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L’œuvre d’art et sa reproduction photographique

L'œuvre d'art et sa reproduction photographique

La reproduction des œuvres d’art est, dès l’annonce de l’invention de Daguerre, considérée comme un sujet primordial pour la photographie. Les qualités de précision, de clarté de la nouvelle invention sont louées, même par ses détracteurs les plus farouches. La copie des œuvres d’art constitua pour les premiers grands photographes un enjeu artistique majeur, face à la gravure notamment.

C’est, comme l’a rappelé récemment Henri Zerner, sur ce terrain que se jouait, en grande partie, l’avenir de la photographie d’art. Servir fidèlement la peinture et le dessin, en particulier, était alors à l’occasion de prouver la capacité du photographe de comprendre l’esprit de l’artiste, de saisir sa manière, de la retranscrire. Francis Wey louait ainsi la photographie sur papier en 1851 : "Que le peintre-copiste ou le graveur soient savants et habiles, ils changeront le caractère du modèle, et, s’ils ne le sont pas, ils échoueront à le copier. À ces difficultés, on ne peut opposer que l’héliographie, et c’est sur ce terrain qu’elle est appelée à enfanter des merveilles." (La Lumière, 23 mars 1851). Les contraintes techniques d’éclairage, la difficulté de rendre les valeurs de la toile, l’impossibilité de déplacer l’œuvre à photographier exaltaient encore leur talent.

Charles Negre (Grasse, France, 1820-1880) "La Renommée chevauchant Pégase", sculpture d'Antoine Coysevox, place de la Concorde, à Paris, 1859. Epreuve sur papier albuminé à partir d'un négatif verre albuminé, 44 x 35,4 cm. Don de Monsieur Joseph Nègre Paris, musée d'Orsay
Charles Negre (Grasse, France, 1820-1880) "La Renommée chevauchant Pégase", sculpture d’Antoine Coysevox, place de la Concorde, à Paris, 1859. Epreuve sur papier albuminé à partir d’un négatif verre albuminé, 44 x 35,4 cm. Don de Monsieur Joseph Nègre
Paris, musée d’Orsay

Dès le début des années 1850, des tentatives commerciales de diffusion des œuvres d’art par la photographie se mettent en place. À Lille, Louis Désiré Blanquart-Evrard ouvre son imprimerie photographique qui diffuse, à l’intention des artistes et des amateurs d’art, des reproductions d’architecture et d’œuvres d’art. Dès 1853, la maison d’édition Goupil, spécialisée dans la création et la vente de gravures en taille douce, commercialise des photographies, parmi lesquelles les images prises en Égypte par Félix Teynard. De 1853 à 1858, Goupil vend plusieurs séries dont la Notice sur la vie de Marc-Antoine Raimondi, illustrée par des photographies de Benjamin Delessert, L’œuvre de Rembrandt, réunissant des photographies des dessins réalisées par les frères Bisson et première publication consacrée à un artiste contemporain, L’œuvre de Paul Delaroche, publié en 1858 avec des photographies de Robert J.Bingham. En 1855, Adolphe Disdéri photographie les salles de l’Exposition universelle de 1855 ; le fonds du peintre Edmond Lebel, récemment acquis par le musée d’Orsay, réunit un ensemble de photographies des tableaux présentés lors de l’exposition ; images sans doute prises par Désiré Lebel, père d’Edmond, associé à Disdéri. Ces photographies constituent un témoignage rare et précieux de cet événement. Adolphe Braun diffuse, dès les années 1850, de nombreuses reproductions photographiques d’œuvres d’art prises dans les musées français et étrangers. Sous la dénomination sociale « Ad. Braun et Cie », la maison devient, en décembre 1883, le premier photographe officiel du musée du Louvre, ayant réussi, après bien des années d’incertitudes, de luttes commerciales et techniques, à vaincre les réticences des conservateurs et de l’administration du musée.

Robert Jefferson Bingham ( ?, Angleterre, 1825 - Bruxelles, Belgique, 1870) « Lord Strafford allant au supplice », tableau de Paul Delaroche (1835), 1858. Épreuve sur papier albuminé d'après un négatif verre au collodion, 17,4 x 21 cm. Paris, musée d'Orsay
Robert Jefferson Bingham ( ?, Angleterre, 1825 - Bruxelles, Belgique, 1870) « Lord Strafford allant au supplice », tableau de Paul Delaroche (1835), 1858. Épreuve sur papier albuminé d’après un négatif verre au collodion, 17,4 x 21 cm.
Paris, musée d’Orsay

L’accrochage L’Œuvre d’art et sa reproduction photographique présente environ quatre-vingts photographies issues de la collection du musée d’Orsay. Il n’a pas vocation à retracer un panorama de l’histoire de la reproduction photographique d’œuvre d’art, sujet complexe et divers, longtemps négligé par les historiens d’art, que les récentes expositions et publications du musée Goupil, en particulier, ont contribué à mieux circonscrire.

Conçu en fonction de l’histoire de la collection du musée, il valorise ses points forts autour de la présentation d’œuvres d’art photographiées dans les salles de musées, lors des salons annuels ou des expositions internationales. Il montre ainsi, à côté de photographies de Talbot, Bingham, Robert, par exemple, les photographies du Salon de 1850-1851 par Gustave Le Gray ou celles du stand de Froment-Meurice à l’exposition des Produits de l’Art et de l’Industrie de 1849 réalisées par Pierre-Ambroise Richebourg.

Alfred Stieglitz (Hoboken, Etats-Unis, 1864 - New York, Etats-Unis, 1946), Brancusi Sculpture, March 1914. Epreuve photomécanique (similigravure), Camera Work n° 48, octobre 1916. 11 x 14 cm. Don de Minda de Gunzburg par l'intermédiaire de la Société des Amis du Musée d'Orsay. Paris, musée d'Orsay
Alfred Stieglitz (Hoboken, Etats-Unis, 1864 - New York, Etats-Unis, 1946), Brancusi Sculpture, March 1914. Epreuve photomécanique (similigravure), Camera Work n° 48, octobre 1916. 11 x 14 cm. Don de Minda de Gunzburg par l’intermédiaire de la Société des Amis du Musée d’Orsay.
Paris, musée d’Orsay

L’accrochage réunit des photographies de tableaux, de sculptures et d’objets d’art et tente de montrer le rôle essentiel pris par la photographie, dès 1850, dans la diffusion et la connaissance des œuvres d’art, et sa participation étroite à l’élaboration de l’histoire du goût.

Commissaires : Dominique de Font-Réaulx, conservateur au musée d’Orsay et Joëlle Bolloch, chargée d’études documentaires au musée d’Orsay

Publication :

La photographie au musée d’Orsay : L’œuvre d’art et sa reproduction photographique
96 pages, 62 illustrations en quadrichromie
disponible en français, anglais et italien
coédition : 5 Continents/musée d’Orsay
diffusion : le Seui
prix : 10 euros

Source : Musée d’Orsay


Informations pratiques :

L’œuvre d’art et sa reproduction photographique
Du 27 juin au 24 septembre 2006
Musée d’Orsay, Galerie de photographie, niveau 0, côté rue de Lille (Paris)
 


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1 Message

  • 68 L’œuvre d’art et sa reproduction photographique
      29 août 2006 20:54, par Veronica

    Bonjour, j’aimerais travailler avec un photographe qui photographie les oeuvres d’art, pour me spécialiser dans ce domain. Si quelqun cherche un assistant, merci de me contacter.

    veroncola@hotmail.com

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