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Photographe Famille
Communiqué
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Exposition photo

La galerie Le Lieu accueille la bourse du talent

La galerie Le Lieu accueille la bourse du talent

Chaque année, Kodak, Picto, Prophot et photographie.com organisent la bourse du talent au profit de jeunes photographes. Cet été, Le Lieu réunit les 12 artistes sélectionnés pour l’édition 2005, dans une exposition où chacun montre à sa façon comment il a abordé " l’espace ", le paysage et l’architecture.

Pierre-Franck Colombier

Les vacances finies, les derniers tours de manège achevés, l’espace reprend ses droits. Le temps ralentit, je retrouve seul à redécouvrir les lieux. De rues désertes en sentiers, loin de l’agitation des villes, de la foule, le sable crisse sous mes pieds. Au bruit des vagues, parmi les senteurs iodées, je déambule pour le plaisir. Mon regard se porte sur le ciel, les arbres, le sable, la mer. La nuit, l’humidité de l’air crée un légère brume. J’ai tout mon temps. Les étoiles, visibles certains soirs, bougent lentement dans le ciel. La nostalgie n’est pas loin, le rêve m’appelle.

Fin de saison - Hors saison (c) Pierre Franck Colombier
Fin de saison - Hors saison
© Pierre Franck Colombier

Ciril Cincet

Cécile et Paul ont acheté la villa « Les Plantes » en 1947, quatre générations dont la mienne y ont coulé des vacances heureuses. Mais un jour il a fallu le vendre. Avant qu’une autre famille s’y installe, j’ai voulu garder quelques fragments d’me de cette maison où j’ai tant de souvenirs.

Les Plantes (c) Ciril Cincet
Les Plantes
© Ciril Cincet

Cédric Delsaux

On pourrait commencer ainsi, la passerelle du RER est momentanément fermée pour cause de guerre inter-galactique opposant des gardes de Vador à un groupe de jedï retranché dans le gymnase Jacques Prévert. Ou encore, A vendre Visa blanche, 1983, 182 000 Km, accompagnée d’un droïde « r2d2 » 10 milliards de Km parcourus, ayant sauvé 3 fois la galaxie. Il y a, pour moi, un vrai plaisir à méler ces incohérences, à tenir dans un même cadre le proche et le lointain, le rêve et le réel. L’objectif de départ était de photographier la banlieue, là ou je vis, avec ces parkings à répétition, ces zones mixtes et souvent ternes, qui me touchent pourtant dans leur banalité, voire dans leur laideur. Comme pour le premier volet de ma « vitrine des choses », qui s’occupait du nord rêvé de mon enfance, je n’ai nullement tenté de me greffer sur un discours politique ou sociologique. Ce qui m’importait, c’était de donner une profondeur, de rendre étrange et mystérieux ces lieux hétérogènes et trop souvent stigmatisés. Grâce aux personnages de Star Wars, la banlieue devient le décors grandiose et affligeant - comment ne pas se croire parfois en plein étoile noire ? - d’une histoire dont elle occupe enfin le centre. Ainsi transfigurée, elle offre le spectacle d’une violence cathartique et sans enjeu. Mais pourquoi de simples personnages tirés d’une mythologie hollywoodienne arrivent-ils à en modifier notre perception ?

La vritrine des choses (c) Cédric Delsaux
La vritrine des choses
© Cédric Delsaux

Caroline de Vries

Cette série montre des espaces publics à Tokyo et se veut être une respiration poétique au coeur de la mégalopole saturée. Ici, le temps semble figé. La présence humaine est perceptible par des indices ; objets abandonnés ou en attente. Mes images parlent de la fragilité des êtres et des choses, réfugiés dans une nature idéalisée et façonnée par l’Homme, et des interactions étranges entre la ville et le paysage. Ces "Natures mortes" peuvent être vues comme des installations éphémères ou comme les signes évocateurs d’une des facettes de la société japonaise.

Tokyo (c) Caroline De Vries
Tokyo
© Caroline De Vries

Jean Lionel Dias

La ville de Pékin s’ouvre à l’étranger, comme toute la Chine. Elle est entrée dans une Double phase, d’expansion et de rénovation. Face à la modernisation, la municipalité s’est attaquée à la construction de nouveaux quartiers (zones industrielles, commerciales, ou résidentielles), et à la modification de la vieille ville. La production de logement concerne deux types de localisations. Les quartiers dégradés, de maisons traditionnelles « Hutong » de la vieille ville son une première cible : on a assisté à des controverses parmi les urbanistes face au dilemme réhabilitation/rénovations, mais au milieu des années 80 la rénovation l’a emportée. 2 millions de m2 ont été détruits et remplacés par des immeubles collectifs à proximité immédiate de la cité interdite. Le problème des anciens résidents, souvent attachés à leur quartier, reste entier car par souci d’économie des coûts, les logements construits sont petits et ne contiennent pas toujours d’équipements sanitaires complets. D’autre part, la construction de logements concerne les nouveaux quartiers en périphérie, "rongés" sur les espaces agricoles. Ces travaux sont parfois de grande envergure, comme pour le quartier de Wangjing au nord-est, Fangzhuang au sud-est (qui regroupe 76000 habitants dans un ensemble aux traits de ville nouvelle). Les logements sont des tours de grandes hauteurs (jusqu’à 30 étages), ou des barres, et quelques immeubles bas, selon des styles variés de construction. Il paraît étonnant que la Chine, qui s’ouvre au monde, reproduise à la fois les modèles soviétiques et les erreurs des urbanistes occidentaux des années 60, en "choisissant" un modèle de cités où les individus coexistent sans réellement créer une société - il faut ici reconnaître les spécificité de la société chinoise, ainsi que l’impératif de l’ampleur de la population. L’accès à ces logements est lié à l’appartenance aux unités de travail qui ont acquis des espaces de vie, comme à l’époque maoïste où chacun vivait à proximité de ses collègues de travail.

Remote control (c) Marina Gadonneix
Remote control
© Marina Gadonneix

Marina Gadonneix

Télévision est une série commencée au début de l’année 2005 et qui aborde la question de la mise en scène médiatique. À l’heure où l’écran de télévision est de plus en plus présent, (y compris au sein des émissions de télévision) je voulais présenter ces plateaux qui nous parlent du monde, plateaux déserts laissés à l’abandon, ou en attente d’une émission vivante. Limiter le lieu à ses décors privés de tout ce qui fait ordinairement ’la magie’ de la télévision : lumières criardes, discours parfaitement ordonnés. J’ai cherché à souligner l’esthétisme étrange qui s’y dégage lorsque nous regardons ces plateaux vidés. Ils ressemblent à des théatres où se jouerait la réalité de notre époque contemporaine ; ce sont des documents sur notre propre actualité.

Delphine Gamblin

Il y a des espaces sans frontière réelle, Mais qui correspondent à des non-lieux. Comme s’il fallait passer de l’un à l’autre, Franchir un cap, une ligne imaginaire. Délimités par une barrière, un muret, Un immeuble ou un bout de terre, Ces espaces semblent Souvent ne pas faire partie du décor Comme s’ils avaient été oubliés. Et pourtant si familiers, Ces petits bouts de non-existence Sont parfois insolites, Réfléchis ou anarchiques, Beaux ou laids, Ils sont évidents, Abstraits et très graphiques.

Derrière le lac (c) Delphine Gamblin
Derrière le lac
© Delphine Gamblin

Dominique Mallard

Département de l’Oise, commune de St Rémy en l’Eau, rue de l’église, C’est là qu’habitait ma grand-mère. J’ai photographié cette maison durant les trois derniers hivers. La maison, triste btisse de briques et de torchis a été vendue et rasée. Construite par mon arrière-grandpère elle abrita plus de cinq générations qui grandirent, connurent de merveilleux moments, parfois aussi, de tristes événements. Elle traversa deux guerres, abrita un aviateur anglais, devint café-épicerie et surtout fut le lieu de rassemblement de toute une famille pendant si longtemps qu’elle semblait être un phare éternel. Que restait-il, dans ces pièces vides tapissées de silence ? De même que l’on ne reconnaît pas le visage d’un défunt, le froid -dernier locataire- farda ces lieux de ses tristes feux. Ainsi est-je fait ces images, autant de balises incertaines posées sur un chenal sombre.

L'ombre froide du lierre (c) Dominique Mallard
L’ombre froide du lierre
© Dominique Mallard

Sandrine Marc

La ville est le lieu de tous les croisements. Nous la traversons chaque jour à grandes enjambées. Elle rythme notre quotidien. On fait partie d’une cité, on la fait vivre, on se déplace en empruntant les réseaux, les axes de circulation. La vie urbaine se compose et se décompose à tout instant sous les pas de ses habitants. Les pas façonnent l’espace. Ils trament les lieux sans laisser de traces. La photographie fige la ville, elle la découpe, elle isole, elle effectue une « autopsie du corps urbain ». Le dispositif photographique a cette capacité à garder une trace, il arrête le temps (virtuellement). Voici quelques prélèvements urbains enregistrés à Paris.

Flux (c) Sandrine Marc
Flux
© Sandrine Marc

Alex Profit

Il s’agit d’un voyage imaginaire dans un monde hors du temps. Les images jouent sur l’ambiguïté d’un univers à la fois réel et artificiel ou les sujets prennent des allures de décors. L’aspect ludique et anachronique est très présent, il est une sorte de miroir qui reflète un monde de l’enfance vécue ou imaginée. Mon approche fait référence aux films de Jacques Tati ainsi qu’aux ’Boring postcards’ de Martin Parr. La photographie me pousse à aller vers ce qui me semble étranger et cela peut se passer au coin de ma rue ! Elle est devenue pour moi une raison pour explorer de nouveaux territoires, aller voir ailleurs, sortir de ma propre frontière et en revenir pour fabriquer mon voyage intérieur. En fait, elle me transporte aussi inconsciemment vers mes propres racines.

En technicolor (c) Alex Profit
En technicolor
© Alex Profit

Patrick Smith

Ce travail est issu d’une réflexion personnelle sur la mise à distance du sujet. Une grande partie de la presse magazine pratique aujourd’hui une économie de l’image particulière : privilégier le gros plan, l’image qui marque ou qui frappe, au détriment d’une réflexion en profondeur. J’ai ressenti le besoin de trouver ma « bonne distance », afin de mieux faire partager mes impressions face à un espace donné, d’apporter une contextualisation, de donner à voir les flux à l’œuvre dans l’espace contemporain. Aujourd’hui l’espace est presque toujours la conséquence d’un projet humain. L’homme modifie le paysage, par son comportement, volontaire ou irréfléchi. Pour moi, le paysage s’actualise par la présence humaine et par la lumière ; l’espace existe alors par la rencontre d’un homme et d’une qualité de lumière particulière. Dans cette série, je porte un regard distancié, mi-amusé, mi-critique sur le monde qui m’entoure. Mon projet est de poursuivre cette approche à travers trois sujets - le traitement des déchets, - la civilisation des loisirs, - l’urbanisme et l’architecture des années 70.

La juste distance (c) Patrick Smith
La juste distance
© Patrick Smith

Joanna Tarlet-Gauteur

Portugal été 2005 Quelques pas dans la cendre... Ballade prémonitoire sur les restes du monde.

Portugal été 2005 (c) Joanna Tarlet Gauteur
Portugal été 2005
© Joanna Tarlet Gauteur


Informations pratiques :

Espace - Bourse du talent
Photographies de Ciril Cincet, Pierre-Franck Colombier, Cédric Delsaux, Caroline de Vries, Jean Lionel Dias, Marina Gadonneix, Delphine Gamblin, Dominique Mallard, Sandrine Marc, Alex Profit, Patrick Smith, Joanna Tarlet-Gauteur.
Du 22 juin au 2 septembre 2007
Galerie Le Lieu
Entrée libre - vernissage le jeudi 21 juin à 18h30
 


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