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La note bleue

La note bleue - Photographies de Christiane Sintès

Photographies de Christiane Sintès

Née en 1951 à Limoges, de formation scientifique, Christiane Sintès découvre à la fin des années 80 que la photographie peut lui permettre d’explorer une interrogation primordiale pour elle : le rapport de son être sensible avec le monde. Pour elle la photographie, ce n’est pas la possibilité de saisir l’instant décisif ou de dresser l’inventaire clinique d’un état des lieux, c’est la révélation d’un état d’âme dont le contexte n’est que l’une des enveloppes possibles, pour peu qu’il entre en résonance avec cet intime.

Elle s’intéresse à ce paradoxe qui joue sur l’apparition (révélation) et la disparition, qui utilise la durée pour parler de l’éphémère. Elle s’emploie à une entreprise de déréalisation pour capter les signes impalpables de l’essence derrière les apparences, de l’être derrière le paraître, ces poussières d’éternités coincées dans la course du temps, comme libérées par l’étirement de l’instant jusqu’à sa suspension, sa dilution dans l’espace.

Les images présentées à l’Artothèque municipale de Grenoble sont extraites de plusieurs séries réalisées par l’artiste, Le voyage d’hiver (2003), zone d’incertitude (2004) et la toute nouvelle série , La note bleue (2006), sténopés polaroids. Dans La note bleue Chritiane Sintès s’emploie a photographier un bonheur simple, en été , dans ce qu’il a d’éphémère. Vacances, vacuité, vide…étirement de l’instant, dérive de la couleur, jusqu’à la trace de l’absence.

(c) Chritiane Sintès
© Chritiane Sintès

Dans sa correspondance avec Chopin, Delacroix évoque les soirées à Nohant, en compagnie de George Sand, de ses enfants et des amis de passage. Chopin jouait jusqu’à l’épuisement, à la lumière des bougies et des lampes à huile. Il suspendait la musique soudainement, à la note bleue comme l’écrit Delacroix. Cette note ultime marquait le commencement de la vraie musique, dans le silence. La note bleue devenue la blue note en a conservé une impression de vertige. Elle hante l’espace indéfinissable de l’entre-deux. Elle se refuse à apparaître sur le papier et porte la trace indélébile de l’absence.Nicolas Charlet

 


Informations pratiques :

La note bleue
Photographies de Chritiane Sintès
Du 13 avril au 2 juin 2007
Artothèque municipale de Grenoble
 


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