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L’oeil démocratique de William Eggleston

L'oeil démocratique de William Eggleston

C’est en découvrant les travaux de Robert Frank et d’Henri Cartier-Bresson qu’Eggleston vient à la photographie, qu’il pratique d’abord en noir et blanc puis en couleur dès la fin des années 60. A partir de son environnement intime – la plantation familiale et la campagne du Tennessee, sa maison et les rues de Memphis - il se plonge dans une exploration sans fin de l’univers quotidien des gens qui, comme lui, vivent dans le Sud des Etats-Unis.

Son intérêt pour le banal le rapproche de Walker Evans, mais sa vision du monde et son style l’en écartent sensiblement. William Eggleston photographie tout, sans distinction ni hiérarchie, et son approche très libre du sujet n’a rien à voir avec les vues frontales et sans effets du style documentaire. Contrairement à Evans, il surprend et déstabilise par des points de vues inattendus, des cadrages et des compositions hors des canons esthétiques et la présence insistante de la couleur.

(c) William Eggleston / Collection Fondation Lhoist
© William Eggleston / Collection Fondation Lhoist

L’exposition présentée à Lectoure est en deux parties : un ensemble de vingt photographies composé par Eggleston pour la collection Lhoist, complété ultérieurement par deux autres tirages, et le portfolio Graceland, prêté par le Fonds national d’art contemporain, qui comprend onze photographies prises par Eggleston dans la maison d’Elvis Presley à Memphis.

A l’exception des deux tirages Iris récemment acquis par la collection Lhoist, toutes les oeuvres exposées ont été réalisées selon le procédé du dye transfer, découvert par Eggleston en 1974 dans le catalogue d’un laboratoire sous le slogan : "De l’image la moins chère au nec plus ultra".

Le nec plus ultra, était le "dye transfer". Je suis monté directement voir ça sur place, et je n’ai vu que des travaux publicitaires, des images de paquets de cigarettes ou de bouteilles de parfum, mais la saturation des couleurs et la qualité de l’encre étaient incroyables. Je ne pouvais pas attendre de voir à quoi ressemblerait une image d’Eggleston imprimée avec cette technique. Toutes les photos que j’ai tirées par la suite selon ce procédé étaient magnifiques, et chacune semblait encore plus belle que la précédente. The Red Ceiling (le plafond rouge), est si magistral qu’en fait je n’en ai jamais vu de reproduction qui m’ait satisfait. Quand on regarde le colorant, c’est comme du sang qui mouille les murs... William Eggleston

 

(c) William Eggleston / Fonds national d'art contemporain
© William Eggleston / Fonds national d’art contemporain


Informations pratiques :

L’oeil démocratique de William Eggleston
Du 26 janvier au 23 mars 2008
Centre de photographie de Lectoure (32)
Tarifs : 3 €, réduit : 2 €, gratuit pour les moins de 18 ans.
Vernissage le 26 janvier à partir 15h30 (avec présentation du film et conférence de Gilles Mora)
 


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