Dechaumage avec un tracteur John Deere articulé © Philippe MONTIGNYRécolte de betterave sucriere avec une automotrice maxtron 620 de marque Grimm © Philippe MONTIGNYCentrale nucléaire de Dampierre en Burly dans le loiret © Philippe MONTIGNYPhilippe MONTIGNY
06 08 82 18 94
Photographe Aérien
Par Didier Gualeni
6256 visites
Impression (PDF)

Exposition photo

Jean-Luc Moulène au jeu de paume

Jean-Luc Moulène au jeu de paume

Le Jeu de paume accueille Jean-Luc Moulène pour une exposition personnelle inédite. La série Les Filles d’Amsterdam en constitue le cœur. Ce projet, comme souvent dans le travail de l’artiste, concerne une "question de représentation, de représentation publique, donc une question politique". Ces treize portraits de prostituées, avec leurs noms de "scène" pour titre, fonctionnent à rebours de tout principe d’identité. Dans chacune des images qui composent cette série, Moulène fait se fondre deux régimes d’images, héritées de deux inventions de masse qui marquent très fortement l’origine de la photographie : la photographie d’identité (à travers notamment Bertillon) et la photographie pornographique (Bellocq). Depuis, ces deux pratiques avaient cohabité, sans jamais s’ajuster. "Ma première vision du projet a été cela, explique Moulène, réunir tête et sexe dans un seul corps d’image. Il ne s’agit pas d’expression, mais plutôt de précipiter expérimentalement et concrètement les images mentales que cette coupure a engagées".

Autour et à partir de ce noyau double se développent d’autres images qui agissent comme des fonds, des surfaces, des coupes pour promouvoir, dramatiser les corps réels. Ainsi, "(...) La première salle ouvre sur des images de "choses", objets trouvés dans la rue ou dans le commerce, puis photographiés sur un fond neutre, en lumière naturelle, dans son atelier. Ce fond coupe l’objet de son contexte d’usage ou d’apparition et l’isole comme un symbole : sandales, bouteilles d’eau en plastique, chewing-gum compressé par le pouce, limace, ongles, boîtes de conserve... Moulène prolonge la tradition surréaliste de la collecte d’éléments de rebut élevés au rang d’objets d’art et la relie directement à l’économie. En tant que marchandises, les objets qu’il convoque s’insèrent dans un circuit commercial allant "du producteur au consommateur" : ces objets ont une marque, une valeur de production, sont soumis au marketing et à l’image de marque, à des principes de diffusion (Estafette) et inévitablement de digestion (Petits Os). D’autres, comme les bouteilles d’eau aux contours ondulés (Bi-Fixe), rappellent combien le design est tributaire de la publicité qui, dans la catégorie des eaux minérales, doit traduire l’idée de "fluidité". Aux rayons des espèces animales, Limace offre un simulacre de lèvre nue, sans maquillage. Quant aux ongles rangés verticalement, leur superposition évoque le dessin d’un sternum.

Usant des techniques propres au marketing (fond neutre, décontextualisation du produit, réduction de la forme), Moulène réalise des images anti-autoritaires. Des images indicielles qui réprouvent le conformisme des publicités, et par-delà, leur idéologie. Ce faisant, il réinstaure la force d’évocation et la dérive des signes, livrés sans slogan ni mot d’ordre. (...)

Moulène questionne l’autorité des formes et des discours, sans en produire de commentaire direct, et entend communiquer à la conscience du spectateur une tension qui produit une relation ambiguë, irrésolue, où la connivence est un leurre. Il prend le risque d’une relation actualisée, un rapport au présent, qui prend en compte l’histoire sans nécessairement vouloir s’y inscrire. Par assemblage stratifié de codes contradictoires issus d’images communes ou refoulées, Moulène ne cesse d’entretenir la discontinuité, la bipolarité : le temps et l’histoire, l’apparition et la disparition, le noir et blanc et la couleur, le fond et la forme, l’ouvert et le fermé, la tension et le relâchement... Tournant le dos à la tradition illusionniste de la photographie avec des images volontairement "plates" et sans profondeur, Moulène préfère mettre en avant la couche émettrice de la photographie et faire en sorte qu’elle nous regarde. (...)

Cette exposition, par-delà le trouble qu’elle pourra susciter, pose les jalons d’une réflexion sur le statut de la représentation, en poussant l’énigme du visible et de l’indicible dans ses derniers retranchements, pour révéler ce que l’on pourrait nommer des images explicites.

 

Texte de Claire Jacquet, extraits du Petit journal du Jeu de paume n°7, mars 2005

L’avis de photosapiens

Quand Jean-Luc Moulène déclare « Mon travail est un décalibrage, une organisation des fuites », on a du mal à le comprendre. Il photographie comme il parle et on peine à le suivre. Sans repère pour nous raccrocher, on est vite perdu. Des l’entrée, collée directement sur le mur, une sérigraphie de 4 mètres sur 3, intitulée « la Faucheuse » ouvre l’exposition. Un personnage de dos tient une faux face à un paysage de montagne. L’allégorie de la mort est évidente mais quel est le lien avec les photos qui vont suivre ? Quand il collecte des objets dans la rue et les photographie, sa démarche est simple et compréhensible. Ses images ont une esthétique classique, que ce soit des roses, une sandale en plastique, une bouteille d’eau, des coupures d’ongles, les formats sont très grands et forment une collection insolite et amusante. Quand il photographie en très grand format, sur un fond uni rouge, treize prostituées, totalement nues, les genoux remontés et les jambes écartées de sorte que leur sexe épilé et leur anus soient visibles, on se demande ce qu’il a voulu faire ou prouver. « Les filles d’Amsterdam » regardent droit vers l’objectif, aussi le spectateur au centre de la salle devient voyeur et vu par les yeux de ces femmes. Moulène veut donner un visage à l’origine du monde de Courbet, il en donne treize en désarticulant ces femmes, dans une position qu’il leur impose. Le concept est moins évident quand il représente, en noir et blanc, en grand format, une chaise en plastique sur une pelouse, un paquet d’Eparcil, activeur biologique pour fosse septique, un nu assis... Jean-Luc Moulène pratique un langage qui se veut différent, il est habitué à mélanger les textes et les images. Les images sans les textes laissent le visiteur perplexe.

Publications

Publication d’un entretien entre Régis Durand et Jean-Luc Moulène, aux éditions du Jeu de paume. Parallèlement à l’exposition du Jeu de paume, La Galerie Chantal Crousel, Paris, présente une exposition personnelle de Jean-Luc Moulène : Produits de Palestine, avec un catalogue. Les éditions Al Dante, Paris, publient : Le Tunnel.

<b>Rose - Paris, 3 août 2002</b><br />© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005 Courtesy Galerie Chantal Crousel
Rose - Paris, 3 août 2002
© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005 Courtesy Galerie Chantal Crousel
<b></b><br />© Didier Gualeni / Photosapiens
© Didier Gualeni / Photosapiens
<b>Méduses - São Paulo, 7 avril 2002 </b><br />© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005 Courtesy Galerie Chantal Crousel
Méduses - São Paulo, 7 avril 2002
© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005
Courtesy Galerie Chantal Crousel
<b></b><br />© Didier Gualeni / Photosapiens
© Didier Gualeni / Photosapiens
<b>Bi-Fixe - Paris, 7 septembre 2003 </b><br />© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005 Courtesy Galerie Chantal Crousel
Bi-Fixe - Paris, 7 septembre 2003
© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005
Courtesy Galerie Chantal Crousel
<b></b><br />© Didier Gualeni / Photosapiens
© Didier Gualeni / Photosapiens
<b>Ongles - Paris, 5 novembre 1999</b><br />© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005 Courtesy Galerie Chantal Crousel
Ongles - Paris, 5 novembre 1999
© Jean-Luc Moulène - ADAGP, Paris 2005
Courtesy Galerie Chantal Crousel

Informations pratiques :

Jean-Luc Moulène
Du 15 mars au 22 mai 2005
Jeu de paume site Concorde
 


En savoir plus sur :


Evénements à la une en ce moment :

Services web aux photographes : annuaires, actualités, référencement, hébergement


Agenda Expositions :
(actuellement 17)

Avr. 2014 Mois suivant
LunMarMerJeuVenSamDim
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
2829301234


NOUVEAU :

Prochains vernissages >>
Autres événements >>
Stages - Formations >>

Chercher
un photographe
pro






Photographes
référencez-vous
ici

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur



Trouver
un photographe
pro


Votre actualité ici


Choisir un
photographe
pro


Services web aux photographes : annuaires, actualités, référencement, hébergement



Photographes
exposez-vous
ici

< Retour accueilVous visitez le site Photosapiens.comRetour en haut ^   


Partagez cette page :

PHOTOSAPIENS SARL - 441 avenue Arclusaz - 73250 St-Pierre d'Albigny - E-mail - Tél : +33(0)4 79 85 02 48