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Communiqué
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Le dur labeur

Parlait-on, hier, de “valeur” travail ? Etrange expression, qui n’avait pas d’existence réelle en des temps où le chômage n’était pas massif. Ces temps, des photographes les ont saisis, constituant de manière dispersée les éléments d’une culture du travail. Ronis, Friedlander, Stein et bien d’autres ont ainsi posé leurs objectifs dans les ateliers et les usines et leurs images témoignent d’un monde que les magazines sur papier glacé ont perdu de vue. Cette culture du travail, bousculée par les tourbillons de la mondialisation est révélatrice d’une conscience de classe que cette exposition revisite avec à – propos et intelligence.
Le travail représente encore et toujours une valeur sociale autour de laquelle tourne la menace d’une malédiction perpétuelle, aussi bien que les promesses d’une félicité nouvelle. Combien le politique est pressé de vouloir réhabiliter le travail dans une société qui souffre d’en manquer ! Parce qu’il est depuis longtemps lié à une activité contraignante, ses valeurs ont viré au négatif, entrent dans des associations mentales où priment la contrainte et toutes les formes de la dureté, celles de l’aliénation ou de l’exploitation. Il revenait à la photographie de s’intéresser au travail et à ses effets, et d’abord grâce à sa nature documentaire. Elle l’a fait depuis le début du 20e siècle, soulignant tout naturellement les exactions épouvantables de cette époque, avant que le travail entre dans le cadre d’une législation qui en codifie un usage jusque là défavorable au travailleur.
Nous avons voulu, dans cette exposition, reprendre le fil de la description photographique du travail au moment de l’entre-deux guerres, dans un monde occidental qui luttait pour en contraindre un usage excessif (qu’on pense au Front Populaire), jusqu’à une époque contemporaine qui, désormais, en contemple les profondes mutations, aussi bien sur le continent européen qu’américain.
Des « petits métiers » enregistrés par Fred Stein dans le Paris des années 30 ou le New York des années 40 et 50 ; de la glorification esthétique de l’usine par le suisse Jakob Tuggener à la même époque, en passant par le regard humaniste de Willy Ronis sur le monde industriel de l’après-guerre ; de l’attention portée par l’américain Lee Friedlander à l’aliénation des travailleurs engagés dans les nouvelles technologies, jusqu’aux « tableaux » photographiques du Français Stéphane Couturier inspiré par les usines de montage Toyota, la photographie s’empare ici du travail comme prétexte social, mais aussi comme prétexte esthétique. Elle en est comme une mise en spectacle, celle d’un « dur labeur » qui touche une population de plus en plus soumise aux contraintes de la mondialisation.
Informations pratiques :
Le dur labeurPhotographies de Fred Stein, Jakob Tuggener, Willy Ronis, Lee Friedlander et Stéphane Couturier
Du 13 avril au 1er juillet 2007
Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône
Entrée libre
En savoir plus sur :
- Stéphane couturier Photographe
- Lee friedlander Photographe
- Willy ronis Photographe
- Fred stein Photographe
- Jakob tuggener Photographe
- Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône Lieu d’expo
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