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Par Didier Gualeni
26/03/07 1645 visites Impression (PDF) |
Livre photo ethno, humanisme, histoire
L’odyssée de Paul Nadar au Turkestan. 1890

Dans l’histoire de la photographie Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar a une place de choix comme portraitiste et précurseur de la photographie aérienne. On connaît moins son fils, Paul qui exercera le métier de photographe sous le même pseudonyme et qui prit la succession de l’entreprise familiale. Passionné de photographie, il déposera de nombreux brevets et inventera un appareil photographique léger. La qualité de son travail est parfaite, au point que certaines de ses images ont été attribuées injustement à son père. A 34 ans il se rendra célèbre par son reportage sur la ligne du Transcaspiens qui relie Tiflis à Samarcande et inspirera Jules Verne pour l’un de ses romans.
Paul Nadar se déplace pour se rendre à l’exposition universelle de Tachkent (capitale actuelle de l’Ouzbékistan). Son voyage durera deux mois et demi, entre fin août et mi novembre 1890. Mais qu’allait-il faire à Tachkent ? On ne connaît pas vraiment ses motivations ni celles de ceux qui l’ont aidé et qui ont financé son périple. Le général russe Annenkoff qui a construit la ligne du Transcaspien lui offre un laisser passer pour circuler gratuitement sur les trains russes. Il prend également en charge son accueil à chaque étape et ses déplacements en voiture à cheval. Par ailleurs il est presque certain que Gustave Pereire qui est issu d’une grande famille de banquiers a assumé tous les autres frais. Les Pereire s’intéressaient aux financements des chemins de fers à l’étranger et toute une série d’images sur le matériel ferroviaire laisse à penser qu’il s’agissait pour partie d’une commande d’observation.
L’organisation du voyage est très bien orchestrée par le général russe Annenkoff. Aussi on ne peut pas dire que Paul Nadar part à l’aventure, par contre il emmène dans ses bagages sa grosse chambre à plaque de verre, ce qui est en soi une aventure mais également la dernière invention de George Eastman, un petit appareil Kodak à rouleaux, le "n°2" ainsi que le tout nouveau "Détective Nadar." Il ramènera avec lui près de 1200 clichés et de nombreux textes qu’il poste à ses parents presque tous les jours. Pour Jules Verne la famille Nadar est source d’inspiration car il a déjà utilisé l’anagramme de Nadar (Félix) pour le personnage de Michel Ardan dans son livre « De la terre à la lune », le voyage en train du fils, l’inspire également car il donne naissance au livre « Claudius Bombarnac » . Ce dernier raconte les aventures d’un jeune reporter qui part à la découverte des trains russes en empruntant l’ancienne Route de la soie. Jules Verne en véritable visionnaire imaginera le prolongement de cette ligne de chemin de fer jusqu’à Pékin. Les illustrations qui accompagnent l’ouvrage « Claudius Bombarnac » sont dessinées par Léon Benett qui s’est très probablement inspiré des clichés de Paul Nadar.
Son matériel léger lui permet de réaliser des images prises sur le vif, les villes sont vivantes, les rues sont animées, les scènes de fantasia sont très modernes. Paul Nadar s’est libéré de l’académisme ambiant et son témoignage sur cette région à cette époque est unique. Les images sont accompagnées de commentaires extraits de sa correspondance à ses parents, de citations d’Alexandre Dumas, de Jules Verne et des récits de voyageurs ou savants qu’il a retrouvés à l’exposition de Tachkent, comme : Elisée Reclus, Edouard Blanc, Napoléon Ney. On saluera le travail remarquable des auteurs, Anne-Marie Bernard et Claude Malécot, tous deux spécialises de Paul Nadar qui ont su retranscrire cette odyssée de façon véritablement captivante.
Présentation de l’éditeur
L’exposition universelle de Paris en 1889 permet à l’atelier Nadar de présenter toutes les nouvelles facettes de l’illustre maison. Mais aussi à Paul,fils et successeur de Félix, de rencontrer George Eastman, dont il est le diffuseur exclusif en france. Paul Nadar décide de tester les petits appareils de photographie instantannée (le Kodak n°2 et son propre détective Nadar) dans un périple aventureux qui fera de lui le digne émule des explorateurs qu’il a vu défiler dans l’atelier familial, Elisée Reclus, Sarvognan de Brazza...
En deux mois et demi, il accumule plus d’un millier de clichés souples (reproduits ici dans leur dimension d’origine) mais aussi d’importants clichés-verre, car il n’a pas pour autant abandonné sa lourde chambre traditionnelle.
Paul Nadar, qui assume déjà depuis longtemps le relais de son père à l’atelier, signant des portaits magnifiques souvent attribués au fondateur, révèle ici son talent de reporter et sa sensibilité à la beauté des paysages : il réalise des images à la fois d’une grande qualité technique et esthétique et d’une grande modernité. Il n’est pas étonnant qu’à son retour, la notoriété l’attend, on lui réclame une interview, une conférence, des photographies...
Les images reproduites dans cet ouvrage sont commentées par des extraits des lettres presque quotidiennes du photographe à ses parents, entièrement inédites, et ceux de récits contemporains.
Textes et iconographie rassemblés par Anne-Marie Bernard et Claude Malécot.










Infos pratiques, notation et achat :
| 272 pages Dimensions : 23,8x18 cm Illustrations en bichromie Format : relié pleine toile sous jaquette Parution : janvier 2007 Tarif : 42 euros Note sujet : 5/5 Note photos : 5/5 Note textes : 4/5 Note esthétique : 4/5 |
En savoir plus sur :
- Paul nadar Photographe
- Editions du Patrimoine / Monum Editeur
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