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Lartigue, l’art du fugitif à Roland-Garros

Lartigue, l'art du fugitif à Roland-Garros

Pour sa troisième exposition thématique depuis son inauguration en 2003, et à l’occasion du 20° anniversaire de la disparition de Jacques Henri Lartigue, le Tenniseum, musée de Roland-Garros, propose Lartigue, l’art du fugitif, consacrée au tennis et au mouvement dans l’oeuvre du photographe.

Organisée en collaboration avec la Donation Jacques-Henri- Lartigue, cette nouvelle exposition présente des photographies et des pages issues des albums de Jacques Henri Lartigue ; un ensemble de 95 clichés réalisés entre 1905 et 1929. 53 visuels se rapportent au tennis et 42 au mouvement dans sa pluralité. 27 photographies inédites seront exposées pour la première fois. Entre tennis et mouvement, Jacques Henri Lartigue a toujours parfaitement maîtrisé l’instantané. Des jeux et inventions familiales aux championnats du monde de tennis, des courses automobiles aux sports d’hiver, son rapport à l’image ne changera guère au cours des années. Lartigue se joue de la pesanteur et de la vitesse, capturant et restituant avec une facilité déconcertante pirouettes et sauts, embardées d’automobiles et vols d’aéroplanes. L’essentiel est dans la sensation recueillie, dans l’instant de bonheur immortalisé.

Les 95 photographies réunies dans le cadre de cette exposition guident le spectateur dans l’univers de Lartigue, témoin privilégié de son siècle. Une invitation au voyage, qui incite à se mêler à une foule enthousiaste suivant du regard le biplan de Maurice Farman, à trembler devant l’envolée de Francis Pigueron agrippé à sa luge, où encore à sursauter au crissement des graviers projetés lors de l’embardée d’un « bob »... Par le format retenu (60 x 80 cm), l’instantané révèle alors plus facilement l’expression d’un visage, un personnage au second plan, le drapé d’un vêtement. Certains clichés parmi les plus célèbres ont également été tirés sur de grandes toiles (4 x 3 m et 3 x 2 m).


Ce qui est passionnément amusant avec la photographie, c’est qu’elle est apparemment un art de surface, et pourtant elle attrape des choses que je n’ai même pas perçues.

 

Jacques Henri Lartigue, l’Œil de la mémoire, éditions Carrère/Lafon, 1986.

Photographe de l’intime et du quotidien, Jacques Henri Lartigue classe ses photos dans quelque 130 albums, riches des petits bonheurs collectés tout au long de sa vie. Quelques reproductions de ces pages d’albums sont exposées, telles que l’artiste les a imaginées, générant du mouvement au sein même de la planche, jouant des tirages et des formats, découpant ou recadrant l’image. Huit doubles pages de carnets reproduisant notes et dessins sont également mises en valeur, témoignant du regard de l’artiste sur sa propre vie. En outre, quatre appareils photographiques ayant appartenu à Lartigue, et prêtés par la Donation Lartigue, permettent de mesurer l’évolution de la technologie, tandis qu’un espace interactif met en scène le procédé de vues stéréoscopiques utilisé par Jacques Henri Lartigue.

Enfin, des films sont projetés en continu dans le cadre de cette exposition. Entre autres, notre Ami Lartigue, est un entretien avec le photographe filmé par François Reichenbach, talentueux cinéaste français disparu en 1993. Le Siècle en positif, de Philippe Kohly, est une évocation de la vie de Lartigue par ses photographies. Un film intitulé Jacques Henri Lartigue, a été réalisé par Claude Ventura et diffusé dans le cadre d’Italiques, émission littéraire emblématique des années 70. Le plus étonnant et jamais diffusé à ce jour, le Bandit et la fée Améliot, un film familial tourné en 1914 par Lartigue lui-même.

Source : Le Tenniseum, musée de Roland-Garros


Informations pratiques :

Lartigue, l’art du fugitif
Du 10 mars au 31 décembre 2006
Le Tenniseum, musée de Roland-Garros (Paris 16ème)
 


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