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1/05/08 -
Communiqué
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Kosovo, Macédoine, La guerre en intérim

Balise du collectif Argos n°40
Qui sont les civils qui travaillent pour l’armée américaine dans la guerre contre le terrorisme ? Des mercenaires, mais aussi de simples immigrants qui ont choisi l’Irak plutôt que l’Europe. A Pristina, c’est par annonce dans la presse locale que Kellogg Brown and Root (KBR), une filiale d’Halliburton, les recrute pour fournir les services que l’armée américaine n’assure plus pour se concentrer sur ses missions militaires. Destination : les bases d’Irak et d’Afghanistan. Conducteur de camions, blanchisseur, logisticien, informaticien, tous les emplois proposés par KBR portent en eux la promesse d’une vie meilleure. L’appât du gain (5000 $ par mois) et l’expérience du conflit font des kosovars de parfaits employés. Les foires à l’embauche de KBR ont d’ailleurs créé un appel d’air : mères de famille, étudiants, fonctionnaires, médecins veulent maintenant leur part de fortune. De retour dans leur village, les « KBR » forment une caste de privilégiés, qui vivent, mangent et habitent ensemble dans des complexes immobiliers suscitant l’envie des voisins.
On pourrait alors croire que s’engager dans la guerre contre le terrorisme est devenu un travail comme un autre, alors que les frontières se ferment à ces exclus de l’élargissement de l’Union européenne. Pourtant, une fois en Irak ou en Afghanistan, ils risquent leur vie, aux côtés des soldats. Et restent invisibles. Pour rappel, 1000 personnes civiles sous contrat avec le Pentagone sont décédées en Irak et en Afghanistan jusqu’à ce jour. Mais pour un soutien de famille, le risque n’est rien face au salaire reçu.
Texte : Sébastien Daycard
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