya au bord du lac NakuruTendresse chez les lions © Marie-Claude OROSQUETTE Un moment de tendresse pour ce couple de lions pris au KenyaMarie-Claude OROSQUETTE
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Photographe Animalier
Communiqué
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Exposition photo Paris (75)

Israël : présent composé

Israël : présent composé

Du 20 février au 25 mai 2008, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme consacre à Barry Frydlender sa première exposition personnelle à Paris. Cet événement coïncide avec le soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Etat d’Israël.

Que dit l’œuvre d’un artiste utilisant la photographie sur un pays où l’image est, plus qu’ailleurs, un enjeu politique ? Barry Frydlender, comme tétanisé par l’usage qui fut fait des photographies pendant la première Intifada (1987-1993), préféra renoncer à ce medium. Puis, la découverte de ce que le travail numérique pouvait apporter à l’image, dans son décalage avec la réalité, lui permit de renouer avec la photographie en 1994. Dans une volte-face au travail de photojournalisme et au culte du bon cliché au bon moment, dû à un oeil providentiel, "the right man at the right place at the right time", Frydlender introduit patience et modestie dans la photographie. Dans ce qui est une question d’espace, il invite le temps. Il n’est pas le seul bien sûr. Mais dans "le bruit et la fureur" qui caractérise la présentation d’Israël que nous livrent journaux et télévisions, la mise en image de la durée et du temps qui s’écoule confère une réelle étrangeté à ses photographies.

Les formats panoramiques de Barry Frydlender sont trompeurs ; on pourrait y voir une fresque sociale d’Israël : des juifs et des arabes, des jeunes et des moins jeunes, des baba-cool et des hassidim, des travailleurs immigrés et une jeunesse qui rêve d’indolence. Ses photographies, de groupe ou de foule, le plus souvent faites en extérieur, nous emmènent vers un objet inattendu. Tentons-nous d’embrasser l’ensemble que notre regard, happé par telle physionomie, telle inscription, un objet perdu, un geste éloquent, commence à scruter, éplucher, parcourir lentement, examiner, comparer. Que se passe-t-il ? Frydlender nous conduit vers le moment d’après, nous esquisse le-paysage-autour : contrer l’instantané pour dérouler temps et espace, en abolir les limites. Le travail numérique, le collage, sur les dizaines, parfois les centaines de clichés qui composent le panorama, rusent avec l’immédiat : le soleil ne cesse de se coucher, les gens d’avancer, intérieurs et extérieurs subissent des extensions improbables qui nous donnent à voir plus que la réalité.

Pitzootzyah, [Superette] 2002
Pitzootzyah, [Superette] 2002
© Barry Frydlender

À la séduction indéniable de ses fresques aux couleurs attrayantes, qui semblent décrire une sorte de vie enjouée, Frydlender ajoute subrepticement sens multiples, ironie et inquiétude. Comme si le texte qui soustend toutes ses photographies était un "où allons-nous ?". Une tension qu’il s’agit de déjouer se cache dans les moments saisis : le jeu de ballons des enfants, à la frontière invisible entre quartier juif et quartier arabe (Jaffa/ Bat Yam), une réunion bucolique des juifs ultra-orthodoxes hors contexte, hors de leur cadre naturel (Bénédiction), les jeunes dans la joie d’une sortie scolaire au musée de l’Armée, surpris par des torrents d’eau (Déluge). C’est dans un étirement de l’espace, mais aussi dans la sédimentation photographique que l’artiste insère cette réflexion sur le temps qui passe. Il crée une attente : il n’y a pas d’instant, le présent n’existe pas si ce n’est dans un continuum, gros d’espoirs mais gros aussi de menaces.

Déluge, 2003
Déluge, 2003
© Barry Frydlender

Sédimentation de la mémoire photographique, extension de l’espace, absorption de la durée, les images de Barry Frydlender ne s’arrêtent pas là ; l’artiste est aussi un virtuose des signes jouant sur les rapprochements formels, sur les parallèles et les relectures du texte biblique dans un présent très profane. Ses photographies se jouent des mots, des noms, lancent des signaux qu’il nous invite à déchiffrer.

<b>Bombamela, 2000</b><br />(c) Barry Frydlender
Bombamela, 2000
© Barry Frydlender
<b>Domaines, 2005</b><br />(c) Barry Frydlender
Domaines, 2005
© Barry Frydlender

Informations pratiques :

Israël : présent composé
Photographies de Barry Frydlender
Du 20 février au 25 mai 2008
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, Paris 3ème
Plein tarif : 5,50 euros / Tarif réduit : 4 euros
 


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