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Communiqué
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Le rituel de la pose

7 Photographes Africains
D’emblée, ces photographies frappent par la solennité des poses : un respect mutuel entre le photographe et son modèle.
L’exposition propose des photographies inédites de grands noms de la photographie africaine, reconnus (comme Seydou Keïta, Malick Sidibé ou Jean Depara), ou encore peu exposés (par. ex. Darryl Evans, Calvin Dondo ou Sébastien Méhinto, dit « Pigeon »).
Malick Sidibé ou Seydou Keïta , par exemple, conseillent leurs modèles sur l’habillement, le décor, la pose, et discutent longuement avant de prendre le cliché. Leurs chroniques sont celles d’un présent universel : ce sont souvent des visages « masques » qui seront transmis aux générations futures. Ici, pas de spontanéité, mais le rituel de la pose. Le photographe doit souligner la position sociale du modèle, et introduire par son style cette part de rêve, de fantaisie constitutive de son écriture. Les accessoires (lunettes, montre, téléphone, radio, chaussures, cigarette, chapeau, mobylette) ont une très grande importance : il s’agit sans doute moins de montrer ce qu’on est, mais de montrer ce que l’on est prêt à devenir. Il s’agit souvent pour le photographe de deviner, de révéler les rêves, les aspirations profondes de son modèle.
Le talent de ces artistes réside dans l’invitation de l’incongru, de « l’instant d’après », de la vie qui déborde du cadre : ils lui en donnent l’autorisation, l’invitent, après avoir posé le décor. L’impatience du sujet, son insolence, trahis par un léger mouvement, l’émotion des amoureux de Depara, ce petit mouvement, ce regard qui disent tout à la fois ce qu’est le sujet, ce qu’il désire, ce qu’il rêve. Chez les femmes de la nuit de Kinshasa, chez les jeunes de Bamako, le désir et l’interdit se mêlent à la pose conventionnelle.
Hors du studio, les photographes sont des chasseurs, l’oeil aux aguets. Ils sont toujours au coeur même de leur sujet, une communauté qu’ils connaîssent parfaitement, qu’ils soutiennent financièrement, moralement. Ils en sont les sages, les pères, les grands-pères, les chefs. Leurs activités sont parfois multiples et ne sont pas régies par le principe de hiérarchisation, mais de manière circulaire, égale : réparer de vieux appareils photos, faire des photos d’identité, tirer le portait d’un ambassadeur ou d’un notable, discuter avec des enfants dans la rue, avec les marchants ambulants, préparer une exposition pour une grande galerie de New York, rien n’est vraiment prioritaire.
Chaque personne et chaque acte sont marqués de l’importance du présent. Certes, Malick Sidibé, Lion d’Or de la Biennale de Venise 2007, prix Hasselblad en 2003, est sans doute le photographe africain le plus renommé aujourd’hui. Il en a conscience. Il a certes déplacé son point de vue, modifié certains repères. Mais il garde toujours un oeil sur le sujet, le présent, un autre pour la composition, et un troisième (strabisme divergeant ?) pour le « hors-cadre », « l’accident ».
Depuis quelques années, Malick Sidibé demande aux sujets (surtout des femmes), de se retourner. Ce sont les "Vues de Dos". Lignes, composition avec les tissus, érotisme : pour lui, le dos, le corps, la posture, font parfois irruption dans le cadre plutôt que le visage. Il en est de même chez Depara, le prince des désirs troubles.







Informations pratiques :
Le rituel de la pose7 Photographes Africains
Du 26 octobre au 30 novembre 2007
Musée des arts derniers (Paris 3ème)
Entrée libre
En savoir plus sur :
- Jean depara Photographe
- Calvin dondo Photographe
- Darryl evans Photographe
- Seydou keïta Photographe
- Mamadou konate Photographe
- Sébastien méhinto Photographe
- Malick sidibé Photographe
- Musée des arts derniers Lieu d’expo
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