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Photographe Viticulture
Communiqué
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Exposition photo

Le 7ème festival Cultures du Maghreb présente : Territoires croisés

Elles sont quatre, nées à Paris, Casablanca, Dijon et Quixadà (Brésil)... franco-marocaine, françaises, ou brésilienne... vivant à Tanger, Paris et Stuttgart... quatre artistes sans frontières, portant au fond d’elles et les inscrivant dans leur travail les traces de leurs migrations respectives, l’expérience de leurs territoires et celle de leurs déplacements. Quatre femmes qui nous proposent, chacune à sa manière, un voyage. Quatre passeurs de frontières dont les oeuvres explorent les notions de mouvance, d’enracinement et d’identité.

Qu’il s’agisse du passage d’une rive à l’autre de la mer, du chemin qui mène de l’histoire individuelle à la mémoire collective, des confins du territoire vécu à ceux de contrées rêvées, ou bien que l’on convoque la notion d’identité ou celle d’altérité, c’est bien de voyages et de frontières dont il est question ici. De ces voyages qui conduisent le passager à quitter les rivages familiers pour découvrir des terres inconnues ou parfois se contenter de les rêver, puis à revenir sur ses pas pour mieux se retrouver, de ceux qui lui permettent de traverser son miroir personnel afin de mieux s’inscrire au monde.

Répondre à la demande des organisateurs du festival Cultures du Maghreb, sur un thème aussi évocateur que Passeurs de frontières était presque une évidence. C’est ainsi qu’Yto Barrada, Florence Chevallier, Catherine Poncin et Luzia Simons sont, pour la première fois, réunies au sein d’une exposition intitulée Territoires croisés, conçue et présentée par l’Artothèque de Caen.

Yto Barrada, héritière d’une culture franco-marocaine revient dans la ville où naquit son père et où elle-même vécut une grande partie de son enfance : Tanger. Elle y photographie, dans une tension constante entre l’allégorie et l’instantané, ce lieu marqué par la présence obsédante du détroit de Gibraltar. Loin du cliché de la ville internationale propice à la dolce vita, elle photographie « cette ville rurale qui fait semblant d’être autre chose que ce qu’elle est » (1) : un territoire devenu le théâtre de ceux qui rêvent de partir et où se forge aujourd’hui une identité collective nouvelle, marquée par l’impossibilité à trouver sa propre place, allant jusqu’à l’absence à soi-même. Yto Barrada montre des corps empêchés ou entravés par une situation indépassable, des affiches de paysages suisses placardés dans des intérieurs, des terrains vagues. Elle donne à voir une ville marquée par l’absence de l’Etat, une ville pleine de trous, une ville où affluent les touristes en été, mais que les habitants rêvent de quitter. Une ville dont elle est partie elle-même, mais où elle revient tout le temps, car « c’est la violence du retour qui m’intéresse », dit-elle.

Florence Chevallier dit d’elle même qu’elle photographie la réalité, celle du dehors et celle du dedans, confrontés. Depuis une vingtaine d’années, elle mène un travail qui la conduit à photographier son propre corps dans une quête subjective d’elle-même et du sens de l’existence. En 2000, elle revient dans la ville de son enfance, Casablanca, d’où elle rapporte une série de photographies d’un territoire arpenté et regardé comme une tranche de son passé. Elle photographie le front de mer, la célèbre corniche d’Aïn Diab avec ses piscines et plongeoirs aujourd’hui désuets. Elle revient sur le territoire de son enfance, de son histoire familiale. Voyage intérieur et subjectif, présence au monde et au temps, densité des images et de l’émotion sont au coeur de ce travail.

Catherine Poncin mène depuis 1986 une recherche photographique et plastique engagée sous le titre générique « De l’image par l’image ». Utilisant des photographies trouvées aux puces, dans la presse ou dans les fonds d’archives des musées, Catherine Poncin les re-photographie de façon méthodique : travail passant par le recadrage, un retirage à gros grain et la décontextualisation de l’image originelle » (2). En 2002, l’artiste retrouve une photographie de sa propre belle-mère, Fatma Zohier, en tenue traditionnelle, entourée de ses enfants, dans un jardin de Fréjus. L’image, comme un stimulus visuel et sensoriel déclenche chez Catherine Poncin le désir d’un périple au Maroc. Ce voyage la conduira à rencontrer de nombreuses familles marocaines qui ouvriront pour elle leurs albums de famille et lui conteront leurs histoires individuelles. Les images prélevées dans ces passés familiaux seront re-photographiées, juxtaposées à ses propres images. Elles sont emblématiques de « la quête de Catherine Poncin, caractérisée, on le sait, par une empathie avec ces destinées individuelles prises dans les rets d’une grande histoire. » (3)

Luzia Simons est une citoyenne du monde. Née au Brésil en 1953, elle a vécu en France et réside aujourd’hui en Allemagne. Dans un travail qu’elle a intitulé « Transit », elle interroge les notions d’identité, de migration et de multiplicité de l’être. « On ne peut s’empêcher de penser que dans Transit, Luzia Simons a réalisé son musée transportable d’Ellis Island, sa boîte en valise. » (4) Les 32 pages du passeport de l’artiste sont agrandies, mélangées, découpées, recollées, recomposées, « falsifiées » au sens de la loi, brouillant les pistes et offrant en même temps des morceaux de ce qu’elle est, ou de ce qu’elle fut aux divers moments de sa vie. Dans une installation réunissant sous la forme de différents classeurs les fragments de son passeport, l’artiste relit son propre parcours et le questionne.

(1) Yto Barrada, in Libération, 9 juin 2003 (2) Paul Ardenne, in Art press n°214, juin 1996 (3) Michèle Cohen Hadria, in Sans conte ni légende, Filigranes Éditions 2004 (4) Patrice Cotensin, in « Luzia Simons, Transit » Hatje Cantz Publishers, Ostfildem-Ruit, Allemagne 2003

Claire Tangy, Directrice de l’Artothèque de Caen

<b></b><br /><p class="spip">© Yto Barrada</p> <p class="spip">Le détroit courtesy galerie Polaris</p>

© Yto Barrada



Le détroit
courtesy galerie Polaris

<b></b><br /><p class="spip">© Catherine Poncin</p> <p class="spip">Sans conte ni légende courtesy galerie Les filles du calvaire</p>

© Catherine Poncin



Sans conte ni légende
courtesy galerie Les filles du calvaire

<b></b><br />© Florence Chevallier
courtesy galerie Les filles du calvaire
© Florence Chevallier
courtesy galerie Les filles du calvaire
<b></b><br /><p class="spip">© Luzia Simons</p> <p class="spip">Transit courtesy galerie Hoss & Wollmann</p>

© Luzia Simons



Transit
courtesy galerie Hoss & Wollmann


Informations pratiques :

Territoires Croisés
7ème Festival Cultures du Maghreb
Artothèque de Caen
Du 11 mars au 30 avril 2005
Hôtel d’Escoville
Place Saint-Pierre
14000 Caen
 
Voir en ligne : L’Artothèque de Caen


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