Banc de Bilho © Philippe GRAINDORGE Ilot dans l'estuaire de la Loire, ici à marée basse, qui abrite de nombreuses espèces animales et végétales spécifiquesEolienne en construction © Philippe GRAINDORGE Pales et cabine posées au sol d'une éolienne en construction près de ChartesCrue de la Marne (mars 2008) © Philippe GRAINDORGE Photo aérienne verticale de la crue de la Marne vers Vitry-la-Ville, permettant une analyse des chemins d'écoulement (client : DIREN Champagne-Ardenne).Philippe GRAINDORGE
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Photographe Environnement
 8/09/05
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Livre photo technique, prise de vue, matériel

Le Grand Art du tirage

Le Grand Art du tirage - L'art du tirage

L’art du tirage

Connu comme le développpeur-tireur des grands photographes de ce monde, comme Rankin, Zed Nelson, Mario Testino et bien d’autres, le portfolio de Steve Macleod contient des portraits de Madonna, Iggy Pop, Sting, Kylie Minogue et Paul Weller. Il a également réalisé des travaux étonnants, très inspirés, pour de grands magazines internationaux. Macleod est indéniablement le grand maître du tirage, son ouvrage fourmille d’informations pratiques sur l’agencement d’une chambre noire et sur la manière d’accroître votre potentiel pour réaliser des tirages exceptionnels. Macleod explique avec des mots simples comment il a obtenu certains effets en analysant ses tirages préférés. Ce sont ses conseils qui font de ce livre la bible du tirage noir et blanc à l’usage des photographes débutants comme des amateurs avertis.

A première vue, un livre sur l’art du tirage est un ultime rappel montrant à ceux qui sont venus à la photo sur le tard (par rapport aux techniques argentiques), ne s’adonnent qu’au numérique, ou n’ont jamais eu le temps ou le courage de se mettre aux techniques de laboratoire, combien un certain pan de la photographie, techniques magiques et presque immuables, une culture autant qu’une véritable expérience, leur fera toujours défaut. Un sentiment de frustration en quelques sortes, car pour qui n’a jamais franchi le seuil d’une chambre noire pour y plonger les mains dans des bacs, et je parle en connaissance de cause, les terme de révélateur, conservateur, bain d’arrêt et fixateur, grade, multigrade, halogénure d’argent, sulfate de sodium, acutance, les expressions telles que pousser le film, raccourcir l’exposition ou retenir l’arrière plan resteront un jargon incompréhensible. Mais c’est comme ça. Pour se consoler, voici enfin un ouvrage qui va nous émerveiller au moins autant que nous faire ressentir cette carence si tel est le cas. Et pour les autres, les spécialistes, ceux qui ont pratiqué le labo ou s’y adonnent encore, ce sera très clairement un livre de référence absolument indispensable.


Je ne poursuivrai pas avec les multiples découvertes que j’ai pu faire grâce à ce livre, cela ne ferait que confirmer mon innocence sur ce domaine, mais il faut souligner combien l’ouvrage de Macleod tranche des manuels techniques auxquels on était jusqu’ici habitués. Ceci à plusieurs titres. D’abord, rarement 240 page n’auront été si remplies. Les textes sont écrits petit (presque trop), l’ouvrage fourmille de conseils, légendes, explications et schémas. Les schémas sont entre autres des croquis où sont représentées et labellisées les zones principales de l’image, puisqu’une bonne centaines de tirages faits par Steve Macleod, imprimés pleine page, forment l’illustration principale de son propos. Pour chacune d’entre elles, le photographe, le titre, le papier, l’exposition, le révélateur et la durée sont mentionnés, en plus d’un paragraphe sur les différentes phases du développement, savamment minutées (on remarque d’ailleurs toute la science du tireur, car il ne s’agit pas seulement de pédagogie : comme le rappelle Steve Macleod tout au long de son livre, cet art repose avant tout sur un savant mélange d’organisation, de soin, et de timing). Autre détail qui poussera tous les amoureux du tirage à s’offrir ce livre, sa présentation exemplaire, sobre et professionnelle à la fois. On est loin des croquis de principe tortueux d’un rapport de thèse en chimie et leurs formules à rallonge, et on évite les illustrations enfantines des manuels scolaires. Bref, ce livre est aussi agréable à regarder qu’à lire.


Pour en revenir à son contenu, un des aspects les plus frappants qui pour moi ressort du texte de Macleod, est l’implication du tireur dans le rendu final d’une photo, voire même dans son rendu tout court, son impact, l’effet recherché, le message qu’on souhaite véhiculer. Si l’on part du postulat que la photographie n’a pas pour seule mission de reproduire la réalité, mais de l’interpréter, on comprend qu’à chaque étape de sa fabrication, celle-ci puisse subir toutes les interventions possibles et imaginables. En effet, le simple fait qu’un opérateur puisse agir sur l’étape du tirage peut aussi bien représenter une aléa impondérable qu’une aubaine, selon que le photographe aura la chance ou non de transmettre ses instructions à la dite personne. Chez Macleod, après une carrière entière à avoir eu le privilège de mettre la touche finale sur les travaux des plus grands photographes de ce monde, c’est parfois aussi bref que "sombre et miteux avec une ambiance lourde et se débarrasser des ombres", Hamish Brown pour la photo du boxeur Winnie Jones. Dans ce cas, comme dans d’autres, il est sidérant de constater une telle complicité, une telle connaissance du savoir-faire de l’autre, ses possibilités, et de son propre travail, ses limites. J’avais déjà été pareillement stupéfait en voyant le travail de James Nachtwey et son tireur, peut-être même est-ce Macleod, je n’en sais rien. Durant de longues heures, ceux-ci s’acharnaient à faire ressortir le moindre détail d’une photo, en travaillant à l’agrandisseur dans un plan horizontal, contre un mur. "You’re getting somewhere" disait-il. "tu avances"... Dans les notes de Macleod, on peut lire "Je voulais reproduire une ambiance classique, sombre et concentrer l’aspect métallique de la robe", ou encore, "j’ai essayé d’en tirer un contour plutôt que des formes" (illustration ci-dessous avec une photo de Paul Smith). Dans ce cas, bien plus qu’une touche finale, c’est le sens même de la photographie qui est ainsi transmis par les mains du tireur. On constatera même que celui-ci a son mot à dire sur la composition, puisqu’il n’hésite pas à user du recadrage.


"Transposer un sujet tridimensionnel sur un plan à 2 dimensions et créer l’illusion du temps et de l’espace"... Voilà comment le tireur définit son travail. Dans ce livre de chevet formidable, on ne regrette qu’une seule chose : pas assez de confrontations image avant/après. Sans doute Steve Macleod a-t-il voulu éviter de tels effets de comparaison, par pur respect pour les photographes talentueux et respectés de lui qui sont les auteurs des photos !

Sommaire :

- aménagement d’une chambre noire
- film
- exposition et développement
- traitement du film
- du film à la planche-contact
- traitement du papier de tirage
- traitement poussé
- bordures et filets noirs
- grade multiple et flashage
- virages et bains de virage
- tirage lith
- la mort de la chambre noire


Infos pratiques, notation et achat :

31 euros
23 x 2 x 26 cm, broché
240 pages
ISBN : 2912679524
Note sujet : 5/5
Note photos : 5/5
Note textes : 5/5
Note esthétique : 5/5
Note qualité-prix : 5/5
 


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