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Communiqué
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Le Yucatan est ailleurs

« Le Yucatan est ailleurs » : cette formule offre un titre rêvé à l’exposition dossier consacrée aux expéditions photographiques de Désiré Charnay. Le texte de Smithson fournit en effet de très nombreuses pistes pour une réinterprétation de l’oeuvre de Charnay, et cette phrase
représente, à elle seule, le parcours de Charnay. Parti pour un tour du monde, mais s’arrêtant et retournant toujours au Mexique - soit réellement, soit métaphoriquement -, il refait sans cesse le même type de photographies dans les autres parties du monde où il
voyage ». Christine Barthe
Commissaire de l’exposition
Responsable scientifique de l’unité patrimoniale
des collections photographiques au musée du quai Branly
L’exposition du musée du quai Branly présente des photographies originales anciennes, mais également un grand nombre de négatifs de différentes techniques. Le public peut ainsi apprécier la matérialité de ces négatifs. Elle est organisée autour de trois séquences transversales et non strictement chronologiques, de façon à faire apparaître la manière dont Charnay opère : ses choix de sujet, ses refus, ses méthodes.
Paysages avec ruines
La séquence initiale privilégie les premières images du premier voyage de Charnay. Il se déroule entre avril 1857 et la fin de l’année 1860. Passant par le Canada puis les Etas-Unis, il arrive au Mexique en novembre 1857, dans un climat politique très instable. Ses premières photographies hors de Mexico, réalisées en 1858 et 1859, sont détruites par des soldats mexicains soupçonnant le voyageur français d’espionnage. Montant une nouvelle expédition en 1859, il photographie alors les sites de Mitla, Izamal,Chichen-Itza, Uxmal et Palenque (images publiées en partie dans l’atlas Cités et Ruines Américaines).
Lors de ces expéditions, Charnay se fait accompagner d’une troupe d’hommes qui transportent les quelques deux tonnes de matériel nécessaire au campement et aux photographies. Dans ces images, Charnay se montre à la croisée des chemins : héritier des images romantiques de Jean-Frédéric Waldeck puis Frédéric Catherwood, il en propose déjà une vision personnelle dans des photographies où une végétation abondante se mêle aux ruines archéologiques.
Sous le paysage, le site archéologique
Cette partie montre principalement des photographies réalisées lors du deuxième voyage mexicain de Charnay entre 1880 et 1882. On voit le photographe s’approcher de son sujet et détailler son motif. Les photographies offrent des vues de fouilles à Teotihuacan et Palenque ainsi que les résultats de ces fouilles : objets prélevés et sommairement agencés pour être photographiés sur le site même ou dans la cour du musée de Mexico.
Dans cette partie apparaît aussi la confrontation entre l’ancien monde dont Charnay cherche les vestiges et le monde contemporain du photographe : villageois posant aux côtés des pièces exhumées, éléments d’architecture retrouvés dans le village moderne. Le site de Palenque, enfoui sous la végétation, ne permet plus à Charnay de s’éloigner de son motif pour en donner une image monumentale : les photographies sont de plus petite taille, et montrent la complexité de l’enchevêtrement des bâtiments.
Les arbres-monuments, portraits de végétaux
Cette troisième séquence fait apparaître ce qui constitue peut-être le vrai sujet d’intérêt de Charnay, en tant que photographe : la représentation du végétal. A travers tous ses voyages et les différents pays qu’il photographie, une constante se dessine dans la fréquence et la maîtrise des photographies montrant des arbres ou des ruines totalement recouvertes de broussailles.
A l’inverse, Charnay semble accorder à la représentation des hommes assez peu d’intérêt. Ne les représente-t-il pas plus volontiers à la manière d’un herboriste ? Cette dernière partie montre donc, en alternance, portraits d’hommes et d’arbres, avec notamment des images très peu connues d’Australie mais aussi des portraits de Malais, de Malgaches ou des photographies de jardins de Batavia ou de fougères de Madagascar. Des photographies de sites archéologiques (Ek-Balam, Chichen-Itza) dissimulés sous la végétation apparaissent également dans cette séquence.
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Informations pratiques :
Le Yucatan est ailleurs13 février - 13 mai 2007
Musée du Quai Branly
Galerie suspendue Est
En savoir plus sur :
- Désiré charnay Photographe
- Musée du Quai Branly Lieu d’expo
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