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15/12/07 -
Par Antonin Sabot (usage interdit)
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LS/S

Avec LS/S, la photographe allemande Beate Gütschow propose une vision bien particulière de l’art du paysage. Entre peinture et photographie.
De belles prairies avec un arbre parfaitement posé au tiers de l’image. Des paysages urbains complexes. Arrières et premiers plans s’enchaînant à merveille, lumières harmonieuses et chaudes. Personnages en contemplation devant la nature si parfaite. Les paysages photographiés par la photographe allemande Beate Gütschow sont des exemples de composition.
Sauf qu’en y regardant de plus près, on voit très vite ce qui cloche : ces paysages ne sont pas réels. Les prairies qu’elle nous montre n’ont peut-être pas connu d’arbres tels que ceux que l’on voit sur ces images, les gens qui semblent les regarder admirativement n’y ont sûrement jamais mis les pieds. Les paysages de Beate Gutschow sont des montages, des puzzles, des illusions numériques.
La première partie du livre s’intitule LS pour Landshaft, paysage. La photographe reconstruit des paysages « naturels » à partir de prises de vue réelles. Dans un entretien (en anglais) présent dans le livre, elle explique qu’il s’agit de figurer le désir de l’homme de contrôler son environnement. Au-delà du discours, l’intérêt est la sensation étrange que l’on éprouve devant cette nature fausse, reconstituée mais si vraisemblable. On croirait avoir vu ces endroits au cours d’une promenade et pourtant, quelque chose nous dit qu’ils sont faux. Parfois, les détails trahissent le montage, mais de toute façon, l’artiste ne cache pas le montage, donc on sait que l’on regarde délibérément une scène qui n’est pas réelle.
La deuxième partie s’appelle S pour Stadt, la ville. Là encore, l’artiste a choisi le même mode de création. Elle a assemblé des morceaux réels d’architecture pour en faire de faux paysages urbains. Cette fois en revanche, les composition sont bien moins vraisemblables. D’immenses tours reliées par des ponts. Des bâtisses imposantes aux milieux de terrains vagues. Ces villes au milieu de rien semblent sorties de rêves plus que d’ensembles urbains. Mais c’est parce que cette partie symbolise le chaos dans lequel nous vivons, comme l’explique Beate Gütschow. Intéressant sûrement, mais moins absorbant que la première partie. Pour le coup, on aimera plus pour la performance graphique - impressionnante cela dit - que pour l’étrangeté des sensations éprouvées.
Reste une constante devant ces différents paysages. A chaque fois que l’artiste y fait figurer des êtres humains, ils semblent déplacés, apposés. Ils sont là sans l’être vraiment. Dans des paysages irréels construits par l’imagination humaine, l’humain, justement, n’aurait pas à sa place. Etrange morale ou simple constat ? Difficile de trancher.
Informations pratiques, notation et achat :
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Format : relié 34 x 29.8 cm 80 pages 32 photographies couleurs et N&B Langue : Anglais Parution : 1er Octobre 2007 ISBN-10 : 1597110469 ISBN-13 : 978-1597110464 Prix : 47.95 € Notes : Intérêt du sujet : 4/5 Photographies : 3.5/5 Texte : 3.5/5 Présentation : 4/5 |
En savoir plus sur :
- Beate gütschow Photographe
- Aperture Editeur
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