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La terre de Mario Giacomelli vue du ciel à la BNF site Richelieu
En simplifiant on peut dire que Giacomelli a travaillé autour de grands projets :
Les gens de son village
Le séminaire non loin de chez lui
La maison de retraite où travaillait sa mère
Les champs et leurs sillons
L’abattoir
Les apparitions de visages dans des coupes de bois
L’illustration de poèmes
Lourdes
Des mises en scène étranges sur la fin de sa vie, où des pigeons et des masques sont présents sur presque chaque photo.
Pendant cinquante ans (il décède en 2000), il utilisera presque toujours le même appareil photo, un Kobell. Il a horreur de la technique et ira jusqu’à faire enlever de son boîtier, par des spécialistes milanais, "tout ce qui n’est pas utile", sur la fin il est entouré de ruban adhésif. Giacomelli est considéré comme un marginal dans le milieu de la photo, il fait tout lui-même y compris les tirages, il lui est impensable de confier le tirage de ses photos à quelqu’un d’autre. Son labo est un beau capharnaüm, il n’a aucune notion du rangement, ses négatifs ne sont pas datés et à une époque ils étaient rangés dans un sac poubelle noir. Il lui arrive de tirer plusieurs fois la même image avec un titre et une date différente, il ne tient pas de compte du nombre de tirages. Il ne veut pas fréquenter le milieu de la photographie, il se considère comme un artisan. II était royalement ignoré mais c’est à partir de 1990 que la côte de ses photos a énormément grimpé.
Ses photographie sont hyper contrastées, sa formation de typographe, ne lui fait voir que du noir et du blanc sur les pages, ce qui ne laisse pas trop de place aux gris. Il y a, dans ses images de champs pris en altitude, la volonté de faire de la peinture, de transformer le paysage en un tableau noir et blanc, de sorte qu’on ne reconnaisse plus forcément les maisons les sillons. Tout devient trait, rayure sans perspective, comme dessin fait à la plume et à l’encre. Il faut savoir que pour réaliser ses images, il a demandé à des agriculteurs de labourer leurs champs dans tel ou tel sens, il a fait des croquis. Il a organisé ce que l’on croit naturel, il sculpte le paysage. C’est un ami qui avec son un petit avion, lui a permis de faire ses vues aériennes en basse altitude. Mario Giacomelli a également fait de la peinture pour son plaisir, on sent dans certaines de ses photos des coups de pinceau.
Ses images d’abattoir font penser immédiatement aux peintures de Bacon avec ses carcasses, ses têtes dépecées et dégoulinantes de sang. Ses clichés de vieux, parqués dans un mouroir sont touchantes, elles firent scandale à l’époque où elles furent prises, elles ne cachent rien de l’état de déliquescence du corps qui attend la mort. Elles sont une sorte de miroir, de ces vieux que nous serons un jour.
Une très belle rétrospective à ne pas manquer.
Un beau livre Mario Giacomelli d’Alistair Crawford, est réédité aux éditions Phaidon - Version brochée, 428 pages, 45 €









Informations pratiques :
Mario Giacomelli. Métamorphoses, le réel et au-delàBibliothèque National de France
Site Richelieu
Du 1er février au 30 avril 2005
En savoir plus sur :
- Mario giacomelli Photographe
- Bibliothèque Nationale de France - Site Richelieu - Bnf Lieu d’expo
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