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16/12/05 -
Par Laurent Fabry
- 811 visites
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L’islande vue par Patrick Desgraupes

Patrick Desgraupes casse les codes du paysage, avec des cadrages qui sortent de ce que l’on est habitué à voir, et donne à chaque image non seulement une esthétique dans sa composition - de parfaits jeux de renvoi entre les premiers plans riches en matières et plantes de toutes sortes et des horizons parfaitement découpés dans les lueurs magiques de cette île aux confins des latitudes nord - mais aussi une intensité en tant qu’objet : avec des formats carrés ou verticaux pour des photographies dont on n’a qu’une envie : pouvoir les admirer encadrées sur un mur. Le tumulte des eaux est le plus souvent adouci par la pose longue, les couleurs denses et l’ambiance quasiment toujours mystérieuse. Tous ces éléments témoignent d’un soucis esthétique remarquable, rendu possible par une technique parfaitement maîtrisée et l’aide de toutes les ficelles du photographe (les filtres notamment). C’est véritablement un travail à l’antithèse de ce que peut être la photographie dans d’autres domaines, à savoir capter l’instantané. A l’inverse, ici, il s’agit de dessiner un paysage, d’en appréhender tous les détails, comme si chaque parcelle de celui-ci comptait à la même hauteur.
Les impressions de pureté, de minéralité, et de calme ressortent de ces photos où sont omniprésents les matériaux naturels sous toutes leurs formes, solides, liquides ou gazeux, et dont la minutie et la finesse laissent aussi entrevoir la dimension temporelle. Comme pour un tableau, on peut percevoir l’investissement de l’artiste, son observation attentive et la mise en oeuvre posée et patiente qui aura permis de rapporter ce tels chefs d’oeuvre. C’est d’autant plus vrai que le dispositif technique, la chambre photographique, impose un rythme beaucoup plus lent et une mise en oeuvre moins aléatoire, moins instinctive que tout autre type de reportage photo. C’est aussi ce qui permet un tel détail dans les images.
Même si les éléments constitutifs des paysages capturés ne proviennent ni de l’adaptibilité du monde vivant, ni d’un quelconque façonnage par l’homme, on se demande bien parfois - sinon à chaque page - comment la nature peut à ce point faire preuve d’originalité, de diversité. L’art du photographe, dans ce livre, aura été de provoquer chez nous cette rêverie, cette vue de l’esprit voulant que rien n’est là par hasard, que tout a été disposé ainsi par une force divine, alors qu’il n’en est rien : la nature, rien de plus, son impétuosité, sa capacité à se renouveler, à se métamorphoser, voilà ce qui se déroule sous nos yeux dans ces pages. Saluons le génie du photographe pour avoir su capter une palette de couleurs aussi vaste, en jouant sur les lumières, naturelles elles aussi, et en associant au meilleur moment la géologie de la terre avec la façon dont celle-ci se trouve éclairée.
Ce recueil de photographies est ponctué de deux textes, lesquels vont d’une part encore plus loin dans l’analyse géologique. Au point, avec Guillaume Cannat, de rapprocher celle-ci de certains autres corps célestes du système solaire. Pour revenir, d’autre part, sur l’évolution, à notre échelle humaine, de cette terre lointaine. Sa situation économique et sociale, ou encore son rayonnement mondial, notamment dû à la légendaire beauté de ses paysages.
Présentation de l’éditeur
Terre de glace et de feu, île de paradoxes, l’Islande ne cesse d’étonner et d’envoûter toute personne qui s’intéresse, de près ou de loin, à cette contrée mystérieuse. Ce bout de terre, le plus jeune du globe géologiquement, ne cesse de se déformer. Glaciers et volcans y cohabitent dans une étrange harmonie, ponctuée par de fréquentes irruptions. Les nombreux glaciers impressionnent par leur taille, tel le Vatnajökull, le plus grand d’Europe, ou par leur histoire, tel le Snaefellsjökull, que Jules Verne utilisa comme point de départ pour son Voyage au centre de la Terre. Au milieu d’une nature en pleine effervescence, baignée d’odeurs de soufre, où résonne le bruit inquiétant des clapotis, Patrick Desgraupes a touché du doigt l’origine du monde, fixant des paysages dantesques : champs de solfatares, marmites géantes de boue en ébullition, montagnes colorées de dépôts sublimés jaunes, orange, verts, blancs ou roses. Les conditions climatiques extrêmes, les longues heures de marche nécessaires pour atteindre certains sites, le caractère désertique de cette terre, les lumières changeant au gré des saisons qui modifient encore des éléments en perpétuel mouvement se reflètent dans des clichés aux couleurs irréelles, semblant saisir au même moment l’enfer et le paradis.
Informations pratiques, notation et achat :
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Parution : 7 octobre 2005 Collection : TERRES LEGENDE Format : Relié 175 pages ISBN : 2866654110 Prix : 38 euros Dimensions (en cm) : 29 x 2 x 30 Note sujet : 5/5 Note photos : 5/5 Note textes : 5/5 Note esthétique : 5/5 |
En savoir plus sur :
- Patrick desgraupes Photographe
- Guillaume cannat Auteur
- Einar Mar jonsson Auteur
- Hermé Editeur
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1 Message
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14 décembre 2007 18:59, par GUYGUILLON

