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Itinéraires des Photographes Voyageurs, 15ème édition

Itinéraires des Photographes Voyageurs, 15ème édition

Du 1er au 30 avril 2006, à Bordeaux, « Itinéraires des photographes voyageurs » invite le public à découvrir dans les principaux lieux culturels de la ville, dix expositions photographiques sur le thème du voyage. De la galerie Arrêt sur l’image au nord de la ville, au Musée d’Aquitaine en plein centre de la ville, cette 15ème édition du festival propose aux visiteurs d’effectuer leur propre itinéraire au fil des expositions, et de découvrir ainsi le travail de photographes professionnels confirmés ou issus de la nouvelle génération. Toutes les expositions sont libres. A partir du 1er avril, l’intégralité des images présentées lors du festival, sont consultables sur le portail de la manifestation, qui présente toutes les expositions depuis 2000.

Ann Cantat-Corsini : Brésil 2004

(du 04 au 29/04, FNAC, rue St Catherine, du lundi au samedi de 10h à 19h30)

Itinéraire Brésil photos Voyage onirique, déambulation nocturne à la rencontre des fantômes de Bahia l’Africaine. Vidéo Art À la croisée du vidéo art et du documentaire, un tour du monde atypique à travers l’œil poétique ou amusé d’une voyageuse effrénée. (Escale en Inde, Chine, Japon, Brésil, Maroc...)

Au cours de multiples voyages de par le monde, l’envie de passer le cap de l’image « mouvante et sonore », lui fait intégrer les « Ateliers Cinéma » de Marseille en réalisation de cinéma documentaire. Après plusieurs années comme assistante à la mise en scène sur du long-métrage, elle réalise ces propres sujets photos et vidéo (Magazines, expositions, documentaires, vidéo art, V-jaying, habillage visuel, festivals et création multimédia...)

Un beau matin, d’une goutte de rosée naquit sur l’herbe fraîche une petite fille qui portait à son cou un appareil photographique. Aussitôt elle mit en pratique son inspiration féerique, et ne cessa de fixer l’argentique des lumières des paysages énigmatiques qui s’offraient à elle. D’un besoin vital, elle en fit un métier, et continue de capter les moments de fuite, les lignes en mouvement, les personnages fabuleux de contrées fantastiques... Elle peint sur nos yeux, trempe nos cils dans l’aquarelle, grave sur le papier l’invisible beauté des fantômes atemporels ... Qu’il s’agisse de Bahia, de Tanger, ou de Nanjing, toutes ces âmes égarées se sont livrées à elle...

 

Brunildo de Corsinet

Marie-Anne Chambonnier : Le Caravansérail, Viet Nam

(du 01 au 29/04, Galerie D, 125 quai des Chartrons, du mardi au samedi de 15h à 18h30 et le dimanche 02/04)

Ces photographies que je vous présente ont été réalisées au cours d’un séjour de plusieurs semaines au Viêt-nam. L’Asie que je ne connaissais pas. Ma photographie est essentiellement liée au voyage, j’ai besoin de trouver un territoire étranger pour poser mon regard, pour exciter mon désir de prendre des images, ce qui est somme toute assez banal. Étonnamment le mot banal trouve une résonance en moi et peut se décliner au travers un paysage, une lumière, un objet, une expression. J’ai tendance à fuir les places historiques tout en ne cherchant pas "la rencontre exceptionnelle", je n’ai aucune envie de provoquer les choses. J’aime travailler sur la vie quotidienne (épingler la banalité) pour faire apparaître ce qui d’ordinaire s’efface afin de prendre le temps d’une (ré)vision. C’est ainsi que je définis mon carnet de voyage. Ces images du Viêt-nam traduisent à la fois l’intime et le distancé de mon regard. Ce pays est en définitive assez étonnant, il m’a perturbée physiquement et intérieurement car tellement éloigné de ma culture occidentale. Les photographies qui en émerge témoignent d’un voyage subconscient.

 


Julie Ganzin : Les beaux jours

(du 01 au 29/04, Arrêt sur l’image galerie, Hangar G2, bassin à flot n°1, quai Armand Lalande, du mardi au samedi de 14h30 à 18h30 et le dimanche 02/04)

Enfin les vacances... l’infinie et fluide clarté d’une lumière méditerranéenne baignant les paysages, les gens, une idée de paix. Pourquoi cela ne durerait-il pas ? Mais comment peut-on imaginer que cela puisse durer ? D’ailleurs, Julie Ganzin n’essaie pas de nous tromper, elle nous montre un entre-deux. Entre deux tensions, un temps de repos. Elle le fait avec cette lumière si particulière qui traverse son œuvre. Une lumière transparente, presque usée qui peut donner l’impression de dissoudre les formes et les lieux, ces « niches de loisirs » dans lesquelles les gens peuvent prendre une pose dans leur existence.

« J’aime ces lieux, les scènes qui se construisent dans ces moments très particuliers où s’exprime une certaine disponibilité à soi-même et au monde. Un temps libre, suspendu, peuplé par la réminiscence de moments d’enfance. Il dessine un territoire imaginaire, la carte de nos attentions discrètes à la vie », confiait-elle au magazine Photo Nouvelles, en novembre 2003.

Cette série reste emblématique de sa manière de redonner sens, par cette synthèse supérieure de naturel et d’élégance, à l’idée de sprezzatura... de grâce. R. K.

Yo-yo Gonthier : Les étoiles de survie, la Réunion

(du 01 au 29/04, Porte2A, 16 rue Ferrère, du lundi au samedi de 14 à 18h et le dimanche 02/04)

« Les étoiles de survie... » sont l’amorce d’une réflexion sur le voyage qui s’inspire du destin hors du commun de certains voyageurs, dont l’existence ne tient plus aujourd’hui qu’aux quelques traces écrites et aux vestiges engloutis par la mer et le sable.

Sous l’œil de Yo-Yo Gonthier, les grandes épopées de l’île de la Réunion revivent, se redessinent en lignes dynamiques, prennent des reliefs saillants. La grande aventure maritime que fut la Route des Indes et la gigantesque industrialisation de la canne à sucre sur lesquelles se fonde toute l’histoire de cette terre de l’Océan Indien prennent les contours d’une réalité renouvelée.

Philippe Guionie : Kéraban-le-têtu, Voyage autour de la mer noire

(du 01 au 30/04, Salle Capitulaire Mably, 3 rue Mably, du mardi au dimanche de 13h à 19h)

En 1883, Jules Verne publie Kéraban-le-têtu, un roman racontant les tribulations d’un riche négociant turc. Kéraban, refuse d’acquitter une taxe imposée par le sultan pour la traversée du Bosphore et décide de faire le tour de la mer noire.

Cette histoire romanesque est en filigrane de ce regard contemporain sur la mer noire. Avec l’entrée prochaine de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne, le mythique "Pont-Euxin" des Grecs va devenir la nouvelle frontière du continent européen.

Nadja Ellen Hger : Les façades d’Europe

(du 01 au 28/04, Goethe Institut, 35 cours de Verdun, du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h30, samedi1 avril de 14h30 à 18h30)

Nadja Ellen Hger collectionne depuis 1996 des façade en provenance de toute l’Europe, qu’elle photographie sur place puis travaille sur ordinateur. Les raccourcis de la perspective, les jeux de la lumière et de l’ombre ainsi que les autres éléments qui perturberaient la frontalité sont nivelés.

L’objet tridimensionnel est inscrit en deux dimensions. La structure déterminant l’image s’oriente sur les verticales et les horizontales de l’architecture. Toutes les façades sont traitées ensuite avec un même ton sépia, et sont inventoriées par année, par pays et par ville.

Ramon Masats : Photographies

(du 01 au 28/04, Institut Cervantes, 57 cours de l’Intendance, du lundi au jeudi de 10h à 18h, venderdi de 10h à 14h, samedi 1/04 de 14h à 17h)

Ramon Masats Tartera est né à Caldes de Montbui en 1931. En 1955 il s’initie à la photographie aux côtés de photographes de l’envergure de Xavier Miserachs et Ricard Terré, avec lesquels il fit sa première exposition de photographies en 1957. Cette même année il débuta la réalisation d’un célèbre reportage sur les Fêtes de Pampelune et s’installa à Madrid pour commencer sa carrière de reporter dans la Gaceta Ilustrada, ce qui l’amena à parcourir l’Espagne entière.

Dans les années soixante, il publia ses premiers livres dans la collection Palabra e Imagen, des éditions Lumen. Des envies de changement l’amenèrent à travailler pour le cinéma et la télévisionn 1965, il réalisa des films mémorables : El que ensea (1965) ou Topical Spanish (1970) ainsi que les séries Conozca usted Espaa, Races o Vsperas de nuestro tiempo. En 1981 il retourna à la photographie, et commença à travailler pour les Editions Lunwerg, avec lesquelles il n’a cessé de collaborer jusqu’à aujourd’hui. Depuis, il a publié des livres aussi importants que : Espaa diversa (1983), Andaluca (1986), Al-Andalus.El Islam en Espaa (1986), Del cielo a Madrid (1988), Desde el cielo a Espaa (1988), Toro (1998).

Dominique Roux : Voyages sténopeïques, Gréce

(du 01 au 30/04, Musée d’Aquitaine, 20 cours Pasteur, du mardi au dimanche de 11h à 18h)

La Grèce de Dominique Roux n’est pas une région physique, ni un paysage, ni une contingence. C’est un espace intime ; un itinéraire qui touche les lieux topiques de l’esprit ; un prétexte pour organiser en images sa propre mythographie. C’est une invitation à accueillir la photographie dans sa dimension de simulacre, à s’en servir pour introduire sciemment une distance entre le moi et le monde extérieur. C’est une terre où poser le regard.

 

Laura Manione

Didier Ruef : Afrique Noire

(du 01 au 29/04, Bibliothèque municipale de Bordeaux, 85 cours du Maréchal Juin, les mardi, jeudi, vendredi de 13h à 19h, les mercredi et samedi 10h à 19h)

L’Afrique, terre d’incursions, d’expéditions, de razzias et de guerres civiles. L’Afrique où les maux de civilisation semblent enkystés, fixés comme en négatif de notre époque. Sur cette terre malmenée, des Africains vifs, vivants, vivaces, toujours renaissants. L’humanité africaine, force vitale, essentielle. Pourquoi alors ces plaies béantes ? Que faire pour les dépasser ? Des réponses existent. L’exposition en fournit, de manière d’autant plus claire qu’elle propose un regard sans pitié ni commisération, à la fois doux, fort et intense sur les habitants de ce continent unique et originel.

Christopher Taylor : Stèles, Bassin du fleuve jaune, Chine

(du 01 au 30/04, Salle Capitulaire Mably, 3 rue Mably, du mardi au dimanche de 13h à 19h)

... Enfant malade, j’ai passé du temps au lit à contempler un beau papier peint représentant des scènes de la Chine classique. Ensuite, à l’école secondaire, mon dernier cours d’histoire, avait pour thème la Chine révolutionnaire du 20ème siècle.

Quand j’ai visité la Chine pour la première fois, pendant quatre mois au début 1988, je me suis souvenu de ces deux images contradictoires. La réalité faisait référence à une autre histoire hors de ma compréhension. Les évènements politiques boulversants du 20ème siècle ont rendu ma lecture opaque, intensifiant ainsi mon intrigue.

J’ai toujours apprécié des images simples, réduites à l’essentiel. Mon mode de représentation s’exprime dans des détails significatifs, des microcosmes du monde extérieur dont ils sont formés... L’esthétique du vide dans l’art pictural chinois se retrouve comme fond dans l’uniformité du vide dans l’art pictural chinois se retrouve comme fond dans l’uniformité de la façade du pays sous régime totalitaire ou dans la continuité du temps exprimé par une civilisation très ancienne où tout se répète.

Serait-ce l’évasion de nous-même ou, la quête d’une caractéristique personnelle normalement étouffée qui nous propulserait vers un endroit ? Peut-être les deux pour moi, la Chine représente les contradictions en moi-même, les vides m’attirent par l’épouvante et le désir de m’approcher d’un art sublime.


Informations pratiques :

Itinéraires des Photographes Voyageurs
15ème édition
du 1er au 30 avril 2006
Bordeaux
Direction artistique : Nathalie Lamire-Fabre
 


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