A propos de cet espace
Acheter cet ouvrage :
Voir aussi : notre boutique
20/12/05 -
Par Laurent Fabry
- 1407 visites
- Impression (PDF)
Jupiter et Saturne en direct

D’ordinaire assez frustrant pour le profane - en effet, comment espérer retenir, lorsque l’on ne les utilise pas quotidiennement, des données exprimées dans des unités aussi abstraites que les années lumière, sans parler des quantités, chiffrées en millions et milliards - le livre scientifique sur l’astronomie montre, grâce à l’éditeur technique Eyrolles, de bien nouveaux visages. Après Mars comme si vous y étiez ! en 2004, lauréat du Prix du livre d’Astronomie 2005, voici un deuxième ouvrage capable d’apporter au traitement de ces sujets une dimension visuelle très parlante et inédite. Pour mettre à la portée de tous la connaissance des planète situées la proche banlieue cosmique de la terre, celles qui partagent avec elle le même astre, et forment ce qu’on apelle le système solaire. Dans cette nouvelle approche permise par les dernières expéditions satellitaires des sondes américaines et européennes Galileo, Cassini et Huygens, il ressort des images, qui, si elles n’ont à voir avec aucune autre spécialité photographique, même celle pratiquée à l’aide d’un téléscope, et mettent en oeuvre nombre de traitements numériques en tous genres, n’en produisent pas moins un spectacle époustoufflant. C’est en tous cas le cas lorsqu’elles sont compilées et éditées d’aussi belle manière.
Les deux planètes dont il est question ici sont de véritables monuments : Jupiter, dont le diamètre équatorial est, avec 142 000 km, douze fois supérieur à celui de la Terre (1320 fois son volume, 318 fois sa masse), et Saturne, avec 120 000 km de diamètre, soit encore 10 fois plus que la Terre...
Jupiter, d’abord, la géante, dont la masse est supérieure à toutes les autres objets du système solaire réunis - hormis le soleil - qui sous une fine atmosphère de 200km, est constituée d’une épaisse couche d’’hélium et d’hydrogène, et dont on peut admirer ici en couleurs naturelles quelques unes des superbes images capturées par la sonde Galileo au cours des huit années passées en son orbite (du 7 décembre 1995 au 21 septembre 2003). Les tourbillons géants qui animent sa surface visible - dont sa fameuse tâche rouge, observée pour la première fois au XVIIème siècle, si grande qu’elle pourrait absorber la terre, et représentée dans le livre en double page - sont dus à sa très grande vitesse de rotation (moins de 10 heures), alors que son orbite dure douze année. On peut voir ces "immenses zones de turbulences, décorées de panaches, de festons, de volutes et de maelströms, dont les couleurs ocrées illustrent la variété des éléments qu’elles abritent : méthane, ammoniac, vapeur d’eau, phosphine, éthane, acétylène, soufre, etc." On découvrira également les orages formidables, ou encore la comète Shoemaker-Lavy 9 qui l’a percutée en 1994. Toujours grâce à Galileo, et avec des images encore plus inédites que Jupiter, celles de ses satellites. Io, un monde montagneux neuf, chaotique, subissant des irruptions voclaniques gigantesques, lesquelles renouvellent en permanence ses caldeiras, leurs falaises abruptes et leurs lacs de soufre liquide à plus de 300 °C. Cette activité permanente, produisant des décors dignes des meilleurs jeux vidéo, est due à la proximité de deux autres lunes voisines, Europe et Ganymède, qui dans leur rotation s’en approchent suffisamment font subir à Io des forces de pression colossales responsables de son activité sismique intense, qualifiée d’"antichambre de l’enfer". A l’inverse, Europe est une "chape de glace" recouverte d’une "infime atmosphère d’oxygène". Toujours rapportées par Galileo, les images montrent avec une incroyable précision la croûte de sa surface constitués d’un mélange de glace et de roches : ses cratères produits par les impacts météoriques, ses "icebergs", et ses grandes rides brunes, lesquelles cachent peut-être les traces d’une "hypothétique vie aquatique". Ganymède et Callisto, des coprps pratiquement aussi désolés qu’Europe sont passés à la loupe par Galileo, et l’incroyable précision de ces images, supperposées pour comparaison à celles rapportées par Voyager 2 en 1979, rappellent à s’y méprendre ce que l’on connaît de notre lune, du fait notamment d’un même visage criblé de cratères.
Un peu moins volumineuse que Jupiter, Saturne est au moins tout aussi fascinante, avec ses anneaux repérés, mais non identifiés par Galilée en 1610, lequel verra disparaître aussitôt ce qu’il prenait pour deux satellites, lorsque ceux-ci se trouvaient de le même plan d’observation que la terre. Ces anneaux, révélés finalement par Huygens en 1655 constituent un des intérêts les plus forts de ce livre, avec des pages à volets s’ouvrant sur des images panoramiques d’une finesse stupéfiante, et que l’on croirait générées par des logiciels de raytracing. Ces images étant dues à la sonde Cassini-Huygens, on comprend manintenant comment ont été baptisées les missions d’observation : à savoir pour rendre hommage, quelques siècles après leur découverte à la lunette, aux premiers scientifiques ayant observé des objets qui sont aujourd’hui oscultés de très près, grâce à des engins spaciaux envoyé sur place. Au moyen d’une représentation en couleurs, les images produites sont non seulement très graphiques, mais elles s’avèrent également riches sur le plan informatif, détaillant avec précision la composition, la taille des particules ou encore leur température. Le vice a été poussé jusqu’à observer les irrégularités dans le dessin des anneaux, du à la proximité de certains satellites, la représentation de ces deux types d’éléments sur la même image comme en pages 80-81, et 84 produisant d’improbables compositions, véritables chefs d’oeuvre de la nature celleste. Outre deux volets consacrés à l’énigmatique Japet, "la galerie des glaces", et Phœbé, la "comète captive", l’ouvrage termine par un chapitre sur Titan, avec les images les plus fraîches à son sujet puisque le 14 janvier, la sonde européenne Huygens se posait carrément à sa surface, un événement qui fut suivi depuis la terre... en direct.
Informations pratiques, notation et achat :
|
Parution : 15 septembre 2005 128 pages 27 x 2 x 36 cm, relié ISBN : 2212116918 30 euros Note sujet : 5/5 Note photos : 5/5 Note textes : 5/5 Note esthétique : 5/5 |
En savoir plus sur :
- Guillaume cannat Auteur
- Didier jamet Auteur
- Eyrolles Editeur
Participer :
Donnez votre avis sur cet ouvrage (forum)
Devenez chroniqueur (rub. livres)


