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Communiqué
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La région humaine

Dès sa première édition, le Musée d’art contemporain de Lyon a souhaité s’associer à Septembre de la photographie. C’est ainsi qu’en 2004, le Musée accueille le photographe Stanley Greene avec 58 photographies consacrées à l’histoire du peuple Tchétchène. En octobre de la même année, Stanley Greene reçoit à New York le Prix W. Eugene Smith 2004 qui récompense son important travail sur la guerre en Tchétchénie. Pour cette nouvelle édition de Septembre de la photographie, le Musée d’art contemporain de Lyon décide de poursuivre son engagement et réalise une exposition de plus grande envergure. Michel Poivert et Gilles Verneret en assurent la direction artistique et conçoivent un projet autour d’une thématique mettant l’accent sur le caractère théâtral et universel des corps acteurs de l’urbanité. Près de 200 images photographiques réalisées par 35 artistes seront exposées ainsi que des vidéo-projections. Des rencontres-conférences seront également programmées.
Pour cette exposition, ces photographes contemporains présentent leur vision de la mise en scène des corps construite par la ville, expriment les relations entre le geste social et l’urbanisme, et la chorégraphie contemporaine qui en ressort. avec : Hermine Bourgadier, Christophe Bourguedieu, Clinic, Denis Darzacq, Philippe Durand, Florian Ebner, Pierre Faure, Frederick Froument, Arno Gisinger, Pascal Hausherr, Valérie Jouve, Nicolas Lebowitsky, Yveline Loiseur, Geoffroy Mathieu, Jean-Luc Moulene, David Mozziconacci, Laurent Mulot, Silvana Reggiardo, Gilles Saussier, Valentine Vermeil, Cyrille Weiner
ainsi que la Collection Neuflize Vie : Nobuyoshi Araki, Valérie Belin, Elina Brotherus, John Coplans, Philip-Lorca Dicorcia, Nan Goldin, Valérie Jouve, Ange Leccia, Tracey Moffatt, Melik Ohanian, Philippe Ramette, Paola Salerno, Beat Streuli, Patrick Tosani, Johan Van Der Keuken.
Hermine Bourgadier
Les images d’Hermine Bourgadier sont composées, mais non posées. Rien de fictif dans ces saisies documentaires des scènes de la vie ordinaire. On y observe toutefois le déploiement de micro-histoires. Rien toutefois ne pousse le spectateur à l’identification : si chaque individu pourrait bien être nous, il s’agit pourtant de personnages que distingue la saisie de postures singulières. Ils ignorent les enseignes dont l’échelle souvent les dépasse. Et la photographe fait de cette discordance une improbable légende.
Christophe Bourguedieu
Christophe Bourguedieu a fait des études de droit et de sciences criminelles, avant d’exercer divers métiers et de s’intéresser à la photographie. Il a aussi enseigné, notamment aux Arts Déco (Paris) ou à l’ECAL (Lausanne). La photographie qu’il pratique s’efforce de concilier des perceptions antagonistes. A l’évidence des portraits, à la sensualitédirecte des couleurs, répondent l’angle trop net d’un téléviseur ou ce canapé absurdement seul au milieu du cadre. « Car ce qui reste bien dans la photographie de Bourguedieu, une fois empruntées et épuisées toutes les fausses pistes, ce sont finalement les choses : une photographie quasi-existentialiste au sens ou elle vise à attester de manière directe de ce qui est là » explique Quentin Bajac, sur Le chien jaune. Son travail le plus récent, Les passagers, réalisé en Australie Occidentale en 2005, est particulièrement représentatif de son univers. Il y est question de lumière, de vies imparfaites et du sentiment inquiet que le monde n’est pas ce qu’il semble être.
Denis Darzacq
Denis Darzacq est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en 1986, il débute la photographie en suivant la scène rock française et devient également photographe de plateau sur de nombreux longs métrages (Satyajit Ray, Jacques Rivette, Chantal Ackerman, etc.) A partir de 1989, il collabore régulièrement avec le quotidien Libération et plus globalement avec la presse nationale. Il devient membre de l’agence VU en 1997. En 1994, avec Only Heaven , une promenade dans le monde de la nuit, il commence à exposer son travail photographique dans de nombreux festivals. Il reçoit en 1999 une commande du Ministère de la Culture sur la jeunesse en France. Lauréat du prix Altadis en 2000, il publie à cette occasion Ensembles aux Editions Actes Sud. En 2004, publication des ouvrages : Le ciel étoilé au dessus de ma tête aux Editions Janvier Léo Scheer et A quatorze kilomètres d ‘Auxerre aux Editions Atlantica. Exposition de son nouveau travail sur la ville de Bobigny aux R.I.P à Arles en 2005. En juin 2006, publication de « Bobigny centre ville » avec l’écrivain Marie Desplechin aux Editions Actes Sud.
Philippe Durand
La série Rejas (grillages, en espagnol) a été réalisée lors d’un voyage à la Havane. Si Cuba se révèle généralement être un objet photographique aisément identifié, il est ici méconnaissable. Et pour cause, le but de la manœuvre n’est certainement pas de donner à voir la ville cubaine, qui sert de simple prétexte topographique à une tout autre intention : celle de donner à penser la photographie, et ce du point de vue du photographe (actif), comme de celui qui regarde la photo (passif). Au premier plan, recouvrant tout le cadre, un grillage, net, pixellise l’arrière plan qui, lui, est flou : à peine distingue-t-on des arbres, une maison, un terrain de jeux. Le sujet, mis à distance, passe à proprement parler au second plan. Le grillage sert de séparation entre deux espaces : celui dans lequel se trouve le photographe, et a fortiori le spectateur, et l’autre, placé derrière. Il pose la question de l’enfermement, le champ de vision ne permettant pas de savoir si le photographe-spectateur n’est pas encerclé par ce même grillage, qui vient remettre en question le (libre) droit de regard du spectateur. Les photos de Philippe Durand métaphorisent le regard face à la photographie, entendue comme un moyen de représenter le visible, et, plus généralement, face à l’oeuvre d’art.
Pierre Faure
Pierre Faure est né en 1965 à Soissons. Diplômé de l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles. Dans son travail photographique, il cherche à figurer des relations, des liens, des individus pris dans la trame de l’espace public, comme autant de fictions. Il s’intéresse plus particulièrement aujourd’hui au montage. Ce travail a été réalisé au Japon dans le cadre d’une résidence à la villa Kujoyama.
Florian Ebner
Diplômé de l’Ecole nationale de la photographie d’Arles en 1994, Florian Ebner mène depuis un travail de photographe, d’historien et d’enseignant. La série Nomades est issue d’une fascination pour un certain état d’absorbement qui caractérise l’expérience ordinaire et quotidienne dans l’univers urbain.
Frederik Froument
Frederik Froument commence la photographie en 1994 après avoir suivit des études d’histoire de l’art. Il collabore depuis 10 ans avec la presse française et japonaise. Son travail se situe à la frontière du documentaire et de la fiction. Il emprunte à la tradition du reportage son dispositif et son vocabulaire mais les fait basculer dans l’univers de la narration intime, et multiplie les références au cinéma et à la littérature. Depuis trois ans, il explore l’imaginaire urbain à travers la série New Babylone Stories.
Arno Gisinger
Après avoir poursuivi des études d’histoire et de philologie allemande en Autriche, Arno Gisinger sort diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie (Arles) en 1994. Cette double formation d’historien et de photographe l’amène à travailler sur les relations entre mémoire, histoire et représentations photographiques. Artiste en résidence à Londres en 1995/1996 et à Paris en 2004, il partage aujourd’hui sa vie entre l’Autriche et la France, entre recherche artistique et enseignement.
Pascal Hausherr
Mon travail, exécuté en couleur au moyen format et à la chambre, a été ces dernières années consacré d’une part à l’autoportrait (Ce qui m’arrive, 1994, puis Jeux & Sagesse, 1995-1996, où apparaît peu à peu un personnage féminin), à la mise en scène de Marie-Hélène Clément, mon modèle exclusif (Les Incongruités, 1998 & 2000, A Nice Woman, 2001) et à une représentation emblématique du couple que je forme avec elle (Aimez-nous !, 1997, et Roman conjugal, 2000), d’autre part à des paysages que j’ai vite considérés comme des réminiscences du monde de l’enfance (Paysage français, 1998-1999, Suite Saint-Sulpice, 2004). Avec la série Catastrophes (2002), j’ai ressenti que partout et à tout moment une catastrophe était imminente. Je n’avais pas d’autre choix à ce moment-là que de conjurer ce vertige par un retour vif et critique dans les rues de Paris, occupé à repérer tout ce qui pouvait représenter de près ou de loin l’indice d’une menace. Ce travail a induit la série Aïe, aïe, aïe ! (2003-2004), qui tente de cerner à la chambre photographique, comme on manierait un Leica en pleine rue, une dimension politique, un état des lieux de ce qu’on appelle les appareils idéologiques d’état.
Valérie Jouve
Valérie Jouve prend en photographie l’homme anonyme dans son paysage urbain. Mais en amont de l’image reportage perçue comme un miroir de la réalité, elle crée des situations documentaires où la mise en scène relève d’une dynamique. Un échange s’établit alors entre les figures, leurs espaces urbains et le spectateur qui y voit non pas une présentation mais une représentation du monde. A partir de ces images de la rue, elle opère des coupes, des découpes, a recours parfois à des logiciels ou fait des montages dans lesquels les figures si esseulées soient-elles, dialoguent entre elles par le biais de la séquence et finissent par créer une singulière chorégraphie. Parfois, l’artiste demande à des " acteurs " - des personnes qu’elle connaît - , d’intervenir dans la ville, sacrifiant à une légère théâtralité avant d’obtenir un cliché qu’elle ne retouchera pas.
Nicolas Lebowitsky
D’origine polonaise, Nicolas Lebowitsky a commencé la photographie documentaire créative en 1999 avec la série Photographe de roman. Il cherche à joindre le mystère du réel et les approches sociologiques. En route vers Douchy-les-Mines, 2000 ; Les éphémèrtumes, 2000-2006 ; Plasma, 2003 ; Le studio contemporain, 2004 ; En pays d’Esroc, 2005 ; Les bimorphoses : le temps s’arrête à Ellingen, 2006. Nicolas Lebowitsky présente pour la première fois son travail au Musée d’Art Contemporain de Lyon : Plasma : Le plasma constitue 80 % de la matière présente dans l’univers ; notre sang est rempli de plasma ainsi que notre mental et nos écrans télévisuels. À quand l’éveil des endormis ? et Comment en suis-je arrivé là ? : Le sujet renvoyé à la misère du trottoir et l’objet contemporain au Musée. L’artiste se le demande encore, il n’y a pas d’autre révolution que le silence.
Yveline Loiseur
Le travail d’Yveline Loiseur explore les rapports entre l’individuel et le collectif à travers une grande diversité d’expressions plastiques. De manière documentaire dans un cadre citadin, ou en s’appuyant sur une forme complexe de mise en scène dans la sphère familiale, elle construit patiemment une topographie du quotidien avec présence de corps en suspens.
Geoffroy Mathieu
La série En ville présentée au Musée d’Art Contemporain de Lyon en est un extrait élaboré autour de la citation de Walter Benjamin : « Milieux et paysages ne se révèlent qu’à celui qui sait les saisir dans leur anonyme manifestation sur un visage », il s’agissait de saisir des regards, des attitudes, des gestes de citadins qui laissent transparaître la relation conflictuelle que leurs corps entretient avec son environnement urbain.
Jean-Luc Moulène
Jean-Luc Moulène travaille sur des situations spécifiques. Il pratique la photographie comme un outil d’étude des phénomènes naturels et culturels tels qu’ils ont été redéfinis par le développement de l’industrie, des médias et du commerce. Il situe la photographie entre Beaux-Arts, textes et médias. À distance d’un modèle de communication (une puissante utopie fonctionnaliste rêvant d’outils infaillibles d’appropriation de l’imaginaire et des pratiques sociales), il souligne l’écart entre outil et imaginaire pour produire de réelles alternatives poétiques. Il ne s’agit jamais d’un retour à l’original, mais d’actualisation et d’incarnation comme travail essentiel de l’Art.
Laurent Mulot
Né au Havre au siècle dernier, il y retourne parfois, voir sa mer et sa mère... Embarqué trop jeune dans des études de sociologie, il bifurque plus tard en Arts plastiques à Panthéon -Sorbonne. Il se jette dans la fabrication d’objets inutilisables (Galerie Neotu , Paris), puis dans la sculpture en France, tchéquie,Slovaquie et assidûment au Brésil. Très fatigué par le poids de l’acier, il s’en prend aux images (bien plus légères) et devient expert en photographies râtées, parutions, expositions, collections...Il continue son chemin et finalement trouve la réconciliation entre sa préoccupation esthétique, son intérêt sociologique, sa rage contre les médias de grande consommation en s’inventant faux-vrai reporter de sujets invendables mais qui le passionnent passionnément. Le résultat se montre sous la forme d’installation dans lesquelles le visiteur peux reconstituer une fiction documentaire où les protagonistes filmés, enregistrés, photographiés jouent leur propre rôle, c’est significativement le cas pour l’œuvre They come out at night, qui prolifère depuis 2001 à partir d’un endroit réputé pour être au milieu de nullepart, Middle of nowhere...C’est de ce milieu que le travail continue, sur le web, sur le globe, à suivre...
David Mozziconacci
David Mozziconacci s’intéresse à la représentation de l’individu dans le cadre du travail collectif en usine. Au surnagement de l’individu dans un lieu de production industrielle. Les gestes, les postures individuelles du travail face à la séparation des taches et de l’espace, sous contrôle permanent. La résistance individuelle de l’ouvrier face à la répétition, à la fragmentation des taches. Comment peut exister une individualité dans un système où personne ne peut revendiquer avoir fabriqué un objet dans son entier ?Il se consacre également à la représentation de l’habitat et de son architecture.
Silvana Reggiardo
Depuis une dizaine d’années, je développe un travail photographique autour des espaces ou des objets du quotidien : les télévisions et les objets qui les entourent, (objet télévision, Paris 1992-1997), la déambulation urbaine (les présences désagrégées, Paris 2000), les entrées d’immeubles d’habitation (lieux communs : paysages, Paris 2001, lieux communs intérieurs, Buenos Aires 2002), les lieux et les gestes du travail (W, Paris 2004). Trois grandes lignes de force traversent l’ensemble mon travail : le reflet, la vitrine et la transparence, l’écran et ce qui fait image. Si mes images sont de facture documentaire et portent une dimension réaliste et critique, elles sont en fait conçues comme un espace ouvert, où se fond également une dimension fictionnelle et fantastique. Dans ce processus paradoxal, le sens de l’image ne se trouve jamais là où on l’attend : il est toujours à reconstruire.
Gilles Saussier
L’ensemble de l’exposition s’articule autour de séries de tirages de grand format présentant les visages, en plans très serrés, de doyens, parfois centenaires, ayant passé leurs vies entières dans ces franges inconnues du delta. Véritables survivants dans un pays où l’espérance de vie plafonne à 53 ans, ces aînés sont surtout les dépositaires d’une mémoire. D’autant plus précieuse que leur environnement est sans contours durables. Les stigmates de ces visages offrent au visiteur une cartographie émotionnelle de ces franges. Ils livrent la boussole de visages, de noms, d’expériences : autant de points d’introductions à une réalité complexe et passionnante. Ainsi, les populations soumises aux calamités naturelles cessent d’être ces quantités purement statistiques dont les médias nous relatent sporadiquement les épreuves. Parce qu’ils nous requièrent d’abord en tant que visages, ces doyens nous ouvrent à la signifiance. Ils nous guident dans leur environnement, évoqué par des images éparses de paysages, d’objets, de matières.
Valentine Vermeil
Mon travail photographique traite de la charge émotive contenue dans un corps, un objet ou un paysage. Les sujets sont des terrains d’observations pour la tension qu’ils évoquent, leurs histoires passées ou à venir.La sensibilité exacerbée et déréglée des autistes produit une gestuelle particulière. Les expressions "non-verbales" sont leur façon d’être au monde et d’exprimer leur personnalité. Le corps est un espace-temps où des tensions internes transparaissent.
Cyrille Weiner
Ses réalisations personnelles s’intéressent aux usages des lieux et à la consommation des espaces. Il explore les porosités entre l’espace public et l’espace intime. Son univers est composé de nomades et de no man’s lands , de corps dans des décors improbables. Il interroge les représentations de la civilité et du vivre ensemble. La pratique artistique de Cyrille Weiner questionne le pouvoir fictionnel et poétique du document photographique. Les représentations sont tantôt familières, tantôt étranges, la fiction contamine le réel et le trivial cède la place à l’inquiétant. La catastrophe porte son ombre sur le lieu commun. Que celui-ci relève de la nature, de la ville, ou d’un entre deux indéterminé, il reste toujours des signes d’une présence humaine.
Informations pratiques :
La région humaineDu 22 septembre au 31 décembre 2006
Musée d’art contemporain de Lyon
En savoir plus sur :
- Hermine bourgadier Photographe
- Christophe bourguedieu Photographe
- Denis darzacq Photographe
- Philippe durand Photographe
- Florian ebner Photographe
- Pierre faure Photographe
- Frederick froument Photographe
- Arno gisinger Photographe
- Pascal hausherr Photographe
- Valérie jouve Photographe
- Nicolas lebowitsky Photographe
- Yveline loiseur Photographe
- Geoffroy mathieu Photographe
- Jean-Luc moulène Photographe
- David mozziconacci Photographe
- Laurent mulot Photographe
- Silvana reggiardo Photographe
- Gilles saussier Photographe
- Johan van der keuken Photographe
- Valentine vermeil Photographe
- Cyrille weiner Photographe
- Musée d’art contemporain de Lyon Lieu d’expo
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