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Le Château d’eau... sort de sa réserve

Le Château d'eau... sort de sa réserve - Aperçu des acquisitions depuis 2002

Aperçu des acquisitions depuis 2002

La politique d’achat d’oeuvres mise en place depuis la création de la galerie du Chateau d’Eau a permis de constituer une collection riche de 5000 photographies originales ; le choix se porte aujourd’hui sur une sélection des plus récentes acquisitions (2002 - 2006).

Clara Gutsche : la série des collèges que Clara Gutsche entreprend entre 1993 et 1998 explore les chevauchements entre l’identité individuelle et l’identité collective. Les photographies font état des structures et des formes de rituels du quotidien des jeunes, lorsqu’ils sont en groupe. Clara Gutsche a observé ces adolescents en mettant en évidence les rapports qu’ils entretiennent entre eux et avec leur environnement et leur culture.

Comenius Roethlisberger : Comenius Roethlisberger pratique ici l’abstraction absolue en faisant du fond le thème unique de sa série. A travers le regard de l’artiste, le spectateur est confronté à un fragment de mur quelconque. Ces images représentent d’innombrables murs photographiés dans le monde entier, depuis ceux de célèbres musées jusqu’à d’autres murs totalement « profanes ». Ces clichés séduisent par leur simplicité et leur qualité picturale.

Elina Brotherus : la série The New Painting, commencée en 2000, aborde l’esthétique et les thématiques de la peinture figurative classique. Elina Brotherus tente, avec la photographie d’appréhender les problèmes auxquels ont été confrontés les peintres depuis des siècles : lumière, couleur, composition, figures dans l’espace, projection du monde tridimensionnel en deux dimensions.

Gilbert Fastenaekens : dans les années 80, Gilbert Fastenaekens s’est rapidement affirmé comme un des auteurs les plus assurés d’une nouvelle génération de photographes européens. Repéré pour ses photographies nocturnes du tissu urbain, il participe à la Mission DATAR en 1984,Il a consacré ses derniers temps à une nouvelle approche de son objet de prédilection, l’espace bâti, mais en couleur Ses images traduisent la plénitude d’un regard et ne participent pas à la spectacularisation du réel, c’est pourquoi elles se placent à l’exacte intersection du document et de l’art.

Janne Lehtinen : Janne Lehtinen présente un récit fictif basé sur des faits autobiographiques. Fils d’un pilote de planeur renommé, il essaye de revivre les expériences de son père. Ses nombreux efforts pour s’opposer à la force de la pesanteur ne sont jamais vains, cependant, le saut géant dans l’infini ne se produit jamais. Alors que les modèles qu’il conçoit sont d’une construction exagérée, surréaliste et impressionnante, ils sont néanmoins destinés à échouer, et restent des réinventions anachroniques, sans but, de prototypes qui ont marqué les débuts de l’aviation.

Agnès Pataux : la contemplation des images de Agnès Pataux nous entraîne sur une ligne de crête, sur le point de partage entre deux mondes, celui de la représentation et de celui de l’expérience extatique. Elles présentent en effet le paradoxe de montrer quelque chose et d’absorber le regard dans un abîme où il n’y a plus rien à voir. Reste l’étrange sensation d’un face à face avec la matérialité des objets et la répétition rythmique d’Agnès Pataux.

Jean-Luc Tartarin : les travaux couleur de Jean-Luc Tartarin font suite à de longues séries d’étude en noir et blanc sur la forêt et plus précisément le thème de l’arbre qui ont été menées en parallèle avec des travaux à Venise, sur l’architecture et la peinture italienne. Le Paysage est abordé dans son évidence première pour dire à la fois le comment du monde et son commencement. Comment se constitue le paysage, depuis l’espace ouvert de la plaine, jusqu’au taillis de ronces, au buisson.

Charles Fréger : Charles Fréger se consacre à la représentation poétique et anthropologique des groupes sociaux. Il photographie selon un protocole immuable - fond anonyme trouvé sur place, éclairage neutre, cadrages frontaux en plan américain ou gros plan - des personnes appartenant à des corps constitués. Juxtaposées ces photographies dressent le portrait du groupe sociétal qui s’affirme par ses signes extérieurs tout en oblitérant l’individualité de ses membres.

Corinne Mercadier : tirée de ses différentes séries sur le paysage, les intérieurs, les sculptures aériennes formées à partir de vêtements en suspension, ces polaroïds couleur et noir&blanc agrandis nous montrent un univers d’images se rapportant souvent au thêatre avec une lumière travaillée et dramatique mais également au cinéma, avec des images qui deviennent des suites de photogrammes plus ou moins discontinues.

Richard Dumas : Richard Dumas photographie des anonymes comme des célébrités en réussissant à capter l’essentiel caché en toute personne et révèlant ainsi l’humanité du sujet. Loin d’être un photographe « people », il ne met jamais son regard au service de la notoriété. Pour lui une rencontre est chaque fois une nouvelle aventure dont il arrive à saisir ce que lui envoie la personne.

Beth Yarnelle Edwards : intéressée par les relations entre les gens, les espaces qu’ils habitent et ce qu’ils possèdent, les photographies de Beth Yarelle Edwards sont des explorations visuelles des gens, des endroits et des objets de la classe moyenne des banlieues dans la région de la Baie de San Francisco durant cette dernière décennie du 20ème siècle. A partir de mises en scènes du quotidien photographiées en couleur, l’artiste semble nous faire contempler ses « rêves de banlieue » comme des stéréotypes de l’univers des familles américaines de ce milieu.

Stéphane C : la photographie est pour Stéphane C le témoignage d’un rapport au monde où le sujet importe peu et où il n’y a pas de style. Des paysages clos, des visages ouverts, des moments suspendus livrés à une lumière crue, saturés de soleil ou livrés à un éclairage nocturne. Ce travail semble pouvoir se dérouler longtemps encore en dehors des sujets ou des reportages. Il a une identité, celle des road movies.

Patrick Toth : Patrick Toth présente une photographie avant-gardiste où le photographique est interrogé jusqu’aux limites des possibilités et de ses supports (les films) et de ses moyens (la lumière). Au fond, Patrick Toth participe, à l’exploration et l’exploitation de la photographie dans sa matérialité : l’acte de la prise photographique y est appréhendé dans le sens d’une spontanéité, et, est en quelque sorte rejoué par un travail du négatif pour l’obtention d’une image dont le sens - vain ? - s’épuise de plus en plus dans sa propre matière.

Olivier Metzger : l’oeuvre d’Olivier Metzgerse situe dans le champ de la création contemporaine, se réclamant de l’impersonnalité documentaire. Les détails du monde moderne, ordinateurs, machines improbables, halls vides d’immmeubles de verre et de béton, décoration végétale font l’ordinaire de ses photograpies. Mais si chez d’autres le constat qui se veut froid et sans parti-pris fait le jeu de la mondialisation galopante, la vision d’Olivier Metzger dans une sorte de lyrisme inquiet témoigne de l’envers peu glorieux de la quotidienneté blême, suintante et mesquine de notre modernité.

Jindrich Streit : Jindrich Streit photographie la vie même, à travers le quotidien apparemment ordinaire des gens, dans leurs souffrances ou leurs espérances. C’est avec humour et humanité qu’il nous fait partager ses rencontres. Ce que l‘on perçoit furtivement dans un regard, Jindrich Streit parvient à le saisir de manière acérée et analytique en réduisant les choses à leurs éléments fondamentaux. Toute son oeuvre est empreinte de ce regard chaleureux, nuancé et perspicace, qui se retrouve dans une esthétique toute à son image.

Bogdan Konopka : le monde que le photographe fait surgir devant nos yeux est un monde crépusculaire qui révèle une atmosphère à la fois mélancolique, mystérieuse et poétique. Qu’il travaille sur les villes (et Paris en particulier) sur des intérieurs, des paysages de rue, des parcs, des murs, des immeubles, des fenêtres, ou des escaliers, toutes ses photographies donnent la sensation que le temps est suspendu. Cette absence de dimension temporelle est donnée par de longs temps d’exposition.

Klavdij Sluban : par des images en noir et blanc dépouillées de tout sentimentalisme, Klavdij Sluban rend compte du rapport à l’espace et au temps ainsi que la notion de liberté. En s’attachant au quotidien de ces sociétés insulaires, il privilégie la rencontre entre la réalité quotidienne des gens et la perception qu’il a lui-même de cette réalité.Il nous offre des images sans folklore mais pleines de profondeur aux résonnances d’une vérité souvent douloureuse.

Michael Kenna : dès ses débuts en photographie, la subtilité et la poésie dans ses clichés caractérisent son oeuvre. A travers l’objectif de son appareil, il crée la surprise, l’étonnement et l’ esthétique visuelle par le biais de perspectives inédites et de juxtapositions inhabituelles. En fixant ainsi l’imprévisible dans ses photographies, il saisit habilement l’essence du lieu, sans jamais le trahir. Alors qu’aucun être humain ne figure sur ses photographies, la théâtralité est un thème capital dans l’élaboration de l’écriture de Michael Kenna. Il fait partie ainsi de ces photographes qui croient au concept un peu démodé de la poésie du lieu.

Gilbert Garcin : avec trois fois rien (quelques matériaux pauvres, colle et ciseaux), Gilbert Garcin bricole des petits décors, puis s’y introduit et se regarde vivre. Nous regarde vivre. Dans ces images noir et blanc, avec humour et un sens aigu de la dérision, il ne cesse de questionner les rêves de grandeurs et de reconnaissances des humains et de les confronter à leurs vains efforts.

Luc Chery : la recherche du plaisir visuel est évidente mais sous-tend une position critique sur les actions de l’homme en abordant des sujets comme la pollution ou la situation des réfugiés palestiniens par exemple. Luc Chery propose un travail réalisé à partir de dispositifs constructifs détournés en boîtes à images. Des objets et matériaux trouvés, travaillés par le temps et sélectionnés en fonction de leur singularité expressive, sont mises en scène dans ces dispositifs visant ainsi à des jeux de rencontres formelles. Lumières, transparences, effets de matières se télescopent en un tableau coloré.


Informations pratiques :

Le Château d’eau... sort de sa réserve
Aperçu des acquisitions depuis 2002
Du 31 mai au 24 juin 2007
Galerie du Chateau d’eau (Toulouse)
 


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