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Communiqué
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Katrina – An unnatural disaster

En 2005, l’Amérique a vu trois des plus violents ouragans jamais enregistrés s’abattre sur son sol : Katrina, Rita et Wilma. Le plus faible des trois, Katrina, a été le plus dévastateur, causant 80 milliards de dollars de dégâts sur une superficie équivalente à celle du Royaume- Uni. S’étant formé dans le Golfe du Mexique, l’ouragan s’est abattu de plein fouet sur la ville de Barras, en Louisiane, le 29 août 2005, pour se calmer seulement le lendemain à Meridian dans l’état du Mississippi. Un énorme travail de nettoyage, de reconstruction et d’évacuation s’en est suivi, coûtant plusieurs milliards de dollars sans que la situation ne se soit réellement améliorée deux années plus tard.
L’ouragan Katrina, qui a déferlé sur le Delta du Mississippi et dans la région de la Côte du Golfe, a effectivement détruit la Nouvelle-Orléans mais aussi par la même occasion tout semblant d’égalité sociale.
L’ouragan a ainsi révélé le meilleur mais aussi le pire visage de l’Amérique. Pendant un moment infime, les survivants se sont sentis unis. La misère fait toujours appel aux sentiments et, horrifié par des images télévisées de foules apeurées dans le Superdome de la Nouvelle-Orléans, ou de propriétaires éperdus brandissant des drapeaux blancs du haut des toitures de leurs maisons, le reste des États-Unis ainsi que le monde entier, a réagi. Mais le filet social qui devait garantir un soutien à tous les Américains, et ce à n’importe quel moment, était criblé de trous. Peu à peu, on a désigné les personnes déplacées sous le terme de « réfugiés », négligeant le sens littéral du mot, comme si le fait de se déplacer d’un état à un autre pouvait être comparable à la situation des populations du Darfour au Tchad ou d’Irak en Jordanie. Bien que la Guerre Civile ait pris fin durant la deuxième moitié du XIXe siècle, la division Nord-Sud est toujours ancrée dans le paysage américain.
Les visages sur les réseaux de télévisions par câble, dans les quotidiens et en couverture de magazines étaient noirs, désespérés, et s’apparentaient davantage à des visages de « pilleurs » qu’à des visages de « débrouillards » ou de « survivants ». Pourtant, la classe moyenne et les habitants aisés de la Bay St. Louis ou du quartier de Lakeview dans la Nouvelle-Orléans, étaient blancs, noirs, ou asiatiques. Eux aussi se sont emparés de ce qui ne leur appartenait pas pour ne pas mourir de déshydratation ou de faim. Mais il n’en reste pas moins que la catastrophe a été perçue comme le « problème de la population noire », et aux Etats-Unis, être noir ou non-blanc, pauvre de surcroît, signifie rester invisible et privé de voix.
L’histoire de l’Amérique est intimement liée à l’histoire des relations raciales. Katrina, une catastrophe de catégorie 4, a désenchaîné l’insidieux démon du racisme, levant le voile une fois de plus sur l’histoire confuse de l’Amérique. Depuis, des profiteurs de tous bords ont injecté des milliards de dollars dans des fonds d’investissement et dans des biens immobiliers se trouvant à mille lieues des habitants de la Côte du Golfe, participant ainsi au drame inexorable perpétré par les gouvernements locaux, d’états et nationaux qui ne jurent que par leurs propres intérêts, et qui sont insensibles à la situation de gêne raciale et de rapacité croissante. Si ces deux maux représentent en effet l’histoire de l’Amérique, hélas, il se pourrait bien que Katrina en constitue un autre chapitre.
Alors que les habitants de la Nouvelle-Orléans doivent endurer un pénible effort de reconstruction, aggravé par leur profil à forte exclusion sociale, le sort des individus et des communautés vivant de part et d’autre du l-10 – une des trois autoroutes à traverser entièrement le pays – restent à ce jour dans l’ombre.
Les désastres naturels invitent souvent le monde entier à alimenter les nombreuses faiblesses de notre civilisation par un débordement d’aide, d’argent, et plus important encore, à réévaluer notre rôle sur la planète. Le tsunami qui a frappé le Banda Aceh, l’Asie du Sud- Est et les régions de l’Océan Indien en décembre 2004, a montré à quel point les gens sont aptes et désireux de contrer une telle tragédie. Et pourtant, l’aide internationale a été largement dominée par la corruption et le manque de transparence, avec pour conséquence des millions de dollars égarés, gaspillés ou simplement dérobés.
Stanley Greene.





Informations pratiques :
Katrina – An unnatural disasterPhotographies de Stanley Greene
Du 15 septembre au 31 octobre 2008
Espace Photo Dupon
Entrée libre du lundi au vendredi de 10h00 à 19h00
En savoir plus sur :
- Stanley greene Photographe
- Espace Dupon Lieu d’expo
- FujiFilm Fabricant (abonné annuaire)
- Noor Agence
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